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le 20 avril 2026.

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Groupe:

Seisach VII

Date:

17 Octobre 2026

Lieu:

Sauveterre de Guyenne

Chroniqueur:

JeanMichHell

Seisach' VII :

Le Seisach' n°7 avait cette année un parfum de scène française. Une affiche ambitieuse, audacieuse et comme à son habitude résolument extrême. Les styles traversés tout au long de la soirée ont permis de voyager du Post-Doom, en passant par la Black Médiéval jusqu’au Death-Grind le plus sauvage. Comme chaque année, l'ami JC et moi même sommes reçus à bras ouvert par Sébastien, et très vite nous retrouvons cette chaleur (même si fait frais ce soir...) humaine de ce bel événement, avec ces bénévoles accueillant, et quelques têtes connues !

Soliferrum : 

Autant vous dire qu’il ne fallait pas être en retard puisque les première notes de Soliferrum sonnent dés 17h59, pour un début prévu à 18h00. Et pour son tout premier concert, Soliferrum investit la scène dans une atmosphère presque cérémonielle. Tous en capuche, les Bordelais proposent un Post-Doom / Metal alternatif chanté en français, construit autour de boucles hypnotiques, de nappes mélodiques et d'un sens très prononcé de l'ambiance. Né de la rencontre entre Yoann Roy (Nihil, Seven Eyed Crow) et Floran Guillou (An Ocean of Void), le projet devait initialement rester confidentiel avant de devenir un véritable groupe. Leur premier album Aurora sort le 23 octobre de cette année.

Musicalement, le groupe distend le temps, en effet leur proposition musicale a un petit quelque chose de mélancolique. Je pense aussi parfois à Regarde Les Hommes Tomber pour cette façon d'installer des climats lourds et intense, mais Soliferrum adopte une approche plus directe, ponctuée de solos presque rock'n'roll qui viennent donner une couleur différente bienvenue aux compositions.

Ce qui frappe surtout, c'est la capacité du groupe à rester accrocheur. Derrière les ambiances sombres se cachent de véritables mélodies, suffisamment variées pour maintenir l'attention. Pour un premier concert, le baptême du feu est largement réussi.

Skelethal :

Ayant eu le plaisir d’échanger avec Manu (Guitariste compositeur de Benighted) au moment du début de leur show, j’arrive devant Skelethal en fin de set, mais la première chose qui me marque en entrant dans la salle c’est le changement total de décor.

Les Nordistes de Skelethal, figures de la scène Death Metal old school française depuis 2012, viennent rappeler que certaines recettes ne vieillissent jamais : des riffs au son d’une tronçonneuse, en tempo fort en BPM et aucun temps mort. Influencé notamment par Entombed, ou Morbid Angel entre autres, le groupe défend depuis plus d'une décennie un Death Metal qui sent bon les années 90. Sur scène, c'est un condensé d'énergie brute, leur Death possède des pointes de Thrash-Speed, avec une base rythmique qui s’appuie avant tout sur du D-beat, et avec quelques blasts bien placés, il donne l’impression permanente que le groupe veut prendre l’auditeur à la gorge et ne jamais le lâcher.

Mais dire que Skelethal est juste une machine à enchainer des riffs plus rapides les uns que les autres serait limitatif, ils ajoutent quelques riffs qui donnent juste envie de planter des clous avec le front. Le public répond immédiatement présent et headbangue à foison ! Bref, Skelethal nous aura mis une belle petite branlée à l'ancienne !

RüYYn :

Projet initié en 2021 par Romain Paulet, RüYYn est devenu en quelques années l'un des noms les plus intéressants du Black Metal français contemporain. Initialement one-man band, le projet s'est progressivement développé pour la scène tout en conservant son identité faite de contrastes entre rage et contemplation.

Aussi puissant qu'aérien, le groupe déploie de vastes nappes de riffs tout en évitant le piège du blast permanent. Les accélérations surgissent quand il faut, là où elles ont du sens, renforçant la tension plutôt que de l'épuiser. Mention spéciale au bassiste, omniprésent. Son engagement physique participe largement à l'intensité du spectacle. Le décorum aussi intensifie le propos, au-delà des corpse-paints assez classique, entre les roll-up, le backdrop et les supports en feu sur la scène, la carte postale satanique a bien de la gueule...

Musicalement, les compositions jouent intelligemment avec les dissonances, notamment grâce à l'utilisation du triton qui apporte toujours sa contribution malaisante. Le résultat est un Black Metal varié, capable d'être tour à tour lancinant, mélancolique ou violemment agressif sans jamais sombrer dans les clichés du genre. Et comme pour achever ce set fait de contraste et de paradoxe, cela mérite une belle conclusion. C’est ainsi que le groupe termine, devant un public conquis qui applaudi à tout rompre, avec un superbe : « Je vous déteste tous. ». Moi aussi, allez bisous.

Darkenhöld :

Originaire de Nice, Darkenhöld cultive depuis 2008 un Black Metal fortement imprégné d'imaginaire médiéval et fantastique. Leur univers tourne autour des donjons, des incantations et des légendes anciennes. Musicalement, ils ont une attention particulière vers les atmosphères et les mélodies. Donc après les flammes, et la désolation, faites place aux châteaux !

Le concert repose sur un équilibre particulièrement séduisant entre noirceur Black Metal et héritage Heavy Metal. Les solos abondent, les mélodies sont omniprésentes et les chœurs apportent par moments une légèreté inattendue qui enrichit considérablement l'ensemble. Le groupe interprète plusieurs titres issus de Castellum, album souvent considéré comme l'une de ses œuvres majeures, marqué par ses ambiances médiévales, ses passages acoustiques et ses montées en puissance progressives.

Je ne peux m'empêcher de penser à Misanthrope, et je ne sais pas vraiment pourquoi... Peut-être dans la voix, peut-être dans l'atmosphère, peut-être dans cette façon leur côté théâtral et narratif, ou le sujet… Bref, il y a un petit quelque chose S.A.S. de l'Argilière dans cette prestation.

Benighted :

Soyons clairs, une grosse majorité du public présent ce soir est là pour voir les patrons du Death-Grind français démonter la scène. Et autant vous dire qu’il ne se sont pas fait prier ! Depuis presque trente ans, Benighted est une des références absolues, voire la référence du genre. Ce groupe ordinaire de Saint-Étienne porté depuis sa création par Julien Truchan, s’est toujours appliqué à allier brutalité sonore et évolution musicale. Sans oublier d'incendier chaque scène sur laquelle il pose ses pieds nus…

Dès les premiers morceaux, la décharge d'énergie est hallucinante. Julien, arborant un magnifique t-shirt Blockhead, mène les opérations avec son intensité habituelle tandis que Pierre Arnoux (et sa basse volante…) assure des chœurs aussi monstrueux que sa présence scénique.

À l’image de l’ensemble de la soirée, le son est irréprochable. Comme quoi, en salle, c’est toujours plus simple d’atteindre cette qualité plutôt qu’en extérieur. C’est d’autant plus agréable lorsque l’on connait la précisions des compositions de Benighted, ce paramètre est tellement essentiel pour éviter de ternir leur prestation.

Le public devient rapidement incontrôlable et le groupe s'en nourrit. Lorsque Philippe Thielen, le batteur de ce soir, reçoit une ovation de la part du public pour sa prise de relais rapide derrière les fûts et avant un Nothing Left To Fear d'une puissance rare. À l’image du batteur, Manu est très impressionnant à voir jouer sur ce titre qui dépasse, rappelons-le les 400 BPM !

Le groupe aura pratiquement fait un tour dans chaque album de sa discographie ce soir, même Identisick a droit à son titre, couplé à un Slut qui déclenche évidemment un nouveau chaos, cela provoque forcément chez moi une émotion particulière puisque Benighted fait partie des groupes qui m’accompagne depuis si longtemps. Le premier concert du groupe auquel j’ai assisté remonte au Fury Fest de 2004, comme le dit Julien en évoquant un souvenir de tournée avec Destinity, des fois il ne vaut mieux pas compter… Puis vient Experience Your Flesh, extrait de Carnivore Sublime sur lequel Julien va  prendre un malin plaisir à interpréter au milieu du public. Titre qui se conclut sur un « Vous êtes complètement malades et on adore ça. »! Comme le veut la tradition, la fin du show se termine sur l'excellent Let The Blood Split Between My Broken Teeth qui nous achève totalement ! Merci Benighted !

Destinity :

Il n’est pas évident de prendre le relais de Benighted après une telle prestation, mais Destinity le sait puisque les deux groupes ont partagé la tournée Pré-Psychose au début des années 2000… Ceci étant, Destinity possède suffisamment de métier pour relever le défi. Formé en 1996 près de Lyon, le groupe fête cette année ses trente ans d'existence et demeure l'une des figures historiques du Death Metal Mélodique français. Avec plus de 800 concerts à travers l'Europe, les Rhônalpins savent parfaitement comment tenir une scène.

À droite de la scène, Martin assure joue les remplaçant de luxe et distribue les solos avec une aisance insolente. Il est affublé d'un t-shirt The Black Dahlia Murder qui annonce clairement une de leurs influences, le groupe propose un Death Mélodique plus brut et plus direct que certains de ses contemporains. Globalement, le groupe distribue avec aisance quelques riffs particulièrement assassins et rappelle que le Death Mélodique peut aussi faire souffrir les cervicales.

Le public, déjà bien éprouvé par la journée, trouve encore l'énergie de répondre présent. Les remerciements chaleureux du groupe pour ces trente années de soutien trouvent un écho sincère dans la salle. Malheureusement, deux heures de route nous attendent encore. Nous quittons donc les lieux avant la toute fin du set, laissant Destinity conclure cette septième édition pendant que nous reprenons la route, avec un large sourire après cette belle édition, une Bree-box en poche et la nuque définitivement hors service.

 

Cette septième édition du Seisach' a confirmé ce qui fait l'identité du festival : une programmation exigeante, largement tournée vers la scène extrême, capable de faire cohabiter découvertes prometteuses et valeurs sûres. Un grand bravo à Seb, grand ordonnateur de cette soirée, qui sait non seulement monter une affiche de qualité, mais qui sait également s’entourer d’une équipe absolument délicieuse, aussi efficace, qu’agréable. Bravo à tous.

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