BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Vous savez, des fois, y’a des albums qui sont frustrants. Pas nuls, non, frustrants. Ca peut arriver pour tout un tas de raisons différentes hein, diverses et variées. L’exemple qui vous vient en tête, c’est sûrement un disque qui est passé à deux doigts d’être bon mais qui a un tout petit défaut qui fait que la mayonnaise ne prend pas, qui passe à côté de son truc ou qui manque un poil d’inspiration. Les cas sont légion, on va pas en citer sinon on va y passer la nuit et ne pas parler de Forbidden, ce qui serait dommage puisque c’est un peu le but de la présente chronique.
Si je vous parle de ça, c’est parce que ce nouvel album de Forbidden (qu’on attendait depuis SEIZE ANS, punaise) est frustrant. Pas nul, loin de là, très loin de là, mais frustrant. D’autant plus qu’il passe à côté de son excellence pour une raison tout à fait défendable : le groupe en avait plus, il nous l’a mis quand même. Je vais développer, rolala, un peu de patience !
Pourtant, quand j’ai lancé l’album pour la première fois, j’ai pris une bonne mandale. Cet album sans titre, soyons clairs tout de suite, est une jolie petite démonstration de thrash, en plus d’être très varié et complet. Oui, oui, on peut faire du thrash varié, commencez pas à m’embêter. Forcément, on mange en pleine trogne les claques habituelles du genre : les deux premiers singles révélés (y’a plus d’un an, bon sang !) que sont Divided By Zero et Mutually machin-truc sont deux excellents pavés dans la gueule, avec les riffs qui vont bien, les refrains fédérateurs et les breaks qui cassent ta nuque. Et on a des trucs mid-tempo menaçants, ceux qu’on écoute en faisant la grimace quand on fait ses courses (du bon thrash bien vénère au rayon légumes du Grand Frais, ça fait jamais d’mal) : Psyclops ou Sycophantasy font parfaitement le job dans cette catégorie.
Et puis y’a pleins d’autres trucs vachement réussis dans ce disque, même qu’on pense parfois à d’autres groupes, mais pas trop donc c’est pas grave. Déjà niveau vocal : le nouveau chanteur a parfois des intonations à la Warrel Dane, et ce dès le premier morceau. Et puis j’ai un peu pensé à Coroner, dans les riffs et la froideur de quelques titres. Et ce Psyclops, franchement, il aurait pas pu être pondu par Annihilator ?
Tout ça sans parler des petites excentricités du disque : loin de proposer un bête album de thrash très classique - ce qui ne m’aurait pas particulièrement dérangé par ailleurs -, Forbidden se permet quelques facéties. Comme ce petit interlude (petit, petit, il dure quand même plus de trois minutes) un peu bizarre, un truc à ambiance. Ou cette deuxième voix (deuxième chanteur ? je ne sais pas) qui se rajoute sur Sycophantasy et The Burden, une voix claire, un peu dans l’esprit de celle de Dailor de Mastodon, qui marche super bien. Ou alors, bien entendu, la dernière piste, neuf minutes de thrash un peu proggy, avec des orchestrations, qui cherche du côté de Queenrÿche - et qui trouve.
Sur le papier, pas de quoi râler. Oui mais, sauf que. Lors de ma fameuse première écoute, j’ai remarqué un truc : vers la fin, je commençais à m’emmerder. Bizarre. Réécoute, réécoutes, même constat. Hmm. Pourtant, chaque morceau pris à part est vraiment sympa. Essayons d’écouter l’album en deux fois. Ah oui, voilà : à force d’être trop généreux, on en met trop. Comme moi, la semaine dernière, lors de la première raclette de la saison : fromage, encore du fromage et hop, mal de bide. Onze titres, plus d’une heure de thrash, des morceaux qui dépassent presque tous les cinq minutes. Forbidden loupe l’excellence par excès de générosité, par excès d’excès. Chiant. Frustrant.
Donc voilà. Cette nouvelle livraison des ricains n’est pas ratée, je l’ai dit, très loin de là. C’est un fort bon disque, qui ravira les petits thrasheux dans mon genre et potentiellement d’autres gens. Même qu’il finira sur mon étagère. Mais il est trop long, bon sang de bois ! Couper dix minutes eût été une bonne idée : raboter les titres, virer Sol Grave (la proposer en titre bonus du CD eût été malin), je ne sais pas, mais abréger ! En résulte un disque frustrant. Mais bien quand même. Mais frustrant. Mais bien quand même. Mais frus...
Tracklist de Forbidden :
01. Single Point Failure 02. Burning The Lungs Of Earth Faded 03. Divided By Zero 04. DCLXVI 05. Psyclops 06. Jisei 07. Mutally Assured Disfunction 08. Sycophantasy 09. The Burden 10. Sol Grave 11. Flower Of Life