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Une fois n’est pas coutume, me revoilà en vadrouille du côté du Bateau Ivre, en gros l’une des très rares salles à programmer des concerts de metal en Touraine, alors profitons en ! Ce samedi est un peu particulier pour moi, non pas qu’il fasse beau par ici, c’est comme d’hab à cette saison, pluie et nuage, le tout agrémenté d’un petit vent bien froid qui vient cingler les visages, en temps tourangeau en somme. Donc non ce n’est pas la météo (sujet dont j’arrête de parler, promis, ça risque de lasser), mais ce concert annoncé avec Lofofora en tête d’affiche, accompagné par Sex Shop Mushrooms et surtout Grandma’s Ashes. A l’heure où les lecteurs se pencheront sur ce papier, la chronique de l’album sera sortie dans nos augustes pages, et donc Bruxism, vous l’aurez lu, est un véritable coup de cœur pour votre humble serviteur. C’est donc pour ces dernières que je fais le déplacement, car, même avec tout le respect que j’ai pour Lofofora, je n’ai jamais vraiment accroché leur univers (Jean Mich’Hell est le plus capé pour ces derniers dont il est un inconditionnel), mais je sais que je prendrai plaisir à les voir. Je m’imagine donc un concert en demi-teinte car première partie oblige, mais j’ai tellement hâte de voir ce que Bruxism vaut sur scène que je ne bouderai pas mon plaisir, les ensorceleuses risquent de réussir leur coup. Je souligne déjà que la salle n’est pas sold out, malgré une jauge bien remplie, et une multitude de t-shirts Lofofora arborés ici et là, surtout par les plus jeunes (dont une bonne partie ne dépasse pas les quinze ans). J’apprends au dernier moment que Grandma’s Ashes ouvre cette soirée, donc je file bien en avance dans la salle avec une première surprise de taille. La scène est totalement et entièrement prête, comme si le groupe était la tête d’affiche. Les instruments sont prêts, le décorum également avec deux rideaux en plastique orange qui encadrent la batterie d’Edith, et des chaines (en plastique, faut pas déconner non plus) qui ornent les deux micros d’Eva et Myriam. Première impression qui me rassure, le groupe va envoyer la sauce (et grande classe pour Lofofora qui laisse l’entièreté de la scène au premier groupe). Grandma’s Ashes. Les lumières s’éteignent dans un silence de cathédrale et le public regarde presque incrédule Edith s’installer derrière ses futs sans oser dire un simple bonjour. C’est très étrange comme ambiance, mais annonciatrice de la suite quand on connait le groupe. Il suffit du premier riff de Saints Kiss pour voir débarquer Eva et Myriam et envoyer le gros son. La basse d’Eva est dantesque, elle joue comme si elle était habitée, le son global est parfait et la première impression montre un groupe qui a énormément gagné en maturité avec un son plus abouti. Le public, timide jusque là commence à affluer en nombre (même si la fosse ce n’est pas le métro heures de pointe non plus). En tout cas dès le premier titre, Grandma’s Ashes tient son auditoire et ne le lâchera pas. Très vite elle propose Aside issue de leur premier album This Too Shall Pass, et seul rescapé de la setlist qui sera entièrement tournée sur Bruxism qui est, je le rappelle, sorti la veille. On a donc un Aside puissant et toujours avec ce refrain qui envoie qui se fond à merveille dans la setlist. Ca enchaine sur Suffurer, autre single du groupe qui achève définitivement l’assemblée tant ce titre est sublime. La version live lui donne un côté plus punchy et rentre dedans, tout en restant mélodique. Un véritable hit qui arrive très tôt et est, logiquement enchainé avec Nightwalk, comme sur l’album. C’est à ce moment qu’Eva lâche sa basse pour Neutral Life, Neutral Death, titre, je l’avouerai bien ici, que j’attendais sans grand espoir dans la mesure où il est plus calme que ce que le groupe envoie jusque-là. Donc quand j’entends les premières notes de ce titre, Eva qui s’approche en bord de scène, toujours aussi habitée, et donc très près des premiers rangs dont je fais bien évidemment partie, c’est une autre dimension dans laquelle le trio nous transporte. C’est planant et lourd, Eva nous tient dans le creux de sa main tout le temps que dure ce titre. Les derniers sceptiques de la fosse ont basculé et comprennent que ce concert est une tuerie, le genre d’évènement qui fera dire plus tard « j’y étais ! ».  
La dernière partie du concert va encore monter en puissance après Neutral Life, Neutral Death puisqu’arrive Flesh Cage. Si je m’attendais à ce qui allait arriver, ce n’était pas le cas du public quand Eva a balancé ses growls qu’elle maitrise à merveille. Le show est monté d’un cran avec un final en mur de son presque Zeppelinien qui emporte tout sur son passage tel un tsunami. Après l’enchainement avec le troisième single Cold Sun Again, Grandma’s Ashes clôture son show sur Dormant marqué là aussi par un chant growlé d’Eva et un final surboosté par la guitare de Myriam qui assure à tous les niveaux tout en restant dans une sorte de poker face savoureux tout au long du concert. Retour sur terre dans le monde des humains après cette parenthèse, vous l’aurez compris, qui m’aura embarqué. Alors oui, je ne suis pas le plus impartial tant j’adore le groupe et ce nouvel album, mais tous ceux qui les verront (ou reverront) sur scène comprendront aisément ce que j’ai essayé de décrire. Un vrai moment de metal comme on les aime !  
Setlist : Saints Kiss Empty House Aside Sufferer Nightwalk Neutral Life, Neutral Death Flesh Cage Cold Sun Again Dormant Lofofora Là va commencer la partie la plus complexe de mon report. J’étais arrivé pour le groupe précédent, et la tête d’affiche, Lofofora n’est pas un groupe qui fait partie de mes références, bien que je reconnaisse le travail énorme du groupe. Je souligne une nouvelle fois la classe des mecs qui ont laissé toute la scène aux Grandma’s Ashes, et donc il se passe bien une grosse demi-heure pour tout installer. Au moment où les lumières s’éteignent je suis encore en train de discuter avec Eva et Myriam, ‘tain il est temps que je m’installe moi. Alors première impression, c’est une fosse pleine comme un œuf qui saute comme un seul homme dès le premier titre. Je ne comprends pas que ce n’était pas sold out ce soir, surtout que le balcon est également ouvert, signe que le Bateau Ivre est bien rempli. Et effectivement le public tourangeau est venu en terre conquise pour supporter son groupe de cœur. Reuno le voit bien et s’en donne à cœur joie, c’est plaisant à voir et il en profite pour balancer quelques punchline bien trouvées du genre « on ne dira pas qu’on est content de revenir ici, on y a jamais foutu les pieds ! ». Plus le concert avance plus mon regard se sent attiré sur le jeu de batterie de Vincent. Il a une de ces patates qui donne une sacrée impulsion au groupe. Son jeu monte en puissance sur chaque morceau et il sait en jouer le bougre car ça donne une énorme rythmique au concert. Lofofora enchaine les titres comme on enfilerait des perles, repris à chaque fois par un public en fusion ce qui laisse votre humble serviteur avec une impression un peu schizophrène. Autant y’a rien à dire sur la prestation du groupe qui assure du début à la fin, autant j’arrive pas à rentrer dedans. Déjà le chant en français n’est pas forcément le meilleur pour le style proposé (simple question de goût, mais quand même), et comme je suis encore sur mon petit nuage du concert précédent, il m’est assez difficile de bien plonger dans leur univers. En tout cas le public est aux anges, le groupe a tout donné et ça se voit, le contrat est rempli ce soir. Lofofora aura été à la hauteur de sa réputation de légende du metal français, et le public l’aura bien senti. La soirée s’achève pour moi un peu tôt, mais obligations diverses obligent, ce qui me prive du troisième concert, Sex Shop Mushrooms que je n’aurai pas l’occasion d’applaudir ce soir, mais je sais que ce n’est que partie remise. C’est donc encore une fois sur les rotules que je quitte un Bateau Ivre qui aura proposé une superbe affiche ce soir et je remercie Angie d’NRV Promotion pour l’accréditation ainsi que l’organisation du Bateau Ivre.
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