Groupe:

Steven Wilson

Date:

28 Mai 2025

Lieu:

Lyon

Chroniqueur:

dominique

Un concert de Steven Wilson est, pour moi, toujours un évènement. Sa venue à Lyon, après ses trois concerts parisiens, revêtait une importance particulière au regard de son dernier album, The Overview, et de son ambition assumée de proposer une expérience immersive basée autant sur le son que sur l’image. Et comme souvent (toujours ?), l’homme sait ce qu’il fait. Il l’a déjà prouvé par le passé. Le support visuel est un élément essentiel de son œuvre, ses titres les plus marquants étant intimement liés à une imagerie souvent sombre, mais toujours originale. Les deux concerts prévus à la Bourse du Commerce de Lyon ayant été regroupés en une date unique, l’Amphithéâtre 3000 de la cité internationale de Lyon a été choisi en lieu et place de la salle originelle pour accueillir cette soirée.

De l’importance du lieu

Un peu excentrée de la ville, le lieu qui nous accueille est une superbe salle de spectacle. Pour ceux qui sont allés en amphi, la structure quasi verticale de la salle permet à tous d’avoir un excellente vision sur la scène et donc garantit un accès à l’image. Autre force de l’hémicycle, il est le garant d'un son pur et exceptionnel. Je pense qu’aucun des spectateurs présents ne pourra se plaindre de cet aspect, si ce n’est peut-être par la puissance avec laquelle la musique a pénétré son corps. Il y a toutefois un bémol à cette organisation. Le choix de l’artiste s’est porté sur un environnement en places assises uniquement. Assis, à un concert de rock-metal progressif ? Pas une déception, plutôt une immense frustration. Décuplée par l’interdiction formelle de l’organisation de quitter sa place et les complaintes de ses voisins de siège (ceux qui sont au rang au-dessus de toi) lorsque tu te lèves pour laisser libre court à son ressenti de la musique. Même si cette règle s’est assouplie pour les rappels, l’ambiance générale du concert s’en est certainement un peu ressentie. Et moi, j’en peste encore.

De l’importance de la vision

Pour en revenir au concert en lui-même, l’expérience proposée par Steven Wilson a effectivement permis une immersion totale dans The Overview. Cet album est fait pour être joué en live et complémenté par ses images. Celles-ci donnent une profondeur et donc un volume à la musique. J’avais écouté l’album très régulièrement depuis sa sortie. Ce concert m’a permis de le comprendre et de l’apprécier encore plus. The Overview est une œuvre audio-visuelle complète qui ne laisse pas de place pour l’improvisation, surtout pas en concert. Tout est synchronisé, aligné, précis. Une prestation remarquable du groupe et une mise en valeur de l’axe visuel qui se poursuivra tout au long du concert

De l’importance de la setlist

L’autre apprentissage important de la soirée, c’est le lien évident qui relie les deux derniers albums de l’artiste. C’est quasiment filial, tant The Overview semble être une prolongation naturelle de The Harmony Codex (le titre autant que l’album). La setlist du concert proposé est un condensé de bon sens, King Ghost faisant le lien entre l’univers du début et le factuel de la seconde partie de concert. Et puis, comme Steven Wilson le dit, même s’il n’a jamais eu de numéro un au hit, l’artiste possède, pour ses fans, des titres iconiques et essentiels. Et avoir un concert qui inclut Luminol, Dislocated Day (qui est un titre de Porcupine Tree mais de l’époque où le groupe n’était composé que de lui), Impossible Tightrope, Harmony Korine, Vermillioncore, Ancestral et The Raven That Refused to Sing ne peut rendre l’audience qu’heureuse et comblée.

De l’importance des musiciens

Outre une excellente communication en live associée à un humour très british, Steven Wilson a également la lucidité de savoir s’entourer de musiciens exceptionnels. Il le souligne sur scène, s’il est le créatif, il est aussi le plus mauvais des musiciens présents (à vrai dire, tout est une question de point de vue) et il merde parfois sur son titre le plus complexe (Impossible Thightrop). Et ça fait rire ses camarades, en particulier Craig Blundell à la batterie. Il faut dire que celui-ci, accompagné de l’inévitable Nick Beggs à la basse, composent une partie rythmique simplement irréprochable tout au long du concert. Steven Wilson fait le lien avec les autres musiciens. Sautant des claviers à la guitare, celui-ci met en valeur les apports critiques de Adam Holzman aux synthés (qui l’accompagne depuis The Raven) et de Randy McStine qui était aussi guitariste lors de la dernière tournée de Porcupine Tree. On a donc la chance d’avoir sur scène un quintet qui a la capacité de mettre autant en valeur la musique, que l’image et le lieu.

Bref un soirée exceptionnelle, où la voix chaude Nina Tayeb fait une apparition pour Pariah, qui s’est terminée par l’énorme Ancestral et l’émotionnel The Raven That Refuse To Sing. Et si je me suis permis de braver l’interdiction de photo demandée par l’artiste sur la fin du dernier titre, ce n’est que pour avoir l’occasion plus tard de me dire j’y étais.

Setlist

Objects Outlive Us
The Overview
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The Harmony Codex
King Ghost
Luminol
What Life Brings
Dislocated Day
Pariah
Impossible Tightrope
Harmony Korine
Vermillioncore
---
Ancestral
The Raven That Refused to Sing

 

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