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Interview Ornella (Nell) et Emilie
Pouvez-vous présenter et présenter le groupe ?Nell : Je suis Nell, au chant et à la guitare Emilie : Moi c’est Emilie et je suis à la guitare lead. Nell : Le groupe c’est Kill The Princess, un groupe 100 % féminin, féministe et queer. On insiste là-dessus parce qu’on ne peut pas être 100 % féminin sans être féministe, et rien que le nom du groupe est évocateur puisque Kill The Princess est là pour casser un peu les préjugés, et on casse aussi les préjugés puisqu’on fait de la pop metal, un style qui est le notre. On nous a toujours dit qu’on était le cul entre deux chaises, et bien on l’assume pleinement maintenant. On est entre Lady Gaga et Gojira et ça nous va très bien. De plus en plus de groupes proposent ce style…Nell : Oui mais ça a été un problème en France. Du genre « vous n’êtes pas assez métal, comment on vous programme » ou à l’inverse « vous faites trop metal ». Alors qu’au final on a ouvert pour Lofofora et Superbus qui sont deux opposés. D’où venez-vous ?Nell : Région parisienne, Lille et Caen. Comment est né Kill The Princess ?Nell : Au départ je voulais monter un groupe de reprises, faire que des chansons de meufs car je trouve que la place de la femme n’est pas assez présente dans le rock et dans le metal. Et puis surtout dans les groupes de reprises c’est souvent des groupes de mecs qui reprennent des titres de mecs. Donc j’avais envie de mettre la femme au centre, et de fil en aiguille on a fait des compos. Qui compose ? Qui fait quoi ?Emilie : Il y a plusieurs méthodes de travail et de composition. Une grosse partie des compos est apportée par Nell qui compose beaucoup, tout le temps (rires), et même des chansons qu’elle avait dans un tiroir depuis longtemps. Donc beaucoup d’idées arrivent de Nell. Pour le dernier album on a pas mal composé en groupe aussi, pendant des sessions de répet’ et en studio. On a fait des bœufs et des idées en sont sorties et ont fini en chansons. Après on a chacune des petites idées chez nous, on se partage facilement les fichiers via internet. Nell : On arrive à mettre toutes nos influences au service du projet. Quelles sont vos inspirations ? Les groupes qui vous ont montré le chemin ?Emilie : C'est assez personnel du coup… Nell : On peut citer Muse en commun, Lady Gaga, Paramore Emilie : Céline et moi on est plus sur le côté metal, Céline surtout, et Gojira c’est une grosse inspiration pour nous deux. Nell : Moi étant plus pop, mon metal c’est Linkin Park. En fait vous écoutez toutes Gojira sauf moi, et on écoute toutes Linkin Park, sauf toi. Comment définir le son Kill The Princess ?Nell : On a la recette ! Notre ingé son nous l’a dit. Donc la recette Kill The Princess c’est une batterie punk, une basse metal, des guitares rock et un chant pop. Dans le son c’est ça ! Comment s’est créé votre dernier album A Fire Within ?Emilie : Exactement comme on l’a décrit précédemment. Des choses étaient présentes et on a aussi fait beaucoup de sessions de studio ensemble. On s’est enfermé a quatre pour créer des choses. Nell : On n’a pas le choix, on doit faire de grosses sessions, ou alors s’envoyer des trucs. Emilie : On n’habite pas les unes à côté des autres, on maquette beaucoup. Nell : Ensuite on a enregistré les guitares et la batterie chez Nico HK. Chant et basse, on l’a fait de notre coté. Ensuite tout a été masterisé. Il est sorti en novembre 2025, quel regard portez-vous dessus avec le recul ?Nell : « Qui tabasse sa mère », moi je suis toujours aussi contente de cet album. Il est cool, mais ça fout la pression pour le prochain. Emilie : Il est encore assez frais pour moi. On est encore en train de le jouer sur scène, on le représente tous les jours et c’est une grosse fierté. D’ailleurs quels sont les titres dont vous êtes le plus fiers ?Nell : Grim Survival car c’est le titre qu’on a composé toutes ensemble. En plus ce titre est très apprécié alors que c’est l’un des plus metal de l’album. Vous êtes un groupe entièrement féminin. Est-ce un choix délibéré, et presque politique en un sens ?Emilie : Le groupe est né comme ça, c’était le but d’avoir un groupe que de meufs pour nous représenter dans les musiques actuelles et extrêmes. Donc ouais c’est politique à fond. Quel regard portez-vous sur la place de la femme dans le metal ?Nell : Ca évolue…Quand j’ai commencé à faire du metal il y a plus de 15 ans, si je n’ai pas subi de sexisme grave ou d’agression, le sexisme ordinaire dans le milieu existe et c’est lourdingue. Au départ tu ne t’en rends pas compte, mais en grandissant tu te rends compte que tes collègues hommes ou femmes ne sont pas traités à la même enseigne, et c’est hyper compliqué à vivre. Donc oui ça évolue parce qu’on a arrêté de fermer nos gueules en tant que femmes, et je pense que c’est important, et on a commencé à nous écouter aussi. Et ça c’est encore plus important. Et dans la musique en général ?Nell : Regarde les chiffres, ils sont encore bas sur les programmations etc… Comment se passe cette tournée et pourquoi le choix d’un show acoustique ce soir ?Nell : On tourne le plus possible, mais on est indé, donc c’est un peu compliqué. On a pas de tourneur, on fait tout nous-même. Emilie : On a plein de formules pour jouer le plus possible. Quand les conditions d’accueil ne sont pas forcément optimisées pour le format électrique avec un volume conséquent, on propose la formule acoustique, ce qui permet de redécouvrir les chansons sous un autre angle. Et nous ça nous fait kiffer d’expérimenter autre chose. Cela nous permet aussi de rencontrer d’autres publics. Ce soir c’est très familial. Si on vous propose d’ouvrir pour un groupe, ce serait lequel ?Nell : (rire). The Warning. Emilie : En fait le line up parfait on joue avant The Warning et après Muse (rire). Nell : Paramore ou Linkin Park. En plus abordable je kifferais de jouer avec Nova Twins. Et en France, SUN. Ça fait un moment qu’on se connait et on a toujours pas fait de date ensemble. Auriez-vous une anecdote sympa de tournée ?Emilie : Ouh là ! Les pneus crevés, la console qui s’emballe (rires)…L’été 2024 a été particulièrement intense. Nell : Oui on a eu pas mal de merde comme ça, mais en positif quand on a ouvert pour Lofofora, Reuno m’a demandé de partager la scène avec lui sur leur dernier titre du concert, et c’était hyper cool. Ensuite il a fait monter tout le groupe sur scène. Emilie : On a fait la fête avec eux (rires). Il y a un album en préparation ?Nell : Toujours dans la tête, mais c’est loin. J’ai beaucoup de mémo sur mon téléphone, et on garde toujours ça dans un coin de notre tête. Déjà parce que créer on a ça dans le sang et malheureusement le milieu nous demande d’être productives tout le temps. Quel est le futur pour Kill The Princess ?Emilie : Des choses arrivent avec un album… Nell : On a la fête de l’Huma, on ouvre pour Tagada Jones aussi. On prévoit de sortir un clip pour Grim Survival avant la fin de l’année. Pour l’année prochaine c’est encore un point d’interrogation, on avait l’idée de sortir un album acoustique, de faire des concerts dans des châteaux… Et votre meilleur souvenir de groupe ?Nell : La première fois où Nico nous fait entendre What You Wanted. On venait d’enregistrer la batterie et il y avait les pistes témoin. Il l’a mis sur son système son à lui. C’est la première fois qu’on entendait la chanson et on s’est dit « whoua ! Ça va claquer ! ». C’est une concrétisation, car tu passes tellement de temps à créer, et quand tu entends enfin, tu dis whoua ! Emilie : Cette semaine là de studio a été particulièrement intense. J’ai eu l’impression d’avoir été enfermé dans une bulle pendant une semaine, surtout que j’ai dormi là-bas tous les jours, à la ferme avec les poules. Et donc le clap de fin quand t’as tout donné, que t’en peux plus, et que tu entends ce que ça donne pour la première fois, c’est énorme. A part la musique, quelles sont vos passions ?Emilie : Les sensations extrêmes (rires). Nell : Tu veux un truc original ? J’ai demandé à ma femme de m’offrir des outils de bushcraft. En fait c’est aller dans la forêt faire des cabanes. Emilie : Ah ? Tu vas faire comme Vianney ? (rire) Nell : Non je suis fan de tout ce qui est post-apocalyptique, survivalisme. En fait je passe mon temps à regarder des gens faire des cabanes dans la forêt. J’aime beaucoup faire des travaux manuels. Emilie : Moi je recherche l’adrénaline des concerts. Donc l’escalade, le saut en parachute, ou conduire des voitures de course sur circuit. Nell : Et pour parler pour les filles, les jeux vidéo bien évidemment. Céline est aussi très adepte de l’art créatif, et beaucoup de lecture aussi. Sur une île déserte vous pouvez emmener un seul album : lequel ?Nell : Jagged Little Pill d’Alanis Morissette. Emilie: Origin Of Symmetry de Muse Est-ce qu’il y a une question qu’on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ?Nell : Ça te dirait un million de dollars ? Réponse : oui ! (rire) ça peut se décliner : tu aimerais faire la première partie de Muse ? Oui ! (rire). Je vous remercie et je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…Ensemble (en se regardant et en se marrant) : Pistache !
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