Artiste/Groupe:

Tool

CD:

Lateralus

Date de sortie:

2001

Label:

Volcano Entertainment

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

ced12

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Au tournant du siècle, un certain James Maynard Keenan allait être impliqué dans deux sacrés bons disques. En 2000, profitant d’un hiatus chez Tool avec A Perfect Circle pour un Mer de Noms appelé à devenir un grand succès ainsi qu’un disque référentiel. Puis avec Lateralus signant par là un retour de Tool après un Aenima auréolé de succès. Cela pourrait sonner comme un « tout va bien » pour notre talentueux chanteur à la voix si merveilleuse mais le contexte s’avérait bien plus animé. D’abord, un conflit larvé avec leur label parasitait Tool. Chacun y allait de son action en justice (welcome to America !) reprochant à l’autre des non-respects au contrat signé. Ajoutons la mise à l’écart de leur manager historique Ted Gardner qui lui aussi ira de sa plainte et vous avez un cabinet d’avocats qui a dû s’enrichir sur le dos d’un groupe tardant de fait à livrer la succession tant attendue d’Aenima. C’est en profitant de cet intervalle que Keenan réalisa Mer de Noms avec A Perfect Circle avant de se repencher sur ce nouveau Tool.

Toujours aussi cérébral, l‘œuvre de Tool, bien que très apprécié du public, reste complexe à appréhender. Le jeune étudiant que j’étais alors échoua d’ailleurs à appréhender ce disque sur lequel je ne suis revenu que bien plus tard. Univers complexe, morceaux tortueux, références abscons, Tool ne rend pas les choses simples d’accès. Cela en fait son charme mais aussi sa limite. Délivrer des petites plages intermédiaires d’une grosse minute déstabilise surtout quand ça attaque dès la deuxième plage. Le groupe s’est toujours dit influencé par la scène prog des années 70 (King Crimson, Peter Gabriel). Il en demeure une complexité dans l’approche pour l’auditeur. Il en va de même avec les thématiques abordées Keenan alternant le très référencé (Suite Fibonacci dans le titre éponyme, des muscles du corps inconnus du grand public). A ce titre, le nom de l’album est un mot-valise entre le Vastus Lateralis, muscle de la jambe et le terme Lateral Thinking pour un mix assez contre-intuitif. Mais Keenan parle aussi de thèmes plus anodins comme ses chats ou le chien d’Adam Jones. L’univers de Tool reste donc particulier, très personnel et s’il a ses fans, il peut rebuter. Un Keenan chantant caché sur scène dos au public (où on pense à Jim Morrison début de carrière), des visuels aboutis mais relativement sombre, Tool ça reste un concept à lui tout seul.

Et malgré ces réserves, le groupe a connu, et continue, d’avoir un immense succès critique et public. Têtes d’affiche en festival, des Bercy remplis, ça me surprend toujours un peu vu le manque d’immédiateté de la musique des américains. Point de singles marquants ici comme un Judith chez A Perfect Circle mais de longs titres, bien construits mais nécessitant plusieurs écoutes attentives. Tool se mérite. Schism est la plus accessible mais le titre fait presque sept minutes. Quelle ligne de guitare envoutante !! Il se passe quelque chose sur ce titre avec cette ambiance juste incroyable. Tool y a associé de jolis visuels, immersifs et confirmant l’aspect total de sa musique.

Groupe complètement à part, réfléchi (trop ?), cérébral (trop ?), Tool marquait là un sacré disque, pas évident à appréhender mais donnant l’envie d’y revenir malgré un son assez froid et une atmosphère lourde et sombre. Le groupe conservera ses spécificités / originalités avec seulement deux disques produits depuis, des tournées événements pour des musiciens gardant le secret et une aura de mystère. Un drôle de groupe à vrai dire, déstabilisant mais remarquable et à la démarche jusqu’au-boutiste. Un groupe à part. 

Tracklist de Lateralus :

01. The Grudge
02. Eon Blue Apocalypse
03. The Patient
04. Mantra
05. Schism
06. Parabol
07. Parabola
08. Ticks & Leeches
09. Lateralus
10. Disposition
11. Reflection
12. Triad
13. Faaip De Oiad

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