|
C’est dans un lieu totalement inédit que je file tranquillement en ce dimanche bien grisonnant et pluvieux, ce que je n’ai encore jamais vu par ici. J’arrête de teaser, je suis à Madrid dans la capitale espagnole (pour ceux qui auraient encore un doute), et j’ai rendez-vous pour une soirée explosive de power metal avec Arion, Majestica et Gloryhammer, sympa le rendez-vous, non ? Il est à peine 18 heures quand j’arrive à la sala But, qui, au départ, est indiquée comme un bar, ce qui me surprend. Alors quand en plus je me retrouve au centre de Madrid, dans un quartier où rien n’indique grand-chose en rapport à la musique, ça interpelle, mais la queue qui commence à se faire devant l’adresse, et l’impressionnante collection de t-shirts à l’effigie de Gloryhammer finissent par me convaincre que je suis au bon endroit. Un rapide contrôle des billets, pas de fouille et me voilà en route dans le sous-sol dudit bar puisque la salle est souterraine, et avec une jauge d’environ mille places (à priori pas sold out ce soir) et une belle scène, tout y est. Toujours dans cette petite introduction qui peut faire office de rapport d’étonnement, je suis surpris que nombre de personnes, non pas qui boivent une bière (ça c’est la base), mais dans des bouteilles en verre, chose qu’on ne verrait plus en France (et pourtant aucun projectile, aucune bouteille n’aura trainé à la fin du show, respect). ARION Le groupe est annoncé à 19 heures, et cinq minutes avant ils montent déjà sur scène (soit ils sont pressés, soit le flegme légendaire des finlandais a pris le dessus). On voit clairement qu’ils font la première partie car la scène est restreinte pour eux. Le batteur utilise le kit de batterie de Majestica (celui de Ben Turk est sous un drap à côté), et comme ils ont mis une affiche avec le nom du groupe de chaque côté, l’espace se réduit, mais ça reste correct malgré tout. Le groupe, qui s’est fait connaitre il y a une bonne dizaine d’années par sa participation à l’Eurovision finlandaise, vient nous balancer son heavy metal mélodique bien punchy de prime abord. Livo Kaipainen fait des miracles à la guitare avec des solos bien foutus, et Lassi Vääränen est bien en voix car il n’a pas besoin de surjouer pour se faire entendre. Non le problème vient de la batterie qui est surmixée par rapport au reste, à tel point qu’on entend qu’elle par moments et donc, le clavier passe totalement inaperçu. Passons cet aspect technique et recentrons-nous (enfin moi pour le coup) sur les titres qui s’enchainent bien, certains avec un refrain efficace tel Into The Fire ou Wings Of Twilight. En trente minutes Arion aura eu la lourde tache d’ouvrir pour deux monstres du metal mélodique, pas la place la plus envieuse, mais ils auront fait le boulot.  
MAJESTICA
Autant le dire tout de suite, c’est surtout pour eux que je suis là ce soir (pas que, mais en grande partie). J’avais vu Majestica au Hellfest 2025, mais entre les allers-retours sur les scènes et les groupes à choisir, je me suis retrouvé tout au bout d’une mainstage, un peu grande pour eux en 2025, mais je ne vais pas vous refaire les aléas du Hellfest. Au moins ici la salle est à la taille du groupe, et je suis persuadé qu’ils vont tout envoyer. Le groupe arrive et démarre direct sur Power Train, un hit en puissance au refrain imparable qui met la salle en transe. Tommy Johansson est juste au possible, tant dans la voix qu’avec sa guitare, et profite du moment en prenant le temps d’échanger avec le public. Chris David est juste devant moi, et, avec un look très seventies hippie, joue une ligne de basse d’une rare qualité. Le groupe enchaine ses hits, Thunder Power, No Pain, No Gain, Above The Sky…Tommy incite le public à chanter avec lui, et ce dernier le lui rend bien, et les mecs en profitent pour sortir un drapeau espagnol en fin de concert, ce qui ne manquera pas de me faire marrer car je me suis posé la question : pourquoi un drapeau espagnol ? J’avais déjà oublié où j’étais, trop pris dans ce concert qui est passé comme un éclair tant les mecs sont géniaux. Une petite dernière sur l’imparable Metal United pour finir de m’achever, et me voilà planer à 15000. Un show monstrueux ! Setlist: Power Train Go Higher Thunder Ower Rising Tide No Pain, No Gain A New Beginning Above The Sky Metal United Outro (Alliance Forever)
 
GLORYHAMMER Chers lecteurs, ne soyez pas surpris de ce qui va suivre puisque j’ai décidé de scinder ce report en deux parties puisque je n’ai pas réussi à réunir les deux hémisphères de Gloryhammer, mais vous allez vite comprendre pourquoi. Le son Gloryhammer Je suis prêt, devant la scène à attendre le groupe écossais qui vient tout juste de sortir son dernier album depuis quelques jours et qui est plutôt bon. Vu le nombre de t-shirts à l’effigie du groupe, aucun doute possible, ce sont les vedettes de la soirée, le parterre est rempli de fans. La scène est bien décorée avec les traditionnels fanions de chaque côté et un écran en fond de scène qui reprend l’artwork du dernier album en format dynamique. Le groupe déboule bille en tête avec un Ultimate Sacrifice dantesque qui renverse la salle. Ça va enchainer tubes sur tubes, repris à tue-tête par le public, les refrains de Gloryhammer étant taillés pour la scène, de Glory Hammer à Warriors Of Auchtermuchty. La setlist va puiser dans toute la discographie du groupe, avec une belle part laissée au dernier album (il ne manquait que On A Quest For Aberdeen, je n’ai pas compris pourquoi ils l’avaient laissé de côté). Je ferai une mention spéciale à Christopher Bowes au clavier, au dessus du lot, le mec est pétri de talent et joue clairement dans une autre cour. Non pas que le reste du groupe soit mauvais, mais c’est une autre dimension là. Le nouveau chanteur Sozos Michael est parfois à la peine, sa voix déclinant au fur et à mesure du show, le mec il retourne souvent se désaltérer, forcément ça tire ce genre de prestation. 1 heure 20 plus tard c’est le final sur The Unicorn Invasion Of Dundee, et si tout est carré, je reste un peu sur ma faim avec un sentiment amer d’entendre parfois toujours un peu les mêmes choses, les mêmes refrains, les mêmes structures de morceaux. Et pour la petite anecdote sur ce titre, un père fera grimper son fils d’une dizaine d’années sur ses épaules et le minot, tout en air-batterie, lunette de soleil vissée sur les yeux, semble connaitre sur le bout des doigts le morceau, ce que ne manquera de remarquer Ben Turk qui lui filera sa baguette, sympa. Mais là n’est pas le plus irritant…  
Le show Gloryhammer Là je vais prendre ma plume la plus acerbe qui soit, mais pas le choix, il fallait que j’évoque cette partie du show. Si le public est plutôt assez jeune (la trentaine en moyenne avec des pics à une dizaine d’années pour les plus jeunes), voir des groupies avec des serre-têtes en forme de licorne surprend un peu. Sans revenir sur la musique du groupe, ce sont surtout les costumes qui interpellent puisqu’ils ne vont pas ensemble. Entre un Sozos Michael qui trimballe un marteau en plastoque qui l’emmerde plus qu’autre chose, un James Cartwright en viking tout droit sorti d’une série US des années 80 ou un Paul Templing en chevalier de pacotille, je ne pige pas le concept. Déjà rien que l'intro du show sur une chanson de Tom Jones, ce dernier en grand écran en fond de scène plus une petite figurine sur un tabouret, seul en scène, j'ai pas compris: ni le choix, ni le concept. Si à cela on rajoute un alien qui vient combattre Sozos Michael dans une choré à peine digne d’une salle des fêtes de village pour lui arracher les deux bras, c’est vraiment pas terrible. Ce même alien viendra même nous gratifier d’un solo de saxo…En pur playback. Alors ok, de plus en plus de groupes se positionnent sur des créneaux similaires et oscillent dans des univers bien déterminés (et j’en aime quelques-uns, j’avoue), mais là c’est tellement étrange ces histoires de batailles et d’aliens, ça pioche dans trop de trucs pour m’embarquer. Est-ce une nécessité pour le groupe pour se démarquer ? Surement, et puisque le public suit, c’est forcément moi qui n’ai pas dû piger le concept, je ne dois pas être la cible. Je resterai sur mon premier avis et renverrai nos estimés lecteur sur mon premier paragraphe puisque le groupe n’a pas besoin de tous ces artifices, leur musique parle pour eux. Setlist: Ultra Porta Astralem Ultimate Sacrifice The Land Of Unicorns Die With A Sword In My Hand Angus McFife Silver Talon The Hollywood Hootsman Gloryhammer Starfighters Of Leuchars Fly Away Warriors Of Auchtermuchty The Siege Of Dunkeld (In Hoots We Trust) Demonic Devotion Rise Of The Chaos Wizards Keeper Of The Celestial Flame Of Abernethy Universe On Fire Hootsforce The Unicorn Invasion Of Dundee
|