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Rising Fest XIII, jour 2. Après les concerts de la veille, c'est avec grand plaisir que nous revenons à l'espace Jean Bouhey de Longvic pour la suite de ce festival qui a si bien commencé. Aujourd'hui, au programme : DemonTool, Palantyr, DeadlySins (du thrash velu que je vais malheureusement louper pour cause de pause... eh oui, mes bien chers lecteurs, je n'ai plus vingt ans), Coven Japan, Hürlement, Artillery et Uli Jon Roth. La journée s'annonce belle. Spoiler : elle le sera. DemonTool DemonTool est un groupe français actif depuis deux bonnes décennies et qui fait dans le heavy thrash chanté en français. Ca change donc de la programmation d'hier soir. D'autant plus que, malgré une musique plutôt sérieuse et un chant abrasif, son petit truc en plus, c'est clairement la déconnade. Christophe, le chanteur, nous met d'ailleurs au parfum en nous annonçant qu'on va rapidement se rendre compte que le combo ne se prend pas trop au sérieux. Et ça se vérifie très vite, en effet. Entre quelques titres récents (extraits du dernier album La Valse des Ames) comme Abysses, Immortel ou Harcelé et quelques vieilleries telles La Demeure du Diable ou Vampires, le groupe blague à tout va. Quelques exemples ? On nous demande si on veut une ballade, un morceau léger... pour nous balancer un titre thrash pur jus qui remet les idées en place. Christophe nous dit qu'on a de bonnes têtes de vainqueurs juste avant un autre morceau... il nous dit qu'ils ont sorti trois albums quand même... sans le faire exprès. Et j'en passe... 
Grâce à la bonne humeur communicative du groupe, on passe un bon moment. La musique est plutôt entraînante mais le son est un peu moins bon que la veille et on ne distingue pas très bien le chant (version soft de "on ne comprend pas grand-chose"). Par contre, rien à redire sur l'énergie. Ni sur le bon goût des musiciens (ils portent des t-shirts de Annihilator, Testament et Helloween sur scène). Derniers faits notables : DemonTool emprunte à Hürlement un interprète en langue des signes pour ses derniers morceaux. Original, tiens. Et bien sûr, ce blagueur de Christophe en profite pour tacler Hürlement en affirmant que la musique de son groupe est quand même bien meilleure. Pour conserver cet esprit fun et festif, le morceau final n'est autre que la reprise du vieux tube de variétoche La Salsa du Démon, bien musclé pour l'occasion.  
Setlist DemonTool : Abysses La Demeure du Diable Vampires Immortel Médaillé Soleil Rouge Harcelé La Valse des Ames La Salsa du Démon Palantyr Palantyr, c'est une découverte totale pour moi. Leur heavy speed old school n'est pas dénué de charme. Les titres sont changeants et plutôt intéressants même. Tout le premier EP sorti en 2025 y passe... et on a même de la nouveauté (un album est attendu l'année prochaine) notamment avec le titre The Whispering Stone qui clôt le set. Prometteur.  
Le light show est des plus sobres, apparemment le groupe ne s'entend pas sur scène (ils s'en sortent heureusement très bien quand même)... Athenaïs, nous informera que ses complices n'entendent pas le show en ajoutant que, pourtant, elle "gueule comme un veau" (je la cite). Ce handicap ne nous empêche pas de profiter de leur savoir-faire... avec un bémol toutefois : je trouve que la jeune formation manque un peu de charisme. Ils ne sont pas très énergiques sur scène et il manque quelque chose pour totalement m'emporter. Les autres groupes du Fest font preuve de plus d'implication et de jeu avec le public. Là, c'est un peu timide. Ou est-ce juste à cause des conditions évoquées juste au-dessus ? Et puis, ils ont bien le droit d'avoir une personnalité plus discrète aussi, après tout. En tout cas, un groupe à suivre. Je suis intrigué.  
Setlist Palantyr : Broken Mirror Carmilla Shan-E-Sorkh La Vallée des Larmes Ravenous Nosferatu The Son of the White Mare The Whispering Stone Coven Japan Au milieu de cette journée, un groupe japonais (il y avait un indice dans le nom) fait irruption. Et j'apprends en discutant avec l'orga que ça n'est pas la première fois que Coven Japan vient. Le groupe aurait même demandé une place sur l'affiche vu qu'il tourne en Europe en ce moment. Ils ont un tout nouvel album à promouvoir (il est d'ailleurs bien là, au stand merch) et l'occasion était trop belle. Parfait, c'est l'occasion de les découvrir. Et franchement, quelle chouette surprise ! Musicalement, Coven Japan propose quelque chose de très traditionnel... la surprise ne vient pas de là. Par contre, l'entrain dont ils fait preuve, l'aspect fun et chaleureux de son set et la communion avec le public (qu'il se met dans la poche très vite, très facilement) est à souligner. 
Pourquoi ça marche aussi bien ? C'est étonnant. Pourtant, je me le dis en écoutant les compos... il n'y a rien de bien novateur (on est en pleine NWOBHM... mais exécutée par des Japonais). Cela dit, c'est efficace, taillé pour le live. Et le groupe est hyper sympathique. Et le public très emballé... Du coup, rien ne sert de lutter (et à quoi bon de toute façon ?), on passe un très bon moment. On pardonne même le chant régulièrement faux de la chanteuse Taka. Si si, elle est super souriante, se démène, arrive à nous faire taper des mains et chanter comme un seul homme sur Gazing At The Sky... mais il y a des réalités qu'on ne peut contourner, sa performance manque franchement de justesse. Est-ce que c'est grave ? Bah pas tant que ça... la super énergie et le sourire l'emportent. Petite anecdote, Niels Bang, le chanteur du groupe Animalize vient chanter avec Taka sur le morceau Breath Of The Distant Land (comme c'est le cas sur le nouvel album dont il est extrait). Fun. Le concert se termine sur Brave Warriors et voilà qu'on se remet tous à chanter "Wo wo wo wo... we are warriors!". Bien joué.  
Setlist Coven Japan : Promised Land Samurai Rising Breath of the Distant Land Land of the Rising Sun Wings of GLory What Goes Around Comes Around Gazing at the Sky Brave Warriors 
Hürlement Hürlement est l'un des autres groupes français de la journée. Je le connaissais de nom sans jamais m'être vraiment penché sur son cas. Force est de constater qu'il a su lui aussi mettre l'ambiance dans l'espace Jean Bouhey. Heavy Metal (traditionnel, toujours), atmosphère bon enfant, titres plutôt percutants... tantôt en français, tantôt en anglais, le tout passe très bien auprès d'un public réceptif. On sent bien le plaisir que le groupe prend à être sur scène... et c'est communicatif. Et quand il annonce que son quatrième album sortira l'année prochaine, l'accueil est - là aussi - bien chaleureux.  
On a d'ailleurs le droit à un nouveau titre : March and Die. Vers la fin du show, le chanteur rappelle que le groupe s'appelle Hürlement parce qu'ils aiment le screaming heavy metal... l'occasion rêvée d'enchaîner sur le titre Screaming. Et, en effet, ça hurle. C'est indéniable. Encore une fois, ça joue bien, ça joue fort... l'énergie est là. Mission accomplie.  
Setlist Hürlement : Ordalie Brothers of the Watch Prince Noir March and Die Pavillon Noir Bourreau de Paris Screaming Mercenaire Artillery Je suis bien content de voir les Danois d'Artillery, groupe culte de thrash existant depuis quatre bonnes décennies. D'autant plus que c'est ma première fois. Alors oui, comme c'est le cas avec beaucoup de formations, il ne reste plus grand monde du lineup original (là, on a juste le guitariste Michael Stützer qui répond présent)... et trois des cinq membres à arpenter la scène ont été engagés en 2023 mais c'est pas grave, ça fait plaisir quand même ! En plus, on ne va pas se mentir, les nouvelles recrues font un super boulot. Mention spéciale à Martin Steene qui chante franchement bien (et dans le thrash, on ne peut pas dire ça tous les jours, vous en conviendrez). Le guitariste René Loua ne se ménage pas non plus. Il gratte avec conviction et ne se fait pas prier pour donner de la voix (les fameux gang vocals indispensables à ce style musical). Il est particulièrement investi... et ça donne donc un concert de thrash mais avec un petit côté rock'n'roll bien entraînant. 
Sur ce set d'une heure, les Danois peuvent aller piocher dans plusieurs recoins de leur discographie, ce qu'ils font bien (sept albums / EP sont représentés ce soir). On a de la nouveauté avec Ghost In The Machine, quelques titres récents, post-2000, avec 10.000 Devils ou Legions... mais également les classiques des débuts : trois morceaux de By Inheritance , trois de Fear Of Tomorrow et deux de Terror Squad... dont la chanson titre - géniale en live - qui clôt parfaitement un show hyper carré, rentre-dedans, servi par un très bon son (meilleur que pour pas mal de groupes aujourd'hui) et des musiciens vigoureux et contents de l'accueil qui leur est réservé (les pogos sont bien réapparus ce soir). Percutant ! L'un des meilleurs concerts du fest.  
Setlist Artillery : Into The Universe The Challenge Ghost in the Machine By Inheritance The Face of Fear Bombfood 10.000 Devils Deeds of Darkness Khomaniac Legions The Almighty Terror Squad Uli Jon Roth Et si tout cela se terminait avec un peu de magie ? Oui, n'ayons pas peur du mot. Uli Jon Roth (avec une tête et un look qui évoquent un croisement entre le Père Noël et Captain Iglo) et son groupe débarquent sur scène avec la ferme intention de nous faire revivre les années 70. Le guitariste a prévu de jouer exclusivement des morceaux du Scorpions de cette décennie... à un titre près (la reprise du All Along The Watchtower de Bob Dylan) et il va le faire avec une classe folle. Des titres de Virgin Killer, l'album le plus représenté ce soir, de Taken By Force ou In Trance, se succèdent pour le plus grand plaisir d'une assistance comble (cette journée est sold-out). Le son est superbe (et énorme), le light show est classe... et les musiciens qui accompagnent le légendaire guitariste sont excellents (notamment le très bon chanteur bassiste qui, sans posséder le grain unique de Klaus Meine, arrive à chanter ses titres avec puissance et justesse).  
Et puis, il y a Roth lui-même. Ce guitariste qui va sur ses soixante-douze ans fait encore preuve d'une très belle dextérité. Ses solos sont superbes, le monsieur n'a pas perdu la main... c'est impressionnant. Il prend aussi le soin d'introduire régulièrement ses chansons avant de les jouer... c'est très sympa. Il va même jusqu'à accompagner son acolyte au chant sur Hell Cat, titre que je trouve assez ignoble sur album mais qui passe très bien sur scène et se révèle donc finalement assez fun. Il y aura de bien beaux moments... surtout We'll Burn The Sky et The Sails of Charon, particulièrement impressionnantes. On voit d'ailleurs des membres du staff (et notamment l'un des organisateurs principaux, sur le côté de la scène) chanter à gorge déployée... Il se passe quelque chose, c'est indéniable. Quelle belle conclusion à ce festival !  
Setlist Uli Jon Roth : All Night Long Longing For Fire Sun in My Hand Picture Life Catch Your Train In Your Park Hell Cat Virgin Killer Polar Nights Fly To The Rainbow We'll Burn The Sky In Trance The Sails of Charon All Along The Watchtower
Voilà, le Rising Fest, c'est fini... et ce fut excellent ! Vous voulez voir des prestations de qualité, dans une ambiance conviviale, croiser des musiciens qui participent à l'événement entre deux concerts, au stand merch ou ailleurs... manger des "bark at the frites" ou du "chil loving you" (les prix sont très abordables), avoir affaire à des bénévoles accueillants, aux membres passionnés de l'asso Phoenix Rising (maintes fois remerciés par les différents groupes pendant le fest), compléter votre collection avec une bonne quantité de merch à un prix raisonnable ? Tout cela est possible, il suffit de se rendre à Dijon. C'était ma première fois... et vu la qualité de l'expérience, j'espère bien y retourner. Un grand merci à l'asso Phoenix Rising pour l'accréditation !
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