Nous assistons depuis maintenant quelques années à une énième évolution de notre musique extrême préférée. Rien d’anormal en soi, si l’on devait établir une rétrospective de ce qu’elle nous offre comme mutations depuis les années 70 (pour cela nous faisons confiance à notre camarade Sieur Botem en charge de cette Encyclopédie en 4513 volumes). Cependant, force est de constater, qu’en termes de nouvelles sonorités, de nombreux recoins ont déjà été visités, même les plus sombres. Et même si nos meilleurs artistes repoussent toujours nos limites en matière de violence, de technicité, que reste-t-il à défricher pour poursuivre la transformation de notre Metal vers un truc toujours plus excitant ? Le croisement des genres, pardi, appelé autrefois la fusion, Synestia l’a bien compris, en se l’appropriant et en nous proposant un Deathcore tel que nous le connaissons, mais avec des arrangements symphoniques bien léchés et surtout avec des breakdowns excessifs qui raviraient un joueur de marteau piqueur parkinsonien. Et bien ce nouveau truc devient "capilairement" ébouriffant. Ce terme vous viendra à l’esprit quand vous évoquerez ce Maleficium, et ce à plus d’un titre. En effet, Synestia : - est un combo international composé de deux artistes : le finlandais Ville Hokkanen uniquement au chant (et quel chant !) et l’américain Sam Melchior en charge de tout le reste ... - délivre un premier L.P auto produit dont découle bien davantage que le simple respect, simplement et clairement, c’est l’admiration qui explose en tête. - propose un genre peu usité : le Deathcore Symphonique/Mélodique.
Partant de ce constat, Maleficium est un ouragan qui dévaste tout sur son passage, digne des tornades attendues en octobre dans le sud des states : des nappes de claviers pour une ambiance folle, des solis de grattes ultras Atmo/Mélo (A Life Condamed), des teintes de Black Atmo (Aeterna), renforcées par un chant tout simplement hallucinant. Ville est capable de nous servir un chant guttural caverneux d’une brutalité et d’une maitrise rare, mais également de glisser vers un chant plus éructé type Black Mélodique. Et même quand trois artistes viennent compléter la prestation, tout fonctionne encore à merveille. Car cet album est typique des sorties récentes dans le registre du Core, avec une pléthore d’invités de manière à agrémenter le contenu. En l’occurrence, nous sommes ici gratifiés de la présence d’Alan Grnja de Distant, Adam Warren d’Oceano, et Johnny Ciardullo de Shadow of Intent (qui ressort comme l’influence principale du combo).
Et cette tempête, vous emmène far far away, sur un océan de dévastation, où violence est reine, où subtilités sont princesses. Le groupe est finalement moins passionnant, quand il baisse de régime et retrouve du Deathcore bien lourd (Ascendancy), plus (trop) classique.
En un peu moins de 49 minutes et 10 titres, sans artifice aucun, Synestia signe une œuvre dense, puissante et monumentale. Marquant de par sa maturité, son intelligence, ce "Maleficium" ambitionne clairement vers ce que Lorna Shore a su nous présenter récemment. Même si l’on peut regretter de ne pas pouvoir comprendre véritablement les lyrics (moi, perso, je m’en moque), il faut avouer que les samples, les ambiances, les mélodies viennent magnifier à merveille chaque riff, chaque growl, en nous procurant une énergie incroyable. À ce grand jeu, The Descent remporte tous mes suffrages.
Ne ratez pas ce petit bijou plein de caractère et de créativité dont voici les plus belles pierres : The Descent, A Life Condemned, Aeterna. Une sacrée belle parure, énergisante. Qui mènera bientôt Synestia à délivrer en 2024, une couronne majestueuseThe Poetic Edda, une couronne royale.
Wouah !
Tracklist de Maleficium :
01. Maleficium 02. Burial Hymn 03. Empyrean Skies 04. Scarlet Moon 05. Ascendancy 06. The Descent 07. All Things Must End 08. A Life Condemned 09. Death Magic 10. Aeterna