Pour leur dernier disque Kin paru en 2021, j’écrivais que Whitechapel avait « réduit l’agressivité », « fait évoluer sa formule (…) progressivement ». Pour ce nouvel effort paru quatre années plus tard (même s’il y a eu entre-temps la parution d’un live en 2024), la donne a changé et là où j’avais repéré une dynamique plus "mainstream" chez Whitechapel, le groupe est revenu à du costaud. La petite communication – un peu convenue – voit les musiciens nous dire qu’ils ont « essayé d’écrire (leur) album le plus lourd à ce jour ». Sauf que là, ce n’est pas de l’esbroufe pour le coup. Whitechapel a ressorti l’artillerie lourde et les deux singles sortis en amont (A Visceral Retch et le morceau-titre) n’ont pas menti.
C’est la même sur les thématiques. Phil Bozeman veut clairement choquer et raconte ici l’histoire d’un gourou qui monte une secte à tendance maléfique et renvoie à la thématique des sept péchés capitaux. Le chant aussi est bien énervé, il est en pleine forme le Phillou. Aussi, le groupe avait officialisé l’arrivée de Alex Rüdinger à la batterie mais après trois années de bons et loyaux services, ce dernier a lâché l’affaire (ou s’est fait sortir je l’ignore) et c’est Brandon Zackey qui a repris les fûts. On ne s’enflammera donc pas sur le devenir de ce poste historiquement problématique chez les américains du Tennessee (si j’ai bien compté, c’est le cinquième batteur en fonction, encore un et on ne pourra littéralement plus les compter sur les doigts d’une main !). la composition est toujours majoritairement assurée par Phil élément majeur du combo et visage du groupe.
De retour en version énervée, Whitechapel doit conserver sa place dans une deathcore / metalcore en pleine évolution. Avec cet Hymns In Dissonance, le groupe s’en donne les moyens. Comme toujours, il faudra confirmer tout cela sur les planches, lieu où Whitechapel donne sa pleine mesure. ça tombe bien, je crois savoir que le programme live s’annonce chargé.