Artiste/Groupe:

Rammstein

CD:

Rosenrot

Date de sortie:

2005

Label:

Mercury

Style:

Rammstein

Chroniqueur:

ced12

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En 2005, Rammstein est littéralement cramé. Guète étonnant pour un groupe aimant tant à jouer avec le feu (ok c’est faible !!). Plus sérieusement, les cycles Mutter et son lot de désillusions commerciales (échec sur le marché US) et de légitime fatigue, suivi d’un Reise Reise réussi mais avec un rythme toujours aussi éreintant pour le groupe. Au lieu de calmer le tempo, les allemands sont rentrés en studio et ont pondu un nouvel album avec des restes de composition post Reise Reise. Fausse bonne idée imposée par des considérations plus business que musicales ? Ça y ressemble fortement en tout cas. La formation est à bout de souffle et les relations humaines sont déplorables entre les membres. Un Richard Kruspe trop autoritaire, des musiciens épuisés soit un cocktail explosif et une atmosphère de pré-split. Heureusement, il n’en sera rien mais ce devait être limite à ces moments-là.

Preuve de cette crise existentielle dont le magazine Rock Hard se fera alors l’écho avec une fracassante couv’ évoquant une crise de Foi. L’absence totale de promotion, un artwork certes réussi mais bâclé avec réutilisation d’une pochette déjà utilisée sur un collector nippon : on a connu Rammstein plus ambitieux, plus impliqué dans son marketing. Pourtant, ce Rosenrot reste de bonne facture. Bien sûr, il ne s’agit pas là de survendre ce qui ressemble furieusement à un disque de faces B. Impression accentuée par le fait de voir des musiciens ne pas le promouvoir et renvoyer ainsi l’impression de ne pas assumer. J’incombe plus ça à une usure mentale qu’à un déni des musiciens. Car il y a de sacrés bons titres ici. Benzin en premier lieu avec un Till récitant toutes les drogues possibles et imaginables. Mann Gegen Mann fonctionne à merveille avec notamment un solo de synthé réussi. Le morceau éponyme reste de bonne facture et le groupe continue dans son registre typique entre provocations et références folkloriques locales (Te Quiero Puta réellement excellente). J’avoue un énorme faible avec Spring, son atmosphère réussie et son riff de guitare monstrueux. On dirait une tronçonneuse branchée sur du 110 volts. Les autres titres flirtent avec du plus banal mais rien de déshonorant à signaler.

On le voit, même au bout du rouleau, Rammstein reste encore capable de très bonnes choses. Oui, le groupe a fait mieux, fera mieux et se paiera un "retour" (expression impropre le groupe n’ayant pas splitté) fracassant avec un Liebe Ist Für Alle Da rafraîchissant et surpuissant, digne de Rammstein. Les allemands avaient sans doute trop tiré sur la corde mais comment le leur reprocher vu la dynamique artistique et commerciale connue depuis leurs glorieux débuts ? Disque un peu à part mais loin d’être inintéressant, bénéficiant encore de quelques extraits déroulés en live ce qui en dit long sur la qualité de certains titres au vu de l’incroyable discographie du groupe, ce Rosenrot mérite un retour, avec bienveillance sur ce qui est et reste un des plus grands groupes du monde. 

Tracklist de Rosenrot :

01. Benzin
02. Mann Gegen Mann
03. Rosenrot
04. Spring
05. Wo Bist Du
06. Stirb Nicht VOr Mir (Don’t Die Before I Do) feat. Sharleen Spiteri
07. Zerstören
08. Hilf Mir
09. Te Quiero Puta!
10. Feuer Und Wasser
11. Ein Lied

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