Artiste/Groupe:

Rhapsody Of Fire

CD:

Challenge The Wind

Date de sortie:

Mai 2024

Label:

AFM Records

Style:

Metal Symphonique

Chroniqueur:

florentc

Note:

9/20

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Un album de Rhapsody Of Fire ravive toujours chez moi cette nostalgie, ce souvenir du jour où j’ai découvert le metal avec le fabuleux Symphony Of Enchanted Lands. Ce genre d’albums qui possède forcément une place particulière dans une discothèque. Et contrairement à beaucoup de monde, je n’ai jamais quitté le navire. Car sans retrouver sa gloire d’antan, le groupe ne s’était pas tant perdu que ça et nous a proposé avec The Eighth Mountain et Glory For Salvation deux belles productions de power sympho. En donc en tant que fan de la première heure du combo Italien, une nouvelle sortie de groupe me titille forcément. C’est donc l’heure d’écouter ce qu’à dans le ventre le troisième (et dernier ?) volet de la Nephilim SagaChallenge the Wind débute directement, sans intro au préalable. Et là d’emblée une petite douche froide. Pas d’émotion, un refrain quelconque, bref aucun frisson. Un titre convenu et sans grande envergure. Ce n’est pas bien grave, il reste neuf titres pour me convaincre. Mes doutes se confirment à l’écoute de Whispers of Doom, qui, hormis un solo de guitare bien connu des amateurs du groupe, ne propose pas grand chose non plus. Et n’y allons pas par quatre chemins, l’album est globalement raté... 

Ce qui fait le sel d’un album de Rhapsody Of Fire, ce sont des refrains épiques, des chœurs guerriers et des orchestrations opulentes. Malheureusement ici rien de tout ça. Alors on décèlera ici et là quelques tentatives afin de sonner épique mais rien de probant comme les passages à consonance celtique sur The Bloody Pariah eHoly Downfall. On sent une envie du groupe de faire revivre le Rhapsody of fire du passé, notamment au niveau des soli de guitare très Turillien des débuts. L’ambiance générale de l’album sombre rappelle également Dawn Of Victory ou Rain Of A Thousand Flames, mais la comparaison s’arrête là. Manuel Staropoli vient poser quelques notes sur Kreel’s Magic Staff. La flûte baroque du frère d’Alex est une des marques de fabrique du groupe, et encore une fois c’est un échec. Nous avons simplement droit à un solo court de quelques secondes, à des années lumières des prouesses et de la virtuosité d’un Sacred Power Of Raging Wings. Ce titre a d’ailleurs été présenté l’année dernière, stratégie étonnante du groupe ou du label, de proposer un single sans rien derrière, et attendre presque un an pour le retrouver sur l’album. Comme quoi tout partait mal... et pourtant, il s’agit sûrement du titre le plus enthousiasmant de l’album.

Même le titre épique de seize minutes, Vanquished by Shadows, ne décolle jamais. Démarrant pourtant de façon rageuse avec un chant death, il ne se passe encore une fois rien, ou en tout cas pas grand chose. Les orchestrations font peine à entendre (quand on repense à la qualité et l’opulence des orchestrations sur Symphony Of Enchanted Lands II, ça fait mal), le refrain pauvre, les changements de rythme, la mélodie, j’ai beau chercher, il n’y a pas grand chose à sauver de ces seize (longues) minutes. En cherchant malgré tout du positif, on citera Diamond Claws, dont les orchestrations sont enfin à peu près à la hauteur de ce dont on est en droit d’attendre avec un groupe de cette envergure, puis de brefs chœurs sur Black Wizard. Et allez, A Brave New Hope, qui, dans son ensemble, est pas trop mal. Mais c’est bien triste de gratter les fonds de tiroir pour trouver du positif...

En tant que fan de la première heure et possédant l’intégralité de la discographie, je ne comprends pas cet album et où le groupe veut aller. Il ne reste quasiment plus rien de la fibre Rhapsody Of Fire à l’écoute de Challenge The Wind. Les deux opus précédents, malgré leurs défauts, présentaient un nouveau visage et de bien belles qualités sur certaines compositions à l’instar de Seven Heroic Deeds, Rain Of Fury, Clash Of Times, Glory For Salvation ou encore Chains Of Destiny. Un des éléments le plus gênant reste la production, on a la désagréable impression d’écouter une démo plus qu’un produit fini. Le mix sur la voix, les orchestrations à la fois en retrait et sonnant cheap, ne rendent pas non plus hommage à l’album. La production est pourtant signé Seeb Levermann (Orden Ogan). Les Italiens nous livrent ainsi leur pire album depuis la création du groupe, et "détrône" Dark Wings Of Steel, qui lui, avait le mérite de proposer quelques titres vraiment excellents au milieu d’autres bien plus quelconques. A voir ce que va donner le futur du groupe, mais l’avenir radieux semble bien loin !
 

Tracklist de Challenge The Wind :

01. Challenge the Wind 
02. Whispers of Doom 
03. The Bloody Pariah 
04. Vanquished by Shadows 
05. Kreel’s Magic Staff 
06. Diamond Claws 
07. Black Wizard 
08. A Brave New Hope 
09. Holy Downfall 
10. Mastered by the Dark

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