Darken :
La journée s’ouvre avec Darken, formation menée par le chanteur Stéphane, les guitaristes Philippe et Lorenzo, le bassiste HP et le batteur Liam, qui déploie un Heavy Metal teinté de Power très énergique, porté par un line-up renouvelé qui insuffle une vraie fraîcheur aux compositions. Sur scène, les riffs incisifs s'enchaînent sans temps mort et l'alchimie de la nouvelle monture fait immédiatement mouche auprès des premiers festivaliers.
Le chant prend toute son ampleur sur des structures épiques et maîtrisées. L'ensemble gagne en intensité au fil des minutes pour culminer lors du final. Le groupe choisit d'achever sa prestation sur le très fédérateur Enjoy Yourself, qui aura permis à la foule de déjà bien se réveiller. Une excellente entame de festival, carrée et communicative.

The Broken Horizon :
Les Espagnols de The Broken Horizon emmenés par le chanteur Alain Concepción, les guitaristes Junco et Clément, le bassiste Victor et le batteur Alex prennent la suite avec un début de set un peu poussif au niveau du son. Les premiers réglages se font dans la douleur, mais les musiciens ne se démontent pas et balancent une énergie brute sur les planches. Le miracle finit par se produire : le mixage se stabilise enfin et permet d'entendre chaque instrument distinctement.
Ce qui redonne ses lettres de noblesse à leur Metalcore certes assez classique, sur-vitaminé à l'adrénaline, et surtout qui emporte tout sur scène. Le groupe sait parfaitement chauffer le public et le premier circle pit de la journée explose, suivi de mouvements de foule massifs pour un début de festival. L'immédiateté de leurs morceaux pousse le public à se dépasser jusqu'à réaliser un bon circle pit qui lance cette fois ci sérieusement les hostilités.


Ice Sealed Eyes :
Ice Sealed Eyes ne perd pas une seconde et lance son show dès le soundcheck. Le frontman Andrea S., entouré du guitariste Thomas, du bassiste Mike et du batteur Jules, interpelle le public massé devant la scène avec des chambrades bien senties et demande d’apprendre les paroles au cours de la balance, histoire de les reprendre à pleins poumons au cours du concert.
Une fois le concert réellement lancé, le premier titre à tendance Post-Metalcore/Metal moderne donne le ton. Le groupe affiche une motivation féroce et envoie un son massif qui ouvre instantanément le pit. Face à ces Belges survoltés, la foule joue le jeu sans réserve. La musique oscille avec brio entre beatdowns écrasants et envolées atmosphériques plus aériennes, offrant des variables intéressantes. Le look et l'esthétique résolument modernes collent parfaitement à leur univers. L'apparition sur scène du Youtubeur Arthur Alternatif apporte un moment de partage très sympa sur scène. Avant le dernier morceau, le groupe impose un circle pit totalement silencieux, idée originale et hilarante à voir en œuvre avant le déferlement final.


Brutal Sphincter :
Changement radical d’ambiance avec le grindcore déjanté des Liégeois de Brutal Sphincter. Porté par ses deux vocalistes GG et Picolino, épaulés par le guitariste Benny, le bassiste Spermy et le batteur Caca, le groupe déboule après une courte intro teintée Metal pour déverser sa bonne humeur communicative.
Les Belges exultent d'être là et le public leur rend au centuple. Entre deux assauts sonores d'une brutalité loufoque, le groupe enchaîne les vannes : « Est-ce que comme la terre, le sphincter est plat ? » et lance un circle pit exclusivement réservé aux demoiselles. Dans la fosse, et comme souvent avec ce genre, on retrouve un nombre de pas de danse improbable et des déguisements loufoques. Un vrai moment de plaisir brut, décomplexé, sans prétention et d'une efficacité redoutable pour faire monter la température du site. S’il fallait une dernière preuve, une grosse majorité du public se lance dans un circle pit qui fait le tour de la table de son. Un moment aussi énergique que sympathique !


Grandma's Ashes :
Place à du rock pur et dur avec le trio féminin Grandma's Ashes, composé d'Eva Hägen (basse/chant), Myram El Moumni (guitare/chant) et Edith Seguier (batterie). Le groupe installe ses ambiances avec une section rythmique taillée pour le headbanging. Elle est appuyée par une basse qui ronfle lourdement et des riffs particulièrement entêtants. La prestation se teinte d'une sensualité à fleur de peau, captivant l'auditoire dès les premières mesures.
Mais surtout, les nuances de leur musique sont parfaitement dosées, par moments, la basse s'efface pour laisser la voix d'Eva prendre seule les commandes de l'espace sonore avec émotion. Le trio sait également resserrer l'étau avec des attaques de guitare plus directes et des riffs tranchants. Une parenthèse rock qui a touché à son essence, fluide et parfaitement exécutée, qui apporte une belle variété à l'affiche.


Ten56. :
La machine Deathcore Ten56. prend possession du plateau en mode puissance maximale. Le charismatique Aaron Matts au chant (ex-Betraying the Martyrs), flanqué des guitaristes Luka Garotin et Quentin Godenne, du bassiste Steeves Hostin et du batteur Arnaud Verrier, impose son esthétique qui oscille entre les codes du Hardcore et ceux du Metal.
Les changements de rythme s'enchaînent, sont nombreux, privilégiant aussi bien des tempi mid-tempo dévastateurs, que des riffs plus groovy taillés pour le two step, ou bien encore quelques accélérations idéalement taillées pour se casser la nuque. Une poussière dense commence à tout envahir à mesure que le pit monte en température sous les coups de boutoir du combo. C'est le set idéal pour faire basculer le festival dans la soirée. En point d'orgue, Julien Truchan (hurleur en chef chez Benighted) déboule sur scène pour prêter main-forte à Aaron, déclenchant une véritable explosion de violence dans la fosse.


Heaven Shall Burn :
Les Allemands de Heaven Shall Burn imposent d'emblée leur statut de tête d'affiche. Le chanteur Marcus Bischoff, soutenu par les guitares de Maik Weichert et Alexander Dietz, la basse de Eric Bischoff et la frappe de Christian Bass, confirme la réputation scénique du quintette. Leur puissance, moins brute que celle de Ten56., s'appuie sur un death mélodique et quelques envolées « lyriques » imparables.
Certainement une des plus belles affluences de la journée, je peux vous dire que ça fume dans le pit, ça brûle sur scène et les oreilles chauffent. Les cheveux des musiciens virevoltent au même rythme que les salves de doubles pédales. Certains passages filent à une vitesse folle, flirtant avec un Power Thrash d'une précision chirurgicale accompagné de solos délicieux, qui changent de la teinte Metal Moderne de cette première journée. Heaven Shall Burn en taille patron ce soir avec une prestation carrée, ultra-professionnelle et d'une puissance de feu dévastatrice.


Imminence :
Les Suédois d'Imminence débarquent avec leur concept unique souvent qualifié de "violon-core". Le chanteur et violoniste Eddie Berg, épaulé par les guitaristes Harald Barrett et Alex Arnoldsson, le bassiste Christian Höijer et le batteur Peter Hanström, délivre un show à la croisée d'Architects et d’un orchestre classique.
Le son est colossal et la scénographie est minutieusement pensée pour sublimer l'impact visuel et sonore. Eddie Berg pousse le concept à son paroxysme en hurlant comme un dératé directement dans le micro accroché à son violon, créant un contraste saisissant avec les lignes mélodiques. L'apport des claviers et des arrangements de cordes offre une dimension théâtrale à leur metalcore moderne, offrant un spectacle à la fois massif, élégant et visuellement hypnotique.


Rise of the Northstar :
Après un passage au Hellfest 2025 où le groupe me semblait un peu émoussé, Rise of the Northstar fait son retour dans une forme éblouissante. Il convient de rappeler que le groupe était en plein enregistrement de son nouvel album et qu’ils ont accepté de remplacer Ultra Vomit au pied levé. Ce qui est remarquable lorsque l’on sait ce que demande l’investissement physique et émotionnel lorsqu’un groupe rentre en studio. Bref, on retrouve le quintette parisien avec son frontman VITHIA, flanqué des guitaristes EVA-B et FAB-V, du bassiste AIR-ONE et du batteur PHANTOM, et ce soir je peux vous dire que ROTNS livre une prestation solide et totalement convaincante.
Le décor plutôt épuré avec deux roll-ups et un cerisier japonais au-dessus du batteur, installe immédiatement l'imagerie Manga-Hardcore si chère au combo. Portés par le succès de leur album Chapter 04: Red Falcon Super Battle! Neo Paris War!!, les Parisiens envoient leur groove ultra-efficace qui ravage la fosse. Mais ils n’oublient pas leurs anciens titres et il suffit de voir l’effet du hit Boom sur le public pour être convaincu que leur show et bien équilibré. Entre intros de guitare acoustique, samples impeccables et respirations bien placées, le show est réglé au millimètre. Une démonstration de force qui prouve que le groupe est au sommet de son art.
Revnoir :
La lourde tâche de clôturer ce premier jour revient à Revnoir. Le quatuor, emmené par le chanteur Maxime, le guitariste Kaz, le bassiste Julien et le batteur Robin, enchaîne sans aucun temps mort. Leur Metalcore très moderne s'inscrit exactement dans la lignée des sonorités de la journée, appliquant avec rigueur les codes et recettes du genre.
Le travail sur scène est propre et l'énergie est au rendez-vous, exécutant le cahier des charges sans le moindre problème. Les passages en chant clair sont bien maîtrisés, bien que convenus. Malgré une prestation tout à fait honorable, le groupe passe juste après la déferlante Rise of the Northstar, le groupe souffre tout de même de la comparaison et peine à retenir une partie du public. Le site commence déjà à se vider progressivement et le public se prépare pour le lendemain.

