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Groupe:

Malebeste + Exorcizer + Gorsed Noctis

Date:

05 Septembre 2026

Lieu:

Angoulême

Chroniqueur:

JeanMichHell

En ce 05 septembre, nous revoilà au Showcase, avec l’ami JC et ses deux boitiers, et ma pomme pour une soirée toute en douceur. Ce soir trois styles différents nous attendent, du Brutal Death Metal avec Gorsed Noctis, du Thrash avec Exorciser et du Black Metal avec Malebeste. À une heure autour d’Angoulême, les concerts de Metal sont assez nombreux ce soir, mais le public répond plutôt présent. On retrouve les fidèles, et ça fait du bien de retrouver tout ce beau monde qui effectue aussi sa rentrée après l’été.

Gorsed Noctis :

Second concert auquel nous assistons de la nouvelle formule de Gorsed Noctis. On retrouve Uelcos à la guitare, Arios à la batterie, Albios à la basse et en seconde voix, et Epona au chant.

Côté scène, on retrouve également ce Brutal Death Metal qui leur va si bien. Entre salves de double pédale et ruptures rythmiques, Gorsed Noctis ouvre la soirée avec la précision millimétrée qu’on leur connaît. On retrouve cette patte de construction à la Dying Fetus, ce sens du riff qui s’emboîte comme une mécanique infernale, chaque section pensée pour cogner, des ruptures pour surprendre, puis recogner.

Epona, toujours aussi charismatique, ne tient pas en place : elle descend dans la fosse pour motiver les troupes, galvanise les premiers rangs, et transforme la scène en simple point de départ. Le bassiste, intenable également, assure un chant Death féroce tout en se mouvant dans son coin comme un fauve en cage. Les découpages de rythme sont hallucinants de précision. On passe d’un blast rectiligne à un break fracturé, puis à un rebond syncopé qui ferait perdre pied à n’importe qui, mais pas à Arios... Uelcos, lui, alterne entre tapping en triolet et riffs à briser des nuques, avec une aisance insolente.

Au milieu de cette furie, il faut bien savoir souffler et c’est accompagné d’une introduction acoustique que les musiciens se retournent, se regardent, comme pour vérifier que tout le monde est prêt… puis enchaînent avec encore plus de ferveur, comme si ce calme n’avait servi qu’à recharger les batteries. Rien ne lâche, rien ne faiblit. Gorsed Noctis a livré un set dense, technique, et totalement habité.

 

Exorcizer :

Exorcizer nous vient tout droit de Limoges et nous livre son Thrash tout en intensité qui ne va laisser aucun répit au public. Nous les avions déjà croisés ici même au cours du Warm-up du Vars Attack en février, et ce soir, c’est la même ratatouille explosive : efficacité maximale, plaisir de jouer, et une énergie qui déborde de partout. Le groupe accueille un petit nouveau en la personne de Bab à la guitare, sinon le reste du groupe est identique avec Florent à la guitare rythmique et au chant, Steven à la batterie et Chouzy à la basse.

Les solos sont propres, les tappings bien sentis, et ça joue terriblement vite. Heureusement qu'il existe quelques ponts tout en dissonance, parfois à la limite d’un petit air de Slayer, qui ajoute une couleur old-school qui fait forcément mouche. Le chanteur-guitariste est un vrai possédé, va chercher physiquement le public jusqu’au fond de la salle, tirant chaque spectateur vers le front. Il anime autant la scène que la fosse.

Il pousse même le trait d’humour grâce à un petit clin d’œil pour Alex et Fred, qui, a priori vont bientôt se marier et lorsque le public essaye de savoir de qui il s’agit dans le public, personne ne répond puisqu'ils ne sont finalement pas là ! Mais le groupe leur dédie ce set avec un sourire complice avant d’envoyer la suite. Exorcizer confirme une chose : ce groupe est une machine, mais une machine qui s’amuse.

 

Malebeste :

Même si Malebeste commence à faire partie des groupes Angoumoisins que nous avons vu quelques fois, j’attendais avec impatience cette prestation. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur premier album Monestherou continue de tourner régulièrement entre mes oreilles. Il m’était donc impossible de ne pas être curieux. Et dès les premières notes, on sent le passage par le studio. Tout d’abord le son est plus précis, plus maîtrisé, sans perdre la rugosité qui fait leur identité. Et même s' il y avait indéniablement de la qualité avant l’enregistrement de ce premier LP, on sent que cela a eu une influence positive sur le quintet.

Sur scène le groupe est concentré et impliqué, il est vrai qu’il faut tenir le rythme parfois très élevé des titres du combo, c’est donc assez logiquement qu’il y a peu de mouvement sur scène. Celui qui anime la scène c’est le chanteur vit totalement ses paroles, comme s’il récitait des fragments de légendes oubliées. Le mix entre mélodie et violence, typique du black des années 90, est parfaitement dosée. Et oui, il n’a toujours pas soigné cette vilaine angine, qui donne à son timbre une texture encore plus râpeuse, même lorsqu’il s’adresse au public.

Le set se conclut par un nouveau titre, à tendance plus médiéval, à l’instar du titre de conclusion de l’album. Cette une pièce colle parfaitement à leur univers, entre folklore noir et à l'épopée rurale raconté sur l'album. Malebeste confirme qu’ils ne sont plus seulement prometteurs, ils sont installés, et prêts à mordre.

 

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