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Vars Attack XII : Pour sa douzième édition, le Vars Attack confirmait une nouvelle fois sa place à part dans le paysage Metal Charentais, et je dirais même plus dans le Metal Extrême Charentais. Il suffit de jeter un œil sur l’affiche 2026 pour vite comprendre que cette année, cela ne va pas plaisanter. Ce festival est toujours porté et organisé par Fred et sa bande dans une ambiance familiale et passionnée. Nouveauté cette saison puisque la journée débute dès 14h30 avec un avant-fest gratuit mettant à l'honneur les formations régionales OWL et Lost Faith In Humanity, avant de laisser place à six groupes dans la salle des fêtes de Vars.
Lost Faith In Humanity : La journée débute devant un public encore timide et clairsemé. Lost Faith In Humanity se présente sans batteur et doit aujourd'hui composer avec une boîte à rythmes. Une situation loin d'être idéale mais que les Niortais affrontent avec une détermination remarquable. Ils souhaitent d’ailleurs remédier à cette situation, en lançant une « petite annonce de recherche de batteur », que je me dois de relayer maintenant. Le groupe délivre un Metalcore gras, massif et viscéral, qui va chercher directement dans les tripes. Direct, efficace et bas du front, les riffs sont solides et le chant en français sur certaines compositions collent à l’intention artistique puisqu’il est plus simple de comprendre le propos. Malheureusement, des problèmes d'interférences rencontrés avec les systèmes d'oreillettes, probablement liés aux répétitions des groupes à l'intérieur de la salle, finiront par écourter prématurément leur passage. Frustrant, certes, mais suffisamment prometteur pour donner envie de revoir le groupe dans des conditions plus favorables. 

OWL : OWL fait partie de ces groupes que l'on commence à croiser régulièrement sur les scènes locales, et une fois les avoir croisés en live, on comprend mieux pourquoi. Le quatuor développe un Sludge massif aux fortes influences Southern rock. Si les codes du genre sont bien là, le groupe évite soigneusement la recette la plus simple du style, et sait rajouter un savoir-faire fondamentalement rock’n roll. Là où beaucoup se contentent d'appliquer une recette éprouvée, OWL injecte une couleur qui leur est propre. Pour avoir échangé trois mots avec eux, ce n’est pas étonnant qu’ils dépassent les frontières du genre, compte tenu de leurs influences personnelles diverses et variées. Le chant impressionne par sa puissance tandis que les guitares épaisses s'appuient sur une section rythmique particulièrement dynamique. Les nombreuses accélérations et les belles salves de double pédale viennent régulièrement casser la lourdeur du propos et maintiennent l'attention en permanence. Un set qui parvient à me convaincre alors que d’habitude le Sludge me laisse de marbre ou de poterie en l'occurrence… (Désolé pour cette piètre vanne…) 

Sujin : Premier groupe à investir la scène intérieure, Sujin lance réellement les hostilités. Le groupe lavallois propose un hardcore moderne avec quelques pointes de Thrash-Death, porté par un chant scream agressif et des breakdowns efficaces sans abus, contrairement au cahier des charges actuels qui le recommande… La très sympathique guitare sept cordes élargit considérablement le spectre sonore et apporte une profondeur appréciable aux compositions. Ce qui frappe rapidement, c'est la capacité du groupe à multiplier les changements de rythme sans jamais perdre l'auditeur. Les morceaux restent accessibles malgré leur richesse et conservent une cohérence permanente. Paradoxalement, je note l'absence de double pédale, ce qui a pour effet, d'asseoir solidement la pulsation principale et donne de la lourdeur qui augmente encore plus l’impact. Les quelques soli présents servent toujours la chanson plutôt que la démonstration technique. Tout le long du set je me dis que je connais le batteur, qui avec sa coupe de cheveux ne passe pas inaperçu, il s’agit en effet de Liam Barbier que nous avons déjà croisé avec Darken à quelques reprises… Lors du dernier morceau, le guitariste descend dans la fosse vêtue d'un ancien tee-shirt de Vars Attack. Le public l'accompagne immédiatement dans ses sauts et transforme la fin du concert en une belle fiesta... Et voilà comment on obtient une ouverture de festival en fanfare ! 

Markarth : Avec Markarth, l'ambiance change radicalement. Le son est vraiment massif ce qui est plutôt rare pour un groupe de Black et il faut un petit temps de réglage pour profiter pleinement de toutes les subtilités du groupe. Ce qui certains c’est que la puissance dégagée par les Toulonnais saute immédiatement aux oreilles.
Leur Black Metal lorgne volontiers du côté du Death, et quelques montées en BPM sont particulièrement féroces, tandis que d'autres passages plus mid-tempo reposent sur des riffs obsédants, lourds et particulièrement accrocheurs. L’ensemble est techniquement solide même si je trouve quelques passages un peu convenus, c’est probablement parce que : « Leur musique puise son inspiration dans les terres gelées et tourmentées de Scandinavie, les ténèbres de l'Europe de l'Est ou encore les étendues arides et chargées de mythes de l'Égypte ancienne. », mais c’est probablement parce que j’ai été biberonné au Black scandinave des années 90. L'aspect visuel participe grandement à l'expérience. Les musiciens apparaissent encapuchonnés et masqués, accentuant le sentiment d'oppression de leur musique. Le pied de micro, constitué de crânes, de morceaux de carcasses, renforce encore l'imagerie sombre du groupe. Entre les morceaux, des samples inquiétants servent de transition et entretiennent une tension permanente. L'ensemble agit comme un véritable rouleau compresseur. Une approche étonnamment écrasante pour un groupe évoluant principalement dans l'univers du Black Metal, en un mot comme en mille : Efficace ! Rytual :
Les locaux de Rytual arrivent visiblement en terrain conquis puisque je reconnais quelques têtes que j’ai déjà croisé dans d’autres lieux de perdition dans lesquels Rytual a déjà sévi. Comme à son habitude, Hugues prend rapidement le public à partie avec humour, allant jusqu'à lancer un sondage à main levée : « Qui aime le Death Metal ? ça tombe bien !! » Et c’est ainsi que débute un florilège de riffs et de BPM qui s’envolent. Dès le premier solo, Hugues quitte la scène pour aller secouer les premiers rangs, entouré de nombreux proches et soutiens, il entraîne immédiatement le public avec lui. Le groupe profite également de l'occasion pour annoncer la sortie de son clip prévue le 16 octobre et celle de son prochain album le 28 octobre. C’est une évidence que le Death Metal du quatuor frappe vite et fort. Il est surtout diablement efficace en concert. J’ai hâte de découvrir cet album, je pense qu’il va exprimer des influences supplémentaires, dont Pantera fait manifestement partie. Vu comment le public répond présent, et à la lumière de cette prestation fédératrice, l'album à venir suscite déjà une belle curiosité. Arf, ils sont forts ces escrocs ! (Private joke avec le groupe, désolé rien à voir avec le reste…) 

Corrosive Elements : Après la démonstration locale, place à la déferlante parisienne. Dès les premières notes, Corrosive Elements affiche la couleur ! Les potards semblent avoir été poussés au maximum ! Le groupe évolue dans un Death-Thrash N’Roll agressif mais suffisamment varié pour éviter toute monotonie. On sent un groupe à l’aise avec la scène et qui l’habitude de l’appréhender, c’est assez logique puisque le quintet existe depuis 20025, malgré une discographie assez maigre de deux albums : Toxic Waste Blues en 2015 et Cut The Serpent’s Head en 2024. Leur domaine de prédilection c’est donc la scène, la preuve puisque Le chanteur maîtrise parfaitement l'art d'aller chercher le public tandis que derrière lui, le batteur livre une démonstration de technique et de puissance assez impressionnante. Le riffing est varié et il y en a (presque) pour tous les goûts. Parmi les moments marquants, An American Hero se distingue par une orientation plus hardcore proche d’un Hatebreed et un propos dirigé contre Donald Trump. Le groupe nous propose une introduction basse-batterie dans la veine d’un Motörhead et qui débouche sur un titre moins extrême, il donne au côté N’Roll de leur musique une véritable légitimité. Chaque musicien y bénéficie de son instant « solo », donnant lieu à une séquence très sympathique, à l’image de leur set. 

Profanity : Le premier groupe international venant au Vars Attack se nomme donc Profanity. Le groupe est en format trio ce soir puisque le chanteur n’a pu être présent. Mais cela ne va pas empêcher les allemands de nous impressionner immédiatement par son niveau technique. Le jeune batteur de seulement 17 ans constitue sans doute l'une des attractions du concert. Entre les breaks, contre temps, accélération, rupture, il est hallucinant de maîtrise, il exécute les passages les plus complexes avec une décontraction désarmante, affichant régulièrement un large sourire. Musicalement, Profanity évoque une version encore plus technique de Dying Fetus. Tout est parfaitement calibré, exécuté avec une précision chirurgicale. Mais là où les Américains rajoutent quelques riffs pachydermiques pour casser l’aspect ultra technique de leur composition, les Allemands, eux, ne conservent que cet aspect dans leur composition. Et même si le guitariste envoie quelques growls à l’occasion pour combler le déficit au chant, la prestation de ce soir sera une éclatante preuve de la maîtrise de leurs instruments. Mais malgré l'indéniable qualité de la prestation, l'ensemble reste davantage une démonstration qu'un concert qui transmet de l’émotion. Il se dégage de leur musique une certaine froideur, renforcée par la faible présence vocale et renforce le regret que le frontman ne soit pas présent. Une prestation impressionnante mais qui reste, à mon sens, de la musique pour musiciens. 

Alkhemia : C'est à Alkhemia qui conclut cette douzième édition, et les Lillois vont finir d’achever un public qui n’en demandait pas tant. Visuellement, le groupe est sans doute la formation la plus marquante de la soirée. Le chanteur, le visage maquillé en blanc, ce qui est assez classique pour le genre, arbore de longues dreadlocks descendant jusqu'au bas du dos. À plusieurs reprises, ses mouvements de tête amples et impressionnants au point que ses cheveux semblent toucher le plafond de la salle, me rappellent ceux de George "Corpsegrinder" Fisher, la taille de son cou également. Contrairement à certains groupes de Black Metal exclusivement tournés vers la vitesse, Alkhemia privilégie la dynamique. Les blasts sont présents mais jamais omniprésents. Les compositions respirent et laissent régulièrement émerger des mélodies qui contrastent avec la violence du propos. Le groupe s’autorise quelques pointes de Death, un son moderne, il est clairement loin le temps où le Black devait être enregistré avec un magnétophone… Le décorum est, lui aussi, particulièrement soigné. Entre les costumes, les accessoires et pied de micro en fer forgé participent à la cohérence de l'univers développé sur scène. Entre les morceaux, des samples profondément inquiétants entretiennent une atmosphère malsaine qui colle parfaitement à l'identité du groupe. Habité, presque possédé, le chanteur capte tous les regards et offre une conclusion particulièrement mémorable à cette édition 2026. 

Bilan : Avec un avant-fest gratuit dédié à la scène régionale et une programmation principale particulièrement solide (J’ai toujours pensé que Fred possède de bonnes oreilles, et reconnaitre un bon groupe…) le Vars Attack XII confirme sa capacité à proposer des affiches ambitieuses tout en conservant son bon esprit convivial. Entre les découvertes, les confirmations et quelques très belles prestations scéniques, cette édition restera comme une cuvée particulièrement intense. Le rendez-vous est déjà pris pour la treizième édition.
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