Artiste/Groupe:

Scorpions

CD:

Coming Home Live

Date de sortie:

Décembre 2025

Label:

Universal Music

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Bane

Note:

15/20

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C’est qu’ils commencent à se faire vieux, nos vétérans ! Pensez donc : Klaus Meine et Rudolph Schenker ont déjà 77 ans ! En comparaison, le p’tit nouveau Mikkey Dee paraîtrait presque adolescent, du haut de ses 62 berges. 77 ans pour Rudolph donc, dont déjà 60 au service de Scorpions, rien que ça. Il aurait bien mérité sa retraite mais il semblerait que ça ne soit toujours pas au programme. Sauf que 60 ans, ça se fête, peu de groupes peuvent se targuer d’avoir duré aussi longtemps. Là, en y réfléchissant, je ne vois que les Rolling Stones qui peuvent rivaliser. Aussi donc nos Scorps ont donné un chouette concert anniversaire à domicile -donc à Hanovre- cet été (après être également passés en France, oh, tout de même) et voilà que ce concert nous parvient enfin. Et on va en parler.

Parlons d’abord de ce qui ne va pas, puisque j’adore râler. Déjà, ce visuel : doudieu, c’est laid ! Un tel événement aurait quand même mérité une pochette un peu plus sympa, non ? Là, on pourrait presque se demander si l’illustration n’a pas été faite par IA... Pour un groupe de cette envergure, c’est un peu dommage. L’autre point qui m’emmerdouille, c’est la setlist. Le groupe fête six décennies de musique, répartie sur dix-neuf albums et pourtant... Seuls six sont représentés, mais avec un Love At First Sting qui prend une bonne partie de la place : sur seize vraies chansons, six viennent de ce dernier (oui, rassurez-vous, y’a Still Loving You). C’est un peu beaucoup. Alors ok, c’est THE album culte du groupe, mais tout de même, un peu plus de diversité aurait été appréciée. L’on pourrait aussi ronchonner en voyant que la décennie 70’s du groupe n’a droit qu’à un petit medley, toujours le même depuis des années -et qui aurait pu être agrémenté d’autres titres cultes, au hasard He’s A Woman, She’s A Man- mais eh, au moins elle a droit d’être représentée, cette décennie, ce qui n’est pas le cas des années 2000 et 2010, à croire que la carrière des allemands s’est arrêtée en 1990, après la sortie de Crazy World. Pour ma part, j’aurais bien vu un p’tit Someday is Now de Unbreakable par exemple, histoire de dire qu’on a tapé un peu dans tout. Mais bref.

Une fois ces petits détails -qui n’en sont pas totalement- mis de côté, il faut bien reconnaître qu’il est difficile de ne pas se régaler pendant cette chouette heure et demi de hard rock... Comment ? Une heure et demi ? Mais on pouvait largement pousser à deux heures et inclure pleins de titres en plus, non ? Et ne me parlez pas d’âge, Paul McCartney a 83 balais et pourtant, sur sa dernière tournée, il a joué 36 titres pour plus de deux heures quarante de spectacle... Alors ok, le hard rock des Scorpions est un peu plus sportif à jouer, j’entends, mais tout de même ! Mais je m’égare, je disais qu’on se régalait et c’est bien le cas. Après une intro et le jouissif Coming Home, on a le plaisir d’entendre un titre récent, qui l’eût cru, avec la très sympa Gas In The Tank du dernier album. J’avoue, je m’attendais à retrouver aussi Rock Believer mais tant pis.

Et les tubes s’enchaînent, tout du long. Forcément, le groupe en a un sacré paquet dans sa besace... Le tout avec une envie de s’éclater particulièrement palpable et pas mal d’énergie, bien plus que ce qu’on attendrait de la part de p’tits vieux. Alors oui, on le sait, la voix de Meine n’est plus aussi puissante que par le passé mais, pour être franc, je m’attendais à bien pire que ça. Disons-le : il s’en sort franchement bien. D’autant plus que, si certains sont joués plus bas, les morceaux ne sont pas ralentis. Chapeau, Klaus. Niveau grattes, rien à redire, ça fait des décennies que la paire Schenker/Jabs est l’une des plus affûtées du circuit. Celui qui m’intriguais, c’était Mikkey Dee. Considérant Motörhead comme le meilleur groupe du monde -à égalité avec d’autres, mais restons concentrés-, j’avais hâte d’entendre le transfuge cogner bien fort ses fûts avec les allemands. Je ne suis pas déçu : s’il en fait moins qu’avec Lemmy, il frappe comme un sourd et convient parfaitement au groupe. Cela dit, j’aurais pu me passer de son dispensable solo de batterie.

Bref, inutile de palabrer plus : ce Coming Home Live, s’il est perfectible, demeure un chouette live. De l’énergie, des tubes ras-la-trogne, un groupe ravi d’être là, du refrain en-veux-tu-en-voilà... Alors certes, pour un concert d’anniversaire, on aurait bien aimé un peu d’audace dans la setlist ou quelques invités surprises, m’enfin... A moins d’être parfaitement allergique aux Scorpions, vous prendrez forcément du plaisir en écoutant cette belle heure et demi de bon gros rock. Si vous êtes comme moi, vous zapperez peut être les ballades (moins présentes que ce que je pensais, dieu merci) et vous gueulerez chaque fichu refrain dans la bagnole, chez vous, dans le métro en vous administrant votre dose thérapeutique de grosses guitares. Bon anniversaire, les Scorp’s, on se retrouve pour les 70 ans ? Chiche !

Tracklist de Coming Home Live :

CD1 :

01. 60! Years (intro)
02. Coming Home
03. Gas In The Tank
04. Make It Real
05. The Zoo
06. Coast To Coast
07. 70’s Medley (Top of the Bill, Steamrock Fever, Speedy’s Coming, Catch Your Train)
08. Bad Boys Running Wild
09. Delicate Dance (Matthias Jabs solo)
10. Send Me An Angel

CD2 :

01. Wind of Change
02. Loving You Sunday Morning
03. I’m Leaving You
04. New Vision (Mikkey Dee solo)
05. Tease Me Please Me
06. Big City Nights
07. Still Loving You
08. Blackout
09. Rock You Like A Hurricane

 

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