BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
C’est sous un brouillard presque hivernal que la Ville Rose s’est réveillée. Cela s’est vite dissipé pour laisser place à un ciel bleu incroyable et une douceur très agréable. De nouveau les terrasses sont envahies, on croise des connaissances, on allonge l'apéro avant de se rendre au Rex. Les excellents Hällas sont présents pour la première fois et c’est une très belle affluence qui est présente ce soir. Une très belle soirée s'annonce. Spoiler alert : elle le sera.
Earth Tongue
20h tapantes et le binôme néo-zélandais Earth Tongue monte sur scène. Le duo fait immédiatement penser aux White Stripes. Bon ici c’est une femme qui assure guitare et chant et la batterie est tenue par un homme mais dans l’idée la comparaison semble naturelle.
Dès la fin du premier titre, le kit de batterie d'Ezra Simons présente des signes de défaillance et nous assistons à une intervention énergique des ingé-sons venus de la console sur scène devant des musiciens hilares. Jamais vu un ingé-son courir aussi vite perso ! Tout rentre dans l’ordre et la demi-heure de fuzz / rock psychédélique passe bien. Gussie Larkin assure avec un chant de qualité, notamment un passage a cappella très remarqué (car remarquable). Par contre, Earth Tongue incarne selon moi les limites du modèle duo guitare-batterie. Il manque une basse et une guitare a minima et Gussie Larkin étant très occupée, il y a un manque de mobilité sur scène. Ça manque aussi clairement de variation dans l’offre musicale et au final c’est assez redondant ce que propose le duo.
Le fuzz des néo-zélandais est gras, on y trouve quelques bons riffs et Gussie Larkin chante bien mais je persiste, il me manque un truc. Mes états d’âme ne valent pas grand chose, le public n’en a cure et c’est applaudi que le groupe quitte la scène après une demi-heure de fuzz appréciée.
Hällas
L’attente est plutôt réduite entre les deux groupes et on en profite pour observer la scène de Hällas qui est assez travaillée. Un grand monolithe noir trône en fond de scène, la référence évidente à 2001 Odyssée de l’Espace est assumée (d'ailleurs, à ce sujet si quelqu’un peut m’expliquer la fin, je suis preneur). D’autres éléments de décor sont présents dont un prisme de couleur accroché au plafond qui nous renvoie tout droit vers l'iconique artwork de Dark Side Of The Moon. Hällas propose un mélange incroyable entre hard rock et rock progressif années 70 et les suédois rendent hommage aux influences culturelles majeures de cette époque.
Très théâtrale, l’entrée sur scène des musiciens arborant de longues capes noires se remarque. Outre le synthé de Nicklas Malmqvist, on en voit deux autres plus petits en front de scène. D’entrée, le groupe dégaine Above The Continuum, vingt minutes de pur bonheur rock progressif. J’adore le démarrage avec ce synthé puis ces voix accompagnées d'un groove dantesque. Ça sonne tellement rock prog 70’s avec cette basse typique, c'en est plaisant. Et surtout c'est très très bien fait. La qualité proposée ici est impressionnante. Le chant de Tommy Alexandersson est caractéristique et passe super bien sur scène. Vingt minutes de folie avec d'abord cette accroche démente de synthé, ce petit côté générique de K2000 (en très bien fait) et ces quelques notes puis une déferlante de guitares, de claviers, c’est un régal et le public est à fond. Les morceaux suivants sont plus courts, plus classique hard rock et sonnent très 80’s avec ce synthé qui renvoie tellement à cette époque.
Aucun temps faible, des ambiances incroyables, c’est fun, dense et le public réagit incroyablement saluant toutes les intros à la reconnaissance des riffs et validant les moments forts, impressionnant sur certains titres. Ca applaudit de bon cœur, ça participe. Le dernier et excellent album Panorama est bien représenté ce soir mais le groupe brasse bien sa carrière et le trio final passe incroyablement bien. Star Rider et son déluge de lasers est un bonheur avec son refrain accrocheur et Hällas (le morceau) achève une prestation d’une heure et demie de haut vol. On n’a pas vu le temps passer tant la qualité est totale, la mise en son excellente. Les musiciens sont d’une sobriété toute suédoise, pas un sourire ne sera décroché avec des zikos très concentrés.
Génial mélange de hard rock et rock prog 70’s, Hällas est un groupe formidable qui mérite tous les éloges. Hällas ou l’excellence à l’état pur.