Artiste/Groupe:

Manticora

CD:

Mycelium

Date de sortie:

Janvier 2024

Label:

Mighty Music

Style:

Power Thrash Metal

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

16/20

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Trois ans et demi après To Live To Kill To Live (et vingt-cinq années après le premier album Roots Of Eternity... qui faisait suite à la démo Dead End Solution parue en 1997), voici venue l’heure du dixième opus pour les Danois de Manticora : Mycelium. Du changement depuis la dernière fois ? Un peu, pas trop. Le plus remarquable étant que, pour la première fois, Manticora se présente sous la forme d’un quartet... sans batteur (le Suédois Lawrence Dinamarca ayant quitté le navire)... mais avec une batterie programmée. Cependant, très honnêtement, en 2024, cela n’est (malheureusement ou heureusement ?) pas si préjudiciable que cela. Alors qu’à une époque, on aurait davantage entendu qu’il n’y avait pas d’humain en train de cogner ses fûts, il faut reconnaître qu’avec les progrès enregistrés dans ce domaine ces dernières années, ça passe beaucoup mieux aujourd’hui. Je parie même que si on ne vous l’avait pas dit, une grande majorité d’entre vous ne s’en serait même pas rendu compte. On retrouve donc le duo fondateur Lars Larsen (chant) / Kristian Larsen (guitare) accompagné du bassiste Kasper Gram et du guitariste Stephan Johansson. Et musicalement, quoi de neuf ? On a le droit à du Manticora pur jus... mais quelques petites choses méritent d’être signalées. Allons-y !

Après nous avoir servi un diptyque particulièrement riche et dense (To Kill To Live To Kill et sa suite totalisaient vingt-quatre pistes et quasiment deux heures et quart de musique), Manticora revient avec un album plus direct et concis. Dix pistes, à peine quarante-sept minutes... c’est le deuxième album le plus court de la discographie des Danois. Etant donné qu’ils ont passé vingt-cinq années à proposer du heavy/speed/thrash metal (avec quelques touches modernes et progressives dedans) joué à fond la caisse, vous vous demandez peut-être si ces messieurs commencent à s’assagir ou ralentir un peu le tempo... Ne vous le demandez plus, la réponse est non. Manticora affiche toujours cette énergie, cette vigueur ébouriffante qui ne lui a jamais fait défaut depuis ses débuts. Quitte à fatiguer un peu l’auditeur sur la longueur ? C’est le risque. Ils l’ont déjà fait auparavant... Eh bien, oui, peut-être un peu... mais ce coup-ci, comme dit précédemment, Larsen et Larsen (et les autres) se sont montrés plus raisonnables en proposant un disque plus court et direct. Ils corrigent ainsi l’un de leurs principaux défauts et garantissent un opus plus digeste que pas mal de leurs œuvres passées. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout, imaginez une sorte de mélange entre le Blind Guardian de la première décennie (pour l’allure effrénée et les gros refrains épiques), du Iced Earth dans ses heures les plus sombres et vigoureuses (pour la robustesse, les guitares volubiles et leurs duos qui décoiffent) et du Nevermore (pour l’aspect thrash moderne, froid, technique ou torturé)... Si vous connaissez ces combos, voilà qui devrait vous donner une assez bonne idée de ce que Manticora propose.

Mycelium respecte la recette traditionnelle de ses géniteurs. Il y a quelques petites plages de respiration dont il faudra savoir profiter : l’intro instrumentale Winter Solstice, un interlude de deux minutes joué au piano (Equinox) et une compo plus calme appelée Angel Of The Spring, power ballade sombre et mélancolique, plutôt pas mal, qui arrive à point nommé pour souffler entre deux salves de morceaux nettement plus remuants et agressifs ! Vous mettez ces trois pistes de côté et vous constaterez que les trente-sept minutes restantes de Mycelium envoient du lourd ! Manticora se permet même de rendre son propos encore plus belliqueux en introduisant quelques vocalises extrêmes, ainsi que des ambiances et riffs sombres / rapides hérités du Black Metal (avec parties de blast beats pour assaisonner le tout). Vous retrouverez ce genre de choses sur Demonday, Beast Of The Fall ou Mementopolis notamment (cette dernière alternant épisodes mid-tempo mélodiques et passages nettement plus brutaux). Et c’est bien fait. Plutôt équilibré. Parce que Manticora ne bourrine pas dans le vide. Ces messieurs ont apporté des atmosphères travaillées et mélodies prenantes avec eux. Alors certes, comme je le dis à chaque fois que j’écris sur ce groupe, le chant de Larsen est un peu spécial (ses mélodies sur les couplets surtout) mais c’est sa marque de fabrique et le bougre sait pondre des super refrains (la galette proposée en est - encore une fois - bardée). Et il y a les guitares, gros point fort des Danois, qui nous régalent avec une myriade de riffs inspirés et solos agiles. Jetez donc une oreille sur les extraits proposés ci-dessus, vous constaterez cela par vous-même. Et si vous aimez ce que vous entendez, dites-vous que c’est très représentatif du disque dans son intégralité. Pas de baisse de qualité en cours de chemin.

Manticora maîtrise bien son propos. Mycelium en est l’illustration parfaite. Il démontre avec fougue tout le savoir-faire auquel les Danois nous ont habitués tout en offrant une légère évolution vers une musique plus méchante et proposant un contenu moins long et plus digeste que certains de ses prédécesseurs. Les fans n’auront donc aucune raison de bouder ce dixième opus qui se positionne - à mon avis - comme l’un de leurs meilleurs (un ou deux autres de leurs disques - l’excellent 8 Deadly Sins par exemple - conservent ma préférence).


Tracklist de Mycelium :

01. Winter Solstice
02. Necropolitans
03. Demonday
04. Angel Of The Spring
05. Golem Sapiens
06. Mycelium
07. Beast Of The Fall
08. Equinox
09. Mementopolis
10. Dia De Los Muertos

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