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Interview Zorn
Bonjour, merci de prendre le temps de répondre à quelques questions pour Aux Portes du Metal ! « Descending Into Madness » est le troisième album studio de Zornheym. Comment décrirais-tu le parcours du groupe depuis sa création ?Être aux commandes du train Zornheym a été l’une des expériences les plus gratifiantes et enthousiasmantes de ma vie ! Je pense que nous avons accompli bien plus que ce que j’avais imaginé, tant sur le plan de la production que sur celui du concept. Depuis le premier jour, je me suis dit que rien ne devait être impossible pour ce groupe, et nous avons vraiment réussi à dépasser ce que nous pensions être capables de faire. Maintenant, l’objectif est d’atteindre le même niveau pour nos concerts, et nous sommes en bonne voie ! Nous avons donné deux concerts avec des acteurs sur scène et, lors de notre récent concert de sortie d’album, nous sommes allés encore plus loin avec un technicien lumière dédié et de nombreux accessoires de scène. J’ai vraiment le sentiment que nous sommes à l’aube de quelque chose d’extrêmement épique en ce qui concerne nos prestations live ! Aviez-vous l’intention de donner à cet album une orientation musicale différente de celle de ses prédécesseurs ? Si oui, de quelle manière ?Je pense que cet album est plus accessible et peut-être même plus mélodique que le précédent. Dès le début, nous avons aussi décidé de privilégier dans la production les guitares, les voix et la batterie, les arrangements orchestraux venant compléter ces éléments plutôt que prendre le dessus sur eux. J’ai également travaillé beaucoup plus étroitement avec Bendler cette fois-ci, ce qui a laissé davantage de place aux voix dans les arrangements. Nous avons même commencé à enregistrer les voix dès les premières étapes de l’écriture, ce qui nous a permis de construire les morceaux autour d’elles dans une plus large mesure. Bendler, Scucca et moi avons aussi consacré beaucoup de temps à développer les arrangements de chœurs, leur donnant un rôle bien plus important sur cet album. Scucca a écrit toutes les partitions du chœur et l’a également dirigé pendant les enregistrements en studio. La description figurant dans le titre de votre vidéo pour le morceau « Somewhere Far Beyond » indique « Symphonic Heavy Metal »… elle ne mentionne pas le metal extrême, qui fait pourtant partie intégrante de votre identité (et il me semble que des morceaux comme « Deux Rex », « Descending » ou « Come Sweet Death » sont rapides, agressifs et comportent des éléments clairement death metal). Avec le temps, considères-tu que Zornheym est devenu plus mélodique et moins extrême ?La musique de Zornheym est assez difficile à catégoriser, car elle est très variée. Si nous nous décrivons comme un groupe de metal extrême, beaucoup de gens risquent de s’attendre à quelque chose dans le style de Fleshgod Apocalypse. C’est un excellent groupe, mais il est aussi bien plus extrême que nous ! Nous puisons nos influences dans des groupes allant de Dissection à Blind Guardian, avec un peu d’Iron Maiden et quelques touches néoclassiques par-dessus. La mélodie a toujours été extrêmement importante pour Zornheym, et j’ai toujours considéré que nous étions un groupe très mélodique. Je ne dirais donc pas nécessairement que nous sommes devenus moins extrêmes avec le temps. Je pense que nous avons simplement continué à développer notre propre son, dans lequel les éléments agressifs et les mélodies vont de pair. Votre formation est la même que précédemment… à l’exception du batteur. Ce poste semble avoir un nouveau candidat à chaque sortie. Est-ce de la malchance ? (Ou peut-être une référence au film Spinal Tap, dont les batteurs changeaient tout le temps… surtout parce qu’ils mouraient, eux ;))Notre précédent batteur, Steve Joakim, a en fait enregistré la batterie sur Descending into Madness : c’est donc le même batteur sur cet album et sur "The Zornheim Sleep Experiment". Haha ! Je ne pense pas que ce soit de la malchance, cela dit. Notre premier batteur, Angst, était plus ou moins un musicien de session et avait clairement indiqué, lors de l’enregistrement du premier album, qu’il ne participerait qu’aux sessions studio et ne serait pas disponible pour les tournées. Au moment de notre premier concert, nous avions trouvé Steve Joakim, qui était parfait pour nous à cette époque. Finalement, il a été trop occupé par ses autres groupes, alors nous avons décidé de nous séparer et de le laisser se consacrer à ses projets, tandis que nous poursuivions notre route avec Qual. Steve Joakim a fait un travail formidable en enregistrant la batterie sur cet album, et j’ai hâte d’entendre ce que Qual apportera au prochain ! Comment Qual est-il devenu votre nouveau batteur ? Et son arrivée a-t-elle changé quelque chose sur le plan musical ?Lars Palmqvist, de Scar Symmetry, a présenté Bendler à Qual un soir où ils avaient un peu trop bu, à Linköping. Qual était déjà fan de Zornheym et possédait notre premier album, alors il s’est montré intéressé immédiatement. Mais il pensait que c’était simplement l’alcool qui parlait ! Cette nuit-là, Bendler m’a même envoyé un texto, tout excité : « J’ai trouvé notre nouveau batteur ! » Jusqu’à présent, Qual a joué sur scène avec nous, enregistré trois morceaux acoustiques et même chanté dans le chœur sur Descending into Madness ! Il a fait un travail fantastique sur tous les plans. C’est un batteur très fiable, pleinement engagé dans Zornheym, et aussi quelqu’un de très agréable à avoir à ses côtés pour tout le travail qui doit être effectué en coulisses. Nous ne pourrions pas être plus heureux avec lui, et j’ai vraiment l’impression que nous avons trouvé le batteur idéal pour Zornheym ! Sur le plan musical, il faudra attendre le prochain album pour découvrir ce qu’il apportera ! La fiche d’informations envoyée par le label ne mentionne pas de bassiste… Est-ce que tu t’es de nouveau chargé de cette tâche cette fois-ci ?Oui, je me suis de nouveau occupé de la basse ! Elle est d’ailleurs plus présente sur cet album que sur nos précédentes sorties, et je suis vraiment content du résultat ! Encore une question sur les musiciens qui vous accompagnent : sur « The Zornheim Sleep Experiment », vous aviez un quatuor à cordes et un chœur. Cette fois-ci, on entend clairement à nouveau des cordes et un chœur, mais ils ne sont pas mentionnés dans les documents envoyés par le label. Avez-vous de nouveau travaillé avec eux sur le nouvel album ? Y a-t-il eu des changements à ce niveau ?Nous avons travaillé avec la même responsable du quatuor à cordes, Karin Liljenberg, mais cette fois, elle est venue avec de nouveaux musiciens. Ils ont également enregistré leurs parties ensemble, en direct dans le studio, ce qui était extrêmement impressionnant puisqu’ils ont pratiquement reçu les partitions et se sont mis à jouer immédiatement ! Aucune répétition nécessaire ! Le chœur, en revanche, est entièrement nouveau ! Cette fois, nous voulions l’enregistrer aux Wing Studios pour lui donner la même sensation épique que celle obtenue avec les cordes. Auparavant, nous avions enregistré le chœur nous-mêmes, mais je pense que déplacer les enregistrements en studio a été une décision extrêmement judicieuse ! Une amie de Scucca a été chargée de constituer le chœur, et elle a fait un boulot incroyable ! Les chanteurs étaient extrêmement talentueux ! Scucca a écrit toutes les partitions et dirigé le chœur pendant les enregistrements. Nous avons passé quatre jours à enregistrer le chœur : deux jours avec les chanteurs et deux avec les chanteuses. « Descending Into Madness » sort cinq ans après « The Zornheim Sleep Experiment », et votre premier album est paru il y a neuf ans. Vos fans doivent être patients. Le temps nécessaire pour sortir un disque est-il lié à votre méthode de travail, à d’autres priorités, projets ou engagements ?Haha, oui, j’imagine ! Nous ne faisons pas vraiment de la musique fast-food. Nous préférons servir un délicieux repas raffiné ! Comme nous réalisons nous-mêmes tous les arrangements et que les paroles racontent une histoire cohérente, l’ensemble du processus prend pas mal de temps. Cette fois-ci, cela a pris encore plus longtemps que prévu, car nous avons perdu entre six mois et un an à chercher un nouveau batteur. Je consacre énormément de temps à Zornheym, mais j’ai aussi un travail à côté et une famille. Donc, si les gens veulent que nous sortions des albums plus souvent, ils devraient vraiment envisager de nous soutenir en rejoignant notre Patreon ou en achetant directement au groupe un exemplaire physique de nos albums. Chaque geste de soutien nous aide à consacrer davantage de temps à la musique ! Parlons maintenant du nom du groupe et de tout le concept… C’est peut-être une question un peu bête, mais pourquoi Zornheim (le lieu) et Zornheym (le groupe) s’écrivent-ils différemment ?Zornheim est l’orthographe allemande, tandis que Zornheym est notre variante du nom, à l’apparence plus anglaise. Nous voulions distinguer le groupe du lieu réel, et cela nous semblait tout simplement plus logique ainsi ! Sur le plan conceptuel, ce nouvel album est en fait une préquelle des disques précédents. Était-ce prévu depuis le début, que le troisième album serait une préquelle ? Autrement dit, aviez-vous dès le départ une trajectoire ou une structure bien définie (un peu comme George Lucas avec sa franchise Star Wars), ou choisissez-vous la direction à prendre album après album ?Non, ce n’était pas prévu dès le départ, du moins pas dans les détails. Quand j’ai commencé à travailler sur le nouvel album, il m’a semblé naturel de remonter dans le temps, car je voulais aussi comprendre ce qui avait fait du Dr. Bettelheim l’homme qu’il est. Nous avions déjà commencé à explorer son passé dans le roman graphique "The Zornheim Sleep Experiment", mais je voulais approfondir son histoire et comprendre ce qui l’avait conduit sur cette voie sombre. Alors maintenant, comme pour Star Wars, nos albums suivent un ordre chronologique différent : 3, 1, 2 ! Savez-vous déjà quel sera le prochain chapitre ?Pas encore à 100 %, mais j’ai assurément quelques idées ! Quand tu écris un nouveau chapitre, préfères-tu généralement commencer par l’histoire et les paroles, ou par la musique ?Pour "Descending into Madness", j’ai commencé par écrire une page entière qui présentait toute l’histoire. Ensuite, je l’ai divisée en différentes parties que j’ai intégrées aux chansons. Pendant ce processus, nous avons aussi commencé à constituer un index des personnages, ce qui m’a finalement amené à écrire "The Zornheim Archives", notre prochain livre consacré à l’univers de Zornheim. Une fois l’histoire de base en place, je commence à brosser le tableau avec la musique ! Quelles sont tes principales influences en matière de narration, d’univers graphique… et bien sûr de musique ? Quels artistes admires-tu le plus dans ces différents domaines ?King Diamond est celui qui a initialement fait naître l’idée de créer un album concept comme celui-ci. "Nightfall in Middle-Earth" de Blind Guardian m’a beaucoup influencé quant à la manière de présenter l’histoire sur un album, tandis que des auteurs de fantasy comme Robert Jordan ont été une immense source d’inspiration pour la construction de l’univers. Certains jeux vidéo, comme Alan Wake et The Evil Within, ont également été une grande source d’inspiration. Côté musique, je suis influencé par de nombreux groupes et artistes que j’adore, de Dissection et Blind Guardian à Yngwie Malmsteen et Iron Maiden ! Vous avez utilisé le thème de la « Marche Funèbre » de Frederic Chopin pour le morceau du même nom ("The Funeral March") sur votre nouvel album… Es-tu toi-même amateur de musique classique ? Si oui, quels sont tes compositeurs préférés ?Oui, j’aime beaucoup la musique classique et j’en écoute de temps en temps. Je reviens toujours à Bach et Beethoven. Nous avons d’ailleurs utilisé des mélodies de ces deux compositeurs dans « Come Sweet Death », sur le nouvel album. Chopin est un autre compositeur fantastique ! Vous avez sorti une vidéo assez impressionnante pour « Somewhere Far Beyond » ; une autre est-elle prévue ? J’imagine que le budget doit être assez élevé…Oui, la production de "Somewhere Far Beyond" a en fait coûté plus cher que toutes nos précédentes vidéos musicales réunies ! C’est une autre raison pour laquelle nos albums prennent du temps. Quand nous faisons quelque chose, nous le faisons à fond ! Nous avons financé nous-mêmes la vidéo, avec l’aide de notre incroyable communauté Patreon. Ils sont tout simplement géniaux ! Pour le moment, nous n’avons pas prévu de tourner une autre vidéo, mais le rêve serait d’en faire une pour chaque morceau de l’album ! Entre votre précédent album et celui-ci, vous avez sorti une bande dessinée qui comprenait un EP. Et avec la sortie de « Descending Into Madness », un nouveau livre arrive également… Que trouvera-t-on à l’intérieur ?C’est le livre dont je parlais tout à l’heure, "The Zornheim Archives", un livre de lore qui relie les trois albums. C’est essentiellement une chronologie qui raconte l’histoire de l’asile, explore son passé et approfondit certains événements qui s’y sont déroulés, comme "The Zornheim Sleep Experiment". As-tu d’autres idées ou projets originaux de ce genre que tu aimerais créer à l’avenir autour du lore de Zornheym ?J’aimerais assurément écrire d’autres livres, et nous aimerions aussi créer des jeux, aussi bien des jeux de cartes que des jeux de plateau. Si je pouvais laisser libre cours à mes rêves, j’adorerais créer une série télévisée à laquelle je participerais comme scénariste et dont je composerais moi-même la musique. Les possibilités sont infinies pour ce projet ! Avez-vous l’intention de reprendre la route ? S’agirait-il d’une tournée en tête d’affiche ou cherchez-vous plutôt à assurer la première partie d’un groupe plus important ? Avez-vous déjà des dates prévues ?Nous venons de commencer à travailler avec une nouvelle équipe autour de Zornheym, notamment un nouveau manager et une véritable agence de booking qui comprend vraiment notre vision du groupe. Alors oui, nous voulons absolument tourner ! Je pense qu’il serait judicieux de rejoindre un groupe plus important en première partie. Nos productions scéniques prennent de plus en plus d’ampleur ; nous avons donc besoin d’occasions à la hauteur de nos ambitions ! Si quelqu’un qui n’a jamais écouté le groupe voulait découvrir Zornheym, quels sont les trois morceaux que tu lui conseillerais… et pourquoi ?Hmm, je choisirais probablement « Somewhere Far Beyond », « Corpus Vile » et « The Opposed ». Je pense que ces trois morceaux donnent une assez bonne idée de ce qu’est Zornheym ! Ils illustrent notre mélange d’agressivité, de mélodies, d’orchestration et de narration. Merci beaucoup pour ton temps. Je te laisse le mot de la fin :Tout d’abord, j’aimerais te remercier pour cette interview, ainsi que VOUS (lecteurs), qui êtes allés jusqu’ici ! Je crois sincèrement que Zornheym est un groupe unique en son genre et que, si vous aimez la musique épique avec de belles mélodies et une narration forte, vous devriez absolument aller l’écouter ! Et si vous souhaitez faire partie de notre communauté, rejoignez-nous sur Patreon et Discord ! Vous trouverez tous les liens sur www.zornheym.com. Encore un immense merci ! WE ARE THE INMATES! 🤘🏻
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