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le 14 septembre 2026.

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Groupe:

Summer Breeze - Tag 3

Date:

14 Aout 2026

Lieu:

Dinkelsbühl

Chroniqueur:

ced12

Il fait toujours aussi beau en Bavière et les températures continuent de monter avec des nuits moins fraîches. Certes, nous sommes loin des températures délirantes de mon Sud-Ouest mais 32-33° ça tape un peu alors on s'adapte, on mouille les casquettes et les chapeaux, on s’abreuve et on y retourne de bon cœur car le programme du jour est encore très alléchant.

Luna Kills termine son show sous le chapiteau avec un rock metal alternatif sympathique mais c’est surtout le show des australiens de Speed qui va nous intéresser. Le programme hardcore du jour est costaud et Speed est un peu le fer de lance du jour. J’avais commencé ma seconde journée du Hellfest 2024 par eux, je suis content de les retrouver pour débuter de nouveau ici ce troisième jour. Speed c’est du hardcore ultra bas du front réalisé par des musiciens semblant aussi sympathiques que limités musicalement. En soi, c’est un hardcore très basique, un seul riff, un frontman qui vocifère et ce n’est pas génialement bien exécuté. Oui mais le capital sympathie, l'engagement des mecs sont tels que l'on se prend au jeu. Profondément heureux d’être là, positifs, cumulant des discours bienveillants, un peu maladroits parfois même. Le « je ne suis pas si jeune que j’en ai l’air, j’ai ... 33 ans » (euh !). La simplicité des gars leur sert beaucoup et donne une vraie authenticité à ce show. Chapeau les australiens avec cette dimension humaine. Pour la qualité du hardcore proposé, on repassera mais là n’était pas l’essentiel. 

Premier très gros concert du jour pour nous avec les finlandais de Brymir sous le chapiteau. Repéré par l’excellent Diable Bleu, Brymir c’est du death mélo de très haut niveau. Le concert est absolument excellent, très puissant avec ces chœurs puissants, presque sympho. Les guitares tabassent, les mélodies sont incroyables et l’ambiance sous la tente excellente. Ça pagaie, ça saute partout, de véritables murs de poussière se dressent dans la fosse rendant l’endroit presque irrespirable. Le groupe envoie un poisson en mode grosse peluche pour transformer la fosse en « fish pit ». J’ai aimé ce petit détail et surtout le guitariste demandant en fin de concert la restitution de l'objet "pour que d'autres puissent s'amuser de même". Tout cela est très sain dans la démarche, on pense aux autres après dans une approche Europe du Nord où le collectif a encore un sens. Ça s’amuse, c’est fun, les compos death mélo sont excellentes, Brymir c’est un joyau du death mélo et c’est peu dire qu’on attend le nouvel album. Seul vrai reproche : ce show d’une demi-heure est trop court et la scène trop petite. Brymir ça vaut une T-Stage et un show de trois quarts d’heure minimum. Voilà c’est dit !

Unprocessed et son djent / metalcore pas mal influencé par le récent Polyphia délivre un show correct, les allemands ont la cote à domicile, ça passe bien mais c’est surtout The Ghost Inside qui a capté mon intérêt. L’histoire de cette formation estimée de metalcore est un mélange de tragédie et de résilience. Un catastrophique accident de bus a endeuillé le groupe en 2015, le batteur Andrew Tkaczyk y a laissé une jambe avec un destin qui peut rappeler celui de Metallica a profondément marqué l’histoire de ce groupe et leur retour au premier plan n’en est que plus remarquable vu ce contexte difficile. Ils étaient présents au dernier Xtreme Fest mais je n’avais pu m’y rendre alors je suis content de pouvoir me « rattraper ». Sur la Main Stage le gros metalcore de The Ghost Inside passe bien, très puissant avec les refrains en voix claire assurés par le bassiste Jim Riley, par ailleurs très présent. On pense à un As I Lay Dying avec ce format de metalcore, très efficace et très solide. Sur la fin du show on trouve de fortes mélodies de guitares et on pense positivement à un Parkway Drive. Bien revenu avec de bons disques et une saison de festivals remarquée, The Ghost Inside se porte bien, a confirmé son retour aux affaires et les fans attendent la suite avec impatience.

La violence monte d’un cran avec les cultissimes Deicide. Apre, difficile avec ce chant caverneux, le death du groupe fonctionne toujours aussi bien et régale les trve death metalleux. Glen Benton parle toujours aussi peu, la dimension show est réduite à portions congrues mais la musique se suffit à elle-même. C’est sombre, rugueux, dense. Formation légendaire de la scène death floridienne des 90’s, Deicide attire un public de fidèles, de warriors bien heureux de prendre leur raclée death metal et de voir un tel groupe référentiel avec ce statut culte sur une scène d'une telle envergure. C'est aussi ça le Summer Breeze : proposer de tels groupes habitués aux petites salles et à un auditoire élitiste un format de show plus ambitieux et l'offre ainsi à un public plus vaste, venant ainsi par "curiosité". Beau cadeau pour un auditoire qui ne se déplacerait sans doute pas pour les voir sous leur seul nom car trop exigeant. Plus aucun Fest ne propose cela.

Théologiquement improbable, la transition avec Lamb Of God se fait avec cette autre référence groove metal sur la Main Stage et première tête d’affiche du jour. Porté par un excellent son, une efficacité à toute épreuve, Lamb Of God déroule et délivre un très bon concert. Pour leur première en ces lieux, le groupe de Richmond en Virginie a marqué les esprits et les retours ont été très positifs. Randy Blythe reste un frontman hyper expérimenté et a tenu la Main Stage de main de maître. La qualité du répertoire du groupe a fait le reste. Très bon show des américains.

Sous le chapiteau se prépare un des shows les plus déglingués vus par mes soins : Blood Command. Très réputé pour ses prestations live, le groupe de punk rock norvégien distille une musique plutôt catchy, accessible mais non dénuée d’un petit côté hardcore très plaisant qui densifie leur musique juste ce qu’il faut. C’est dansant, entraînant, positif. C’est sur fond de Dernier des Mohicans que le groupe démarre pied au plancher. D'entrée le charme opère avec ce punk hardcore catchy. Dès le deuxième titre, une coupure de son vient freiner le groupe dans son élan. Vite réglé, le problème impacte à peine le groupe et la déferlante a rapidement pu reprendre. En fait, l’élément délirant de ce groupe c’est sa frontwoman, l’excentrique Nikki Brumen. Pour le dire très simplement, cette fille est "tarée". Recrutée en 2020 pour remplacer Karina Ljone, la brune saute partout, accumule les gestes inélégants, harangue le public de manière très provocante. Très vite, je me suis dit « elle n’est pas norvégienne elle, ce n’est pas possible ». Bonne intuition de ma part, elle nous vient d’Australie et m’a fait penser à Amy Taylor autre frontwoman déglinguée venue d’Océanie (Amyl & The Sniffers avec lequel on retrouve ici pas mal de similitudes). On y retrouve cette même verve avec ce côté white trash qu’on croirait sorti du pub. Le talent y est, ça chante propre, c’est l’attitude qui interpelle. Et voilà que Nikki nous montre son postérieur (ce doit être australien cette manie !), chante allongée sur la scène dans des positions très équivoques, très « limite ». Alors on rigole de bon cœur en mode un peu bourrin, ce n’est pas fin mais on se marre un peu, halluciné par la prestation de Nikki qui par ailleurs nous aura "géré" de main de maîtresse. Le pit est en fusion et au passage, l’organisation a eu l’excellente idée d’arroser le sol avec une immense cuve permettant ainsi de maintenir au sol une poussière très présente. Le défilé de corps en stage diving est incessant, on se fait une mini séance de musculation à participer à cette activité tellement Metal / Hardcore essayant tant bien que mal d'éviter des chutes qui peuvent être spectaculaire Ca s’amuse beaucoup dans ce pit, c'est très vivant avec toujours, une vraie solidarité, un vivre-ensemble dynamique. Un des shows de cette édition assurément. Quel moment fun !! Blood Command c’est rustre, pas finaud mais incroyablement kiffant. Et le punk hardcore du groupe s'écoute vraiment bien.

Comme chaque fin de journée, la lumière du soir est fabuleuse, donnant un vrai cachet au site avant que la nuit ne tombe et n'emporte le Festival et ses occupants dans une autre ambiance. Je me fais chaque fois la remarque, mais l’atmosphère de nuit est différente, les concerts prennent une autre dimension, moins intimiste, plus professionnelle avec moins d'interactions pour des shows visuellement différents. Les formations l’appréhendent aussi différemment bien sûr car il y a ce changement de lumière qui modifie la donne. La journée avance, l’intensité monte, les têtes d’affiche arrivent, le standing des groupes augmente et l’évolution de la lumière accompagne cette dynamique Il est plus difficile de se retrouver sur le site et cela implique un peu plus de rigueur pour les festivaliers. 

Retour au plancher des vaches avec le concert de Terror. Vu, revu et re-revu mais quel bonheur systématiquement renouvelé ! C’est hyper en place, les riffs font mal, l’ambiance est géniale, fédératrice. Scott Vogel est toujours aussi impressionnant avec son t-shirt Cryptopsy, très affûté comme tout le groupe d’ailleurs. On garde la forme, on est fit chez Terror et le groupe californien incarne cette dimension straight edge si chère aux coreux. Les hymnes déferlent, les corps sont soumis à rude épreuve, Terror fait faire une vraie séance de cardio-training et de muscu à son public (faut les porter ces corps en stage diving). Il faut rester attentif, on a vite pris un coup par inattention et on en voit sortir physiquement marqués du pit. Keepers Of The Faith, éternel hymne hardcore, achève un auditoire repu au terme d'un concert hyper dynamique dont on n’a pas vu le temps passer. Terror en live c’est dinguement bon.

Choix cornélien encore avec, d'un côté les danois de Illdisposed. Culte et référentiel chez les fans de death, le groupe scandinave déroule un show très solide, dense, épais. Ça riffe dur, ça riffe bien, c’est très solide. Le pote qui les avait vus il y a dix ans en est ressorti très satisfait confirmant ainsi la solidité d’Illdisposed, contre-offre marquante au show événementiel qui a lieu en même temps sur la Main Stage. 

Evénement automnal, le départ d’Alissa d’Arch Enemy a marqué les esprits. La canadienne bénéficie d’une cote de sympathie réelle, a amené beaucoup de fans au groupe (dont l’auteur de ces lignes) et a permis au groupe d’accrocher un public metal plus mainstream. Inéluctablement, le chemin de la canadienne a pris une tournure plus personnelle en s'éloignant du groupe et on attend la suite de ses aventures avec impatience. Sa présence en dédicace événementielle la veille sur le site montre qu’elle a conscience de devoir rester présente mais entre Dragonforce (choix étonnant !) et Blue Medusa on la reverra notre frontwoman aux cheveux bleus. Mais il ne faudra pas se louper, ce business étant impitoyable.

Arch Enemy a donc recruté Lauren Hart (ex Once Human) et a déjà proposé un premier single solide. Une petite tournée des clubs a permis au collectif de se rôder, approche pragmatique nécessaire parce qu’il faut s’y atteler à ces Main Stage et ces très gros shows. Difficile mission pour la nouvelle vocaliste, relevée haut la main nous allons le voir. On aurait pu penser qu'Arch Enemy aurait une petite inertie pour redémarrer mais c’est déjà en place : gros show, visuels réussis, ça joue toujours aussi bien autour d’un Michael Amott imperturbable. On reconnait de suite les compositions caractéristiques du suédois et c’est un vrai plaisir, ce death mélo devenu gros power heavy bien burné. Entendre une autre voix que celle d’Alissa ne perturbe pas trop longtemps car Lauren Hart gère super bien. Sa voix est plus agressive, presque criée. Certains y retrouvent l’esprit d’Angela et ça va bien au groupe je trouve. C’est là qu’on voit que le matériel du groupe est haut de gamme, les compositions excellentes en soi. Dès qu’on y ajoute une vocaliste douée, ça le fait mécaniquement. Très gros concert d’Arch Enemy qui envoie du steak avec un show nocturne surpuissant dopé au gros son. La setlist qui brasse bien la carrière du groupe marche bien, c’en est presque « perturbant » de voir à quel point le changement de vocaliste passe crème. Lauren communique bien, se présente au public avec un sourire très communicatif est acclamée par le pit ce qui semble la "toucher" (et la "rassurer" j'imagine). Elle réussit vraiment bien, a déjà le public dans sa poche avec une attitude excellente et une performance vocale haut de gamme.

Voilà Papa a une nouvelle compagne. Passé la surprise du début, on s’y fait, on s’adapte. La Vie continue, tout va bien on peut continuer à respirer. Arch Enemy continue sa route et peut-être même ce changement peut-il faire du bien à Michael Amott lui permettant de se renouveler car il faut bien admettre que malgré quelques gros hits, la formule Arch Enemy tourne un peu en rond ce qui commence à en exaspérer certains et frustrent légèrement quand on voit l’excellence de ses musiciens.  

L’heure est tardive et la grosse programmation du lendemain nous pousse à rentrer pour un repos mérité. Nous laissons à regret Ten56. pour le pote, Deafheaven pour moi mais c’est plus sage et nous ne sommes plus si jeunes (nettement moins que le frontman de Speed). Encore une très grosse journée à Dinkelsbühl. Cette édition 2026 est un bonheur…

 

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