Groupe:

Mercenary + Hatesphere

Date:

09 Fevrier 2024

Lieu:

St-Germain-en-Laye

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Le 9 février dernier, deux formations danoises expertes en gros riffs ont débarqué à St-Germain-en-Laye... et elles ne sont pas venues pour visiter le château ! Non, la petite tournée européenne célébrant l'alliance de Mercenary et Hatesphere en co-tête d'affiche nous a fait l'honneur de proposer deux dates en France (une à St-Ger donc... et l'autre à Metz), elle promettait du headbanging à foison. Spoiler : la promesse fut largement tenue. Hors de question pour votre serviteur (qui a découvert Mercenary il y a dix-neuf ans de cela et qui ne les avait pas vus depuis leur passage parisien en 2011 en compagnie de Symphony X et Nevermore entre autres) de louper cela ! Au menu : du metal sombre et mélancolique à forte tendance melodeath (Mercenary) et du thrash/death bien groovy (Hatesphere). Et tout cela dans un cadre plus que sympathique. Oui, je ne connaissais pas La Clef (hormis de nom), salle de St-Germain-en-Laye dont l'accueil et les locaux donnent sacrément envie d'y revenir. L'entrée donne lieu sur un hall avec petites banquettes, vendeurs de paninis et stand merch bien fourni... Un peu plus loin, la salle, intime mais pas trop exiguë pour autant avec un petit bar bien sympa qui propose des breuvages à des tarifs bien moins prohibitifs que ceux pratiqués par certaines salles parisiennes... Le personnel qui y bosse est souriant, fort sympathique... tout cela nous met dans de bonnes dispositions. 

Et c'est Mercenary qui ouvre les hostilités. Le set comprendra dix morceaux pour une durée totale de soixante-cinq minutes. On est au plus près du groupe quand le concert démarre et, comme je viens de vous le dire, on est dans de très bonnes dispositions... et les bonnes surprises ne s'arrêtent pas là car le son est loin d'être mauvais. On distingue bien chaque instrument (les guitares pourraient être encore un chouilla plus massives mais je chipote), ça envoie mais le volume reste raisonnable (de toute façon, la salle proposait des petits bouchons gratuitement à ceux qui n'avaient pas prévu de se protéger les oreilles, sympa). Par contre, la scène est peu éclairée et le peu de lumières provient de derrière les musiciens... Pas grave du tout, sauf pour les photos qui rendent nettement moins bien qu'à l'accoutumée (va falloir investir dans un meilleur appareil, Blaster ! Oui, je me parle à moi-même...). Les Danois ont un nouvel album à défendre, le fameux Soundtrack To The End Times sorti en septembre dernier. C'est donc tout naturellement que le show démarre avec Burning In Reverse, morceau d'ouverture de l'opus en question. Batterie martiale, riff de guitare rouleau compresseur... et le charismatique (et éminemment sympathique) René Pedersen qui tient le double rôle de chanteur et bassiste ne démérite pas ! Bien en voix, il assure aussi bien les lignes en voix claire que celles plus agressives et extrêmes. Il assurera, tout au long set, de beaux grands écarts vocaux sans faillir.

Quelques détours par d'albums plus anciens sont prévus... et cela dès le deuxième morceau qui n'est d'autre que Through Our Darkest Days (de l'album du même nom). C'est un plaisir de le découvrir sur scène, son refrain entraînant fonctionne parfaitement. Autre bon dans le passé - et petite dose d'agression supplémentaire - avec The Endless Fall (extrait de l'album Architect Of Lies) avant un reste de set qui, à deux exceptions près, sera nettement plus concentré sur le dernier opus en date. D'ailleurs, René prend la parole pour un introduire la quatrième compo de la soirée et nous demander si l'on a entendu parler d'un "petit" groupe répondant au nom de Trivium... Comme l'on sait que Matt Heafy a participé à Heart Of The Numb sur le dernier album, aucun doute n'est permis, ça va être le prochain titre ! "Heart... of... the... Nuuuuuuumb..." hurle René avant de se retourner vers Martin (le batteur) qui signale un petit problème technique. Les aléas du direct. Du coup, Pedersen joue un petit morceau à la basse le temps que tout rentre dans l'ordre et c'est reparti pour le déferlement sonique attendu !

Jusque là, tout se passe bien. Le groupe est soudé et en forme. Les morceaux s'enchaînent avec succès, la salle compte une petite centaine de personnes (à vue d'œil) et se montre bien réceptive à la musique des Danois, l'ambiance est décontractée, chaleureuse, super sympa. Quelques gars - un brin éméchés - lèvent régulièrement leur bière en guise de salut en direction du groupe... un fan proposera même sa bière au chanteur se plaignant de la chaleur. Ce dernier la refusera gentiment : pas d'alcool pendant la tournée pour donner le meilleur ! Et la paire de guitaristes formée par Jakob Mølbjerg et Martin Buus nous régale bien en décochant des riffs aux petits oignons, sans oublier les excellents solos sur lesquels les deux compères se réunissent parfois. Donc oui, tout va bien... et la qualité monte encore d'un cran avec la suite du concert qui propose d'excellents titres (Soul Decision et 11 Dreams présents pour rappeler la "vieille époque" aux fans des disques sortis il y a dix-huit ou vingt ans... ou les nouveaux Through This Blackened Hatred - qui dépote - et Where Darkened Souls Belong - classe - qui comptent parmi les plus grandes réussites de Soundtrack For The End Times). On ne voit pas le temps passer et on se régale comme il se doit. Le groupe a l'air de passer lui aussi un très bon moment. Pedersen nous remercie chaleureusement de notre présence et ne manque pas de dire à quel point ils sont heureux et touchés de nous retrouver après une absence de dix ans.

Ce show d'une bonne heure se conclue avec le pesant et épique Beyond The Waves, sixième et dernier extrait du nouvel album. Personnellement, bien que j'apprécie cette compo, je ne trouve pas qu'elle offre un final aussi fort que ce qui a précédé et mon excitation retombe un peu... mais ce sera vraiment le seul (petit bémol) à signaler en ce qui me concerne tant Mercenary nous a offert un set puissant et de qualité. Ses musiciens sont remarquables (encore une fois, ces guitares...), Pedersen est un chanteur qu'on ne cite pas assez... Bref, le groupe mérite assurément une reconnaissance plus grande. Mais dans le monde impitoyable du Metal, les injustices sont légion, on le sait, on ne les compte plus...

En tout cas, quel plaisir de retrouver Mercenary dans un tel cadre, avec une belle proximité ! On se sent privilégié. Et les fans vont pouvoir prolonger le plaisir à la fin du show en retrouvant tous les membres du groupe qui assurent eux-mêmes la vente de leur merchandising, serrent des mains, signent des albums et prennent des photos sans compter. Espérons que nous n'aurons pas à attendre dix ans pour remettre ça !

Setlist Mercenary :

Burning In Reverse
Through Our Darkest Days
The Endless Fall
Heart Of The Numb
From The Ashes Of The Fallen
Soul Decision
11 Dreams
Through This Blackened Hatred
Where Darkened Souls Belong
Beyond The Waves

 

Je vous l'avoue, il va être plus compliqué pour moi de vous faire un beau compte-rendu du concert de Hatesphere. C'est mal, vous pouvez légitimement m'en vouloir et me jeter des pierres virtuelles... J'ai d'abord loupé le début de leur set car j'étais au stand merch avec les gars de Mercenary qui, comme dit ci-dessus, vendaient eux-mêmes leurs articles (j'en ai d'ailleurs profité pour me procurer un album qui manquait à ma collection)... et, ces messieurs n'étant clairement pas avares en anecdotes, on a pas mal discuté. Gros manque de professionnalisme sur ce coup, je l'admets sans mal. J'étais essentiellement venu pour eux... et connaissais très peu Hatesphere. Cependant, je me suis tout de même glissé dans la salle pour voir ce que ce second groupe donnait... La réponse est simple : ils avoinent sacrément ! Mais leur musique me séduit moins. Je connais moins (pour ne pas dire "pas") les albums, la partition est plus brute de décoffrage, plus brutale, moins mélodique... elle ne manque pas d'efficacité mais me semble moins mélodique ou "intéressante" (terme à prendre avec des pincettes... d'où les guillemets).

Au passage, on reconnaît le batteur qui n'est autre que Mike Park (ancien batteur de Mercenary pour l'anecdote) et le gars affiche une forme éblouissante. Son jeu est hyper puissant et dynamique. La fosse s'anime pas mal sous les coups de boutoir prodigués par Hatesphere. Il y aura même un peu de pogo de temps à autre. Il est vrai que la musique de ces Danois-là s'y prête davantage... L'un des deux guitaristes (celui qui porte un t-shirt Pantera) est tout sourire... l'autre est plus belliqueux et headbangue comme un damné. Le chanteur hurle à s'en faire péter les cordes... il aborde un style (une gestuelle) plus hardcore et s'avère convaincant. Bref, le show est intense et musclé. Cependant, au bout d'un moment, je sature un peu et m'autorise à manquer les deux ou trois derniers titres du concert. La prochaine fois, je réviserai mieux en amont afin d'apprécier la chose comme il se doit. Vous l'avez compris, je ne suis pas hyper fan et donc pas le mieux placé pour juger de la qualité du set proposé (j'étais essentiellement venu essentiellement pour Mercenary, je ne m'en suis pas caché)... mais cela ne m'empêche pas de constater que Hatesphere fait les choses avec énergie et conviction. Les fans ont dû se régaler. Et comme je suis quand même (un minimum) professionnel, je vous livre quand même la setlist ci-dessous. Sans rancune, hein ?

Setlist Hatesphere :

Intro / Hatred Reborn
Cutthroat
Murderous Intent
The Fallen Shall Rise In A River Of Blood
Darkspawn
Lies And Deceit
Let Them Hate
Drinking With The King Of The Dead
Forever War
Brand Of Sacrifice
Oceans Of Blood
Sickness Within

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