Artiste/Groupe:

Steve Vai

CD:

Inviolate

Date de sortie:

Janvier 2022

Label:

Mascot Label Group

Style:

Guitar-Hero

Chroniqueur:

ced12

Note:

16/20

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Petite période guitar-héro pour moi. Après le sympathique et réussi dernier Joe Satriani, un peu de Steve Vai à mon programme personnel. Le sieur vient jouer en région toulousaine et me voilà curieux de voir ce que cela peut donner en live. Il me faut au passage compléter ce début de chronique en précisant que le récent – et génial – concert de Dream Theater avec un certain John Petrucci est peut-être la raison inconsciente de ce très récent intérêt pour ces guitaristes phénomènes. Le problème pour moi est que je manque de contexte les concernant. Bien sûr, la réputation d’un Steve Vai n’est plus à faire. Je sais aussi les qualités humaines du sieur, lui qui a littéralement lancé la carrière d’un certain Devin Townsend, ce qui en plus a le mérite de me rappeler ce concert de DT. J’ai récemment lu qu’un John Petrucci s’était engagé avec John Myung à pratiquer leur instrument un minimum de six heures par jour. Cela paraît irréel mais cela a le mérite de rappeler l’incroyable investissement que peut représenter une carrière professionnelle. Une passion bien sûr mais aussi un sacerdoce. Même si le monde professionnel de la musique offre parfois de purs moments de cynisme, de relations humaines déplorables, de comportements exaspérants, n’oublions pas le sacrifice car c’est une vie dédiée qu’il y a derrière. Cela mérite à mon sens d’être rappelé, surtout lorsqu’on aime à critiquer (parfois à raison). Voilà, c’était l’instant nuance.

Une autre facette de ces guitaristes instrumentaux, c’est le rapport au matériel. Cela paraît intuitif mais pas évident à intégrer pour un non-musicien. Naturellement signés par de grandes marques (logique !), ces musiciens surdoués (et donc gros bosseurs) adorent développer leur propre matos histoire de pouvoir bien exprimer à fond leur potentiel. Et que le dit instrument (de travail) réponde parfaitement à leur besoin. Petite remarque tout de même : c’est aussi l’occasion de prendre quelques royalties et capitaliser sur son nom. Nous sommes dans une société marchande, rien de répréhensible là-dedans. Dans ce domaine, le Steve Vai est un crack et a sorti un nouveau modèle personnel (développé sur plusieurs années) qu’il a dénommé Hydra. Le nom tombe sous le sens à la vue du modèle avec trois jeux de cordes. Renseignement pris (et remerciements au passage à la personne m’ayant fourni les quelques informations suivantes) : il s’agit certes d’une modèle avec trois jeux de cordes mais c’est bien plus barré que ça. On trouve un manche guitare 12 cordes qui devient fretless dès la 9ème case ; un manche 7 cordes avec floyd (archi-classique) ; un manche de basse 4 cordes dont les 2 cordes les plus graves sont fretless ; enfin plus discret une espèce de harpe / sitar 13 cordes moins immédiatement utiles en première impression. Voilà, j’espère que ces détails en intéresseront quelques-uns, le pote s’étant décarcassé pour me sortir tout ça (c’est pas tout à fait vrai, il a adoré essayer de décortiquer la bête). Le monstre mythologique hydre à plusieurs têtes est donc un légitime acronyme. Le résultat ? Ma foi, en toute franchise, je n’ai pas la capacité pour juger de la valeur ajoutée. Je suis tel un simple consommateur de vin pas au niveau pour évaluer la qualité d’un grand cru. Je peux cependant dire que le résultat me plaît, que la guitare sonne super bien et qu’elle est agréable à mon oreille. Il y a un petit côté lame de rasoir très réussi donnant une sonorité hard rock assez classique mais élégante et surtout d’une grande clarté. J’adhère. Il me faut tout de même être un peu précis et bien expliquer que cette nouvelle guitare n’a pas été utilisée sur tous les titres de ce recueil. Il n’en demeure pas moins que la production est top. L’exercice instrumental peut avoir ses travers (lassitude, excès de technicité, volonté d’épater la galerie) mais à l’instar d’un Joe Satriani, Steve Vai n’en est plus là, sait y faire pour bien aérer son sujet, ne pas perdre son auditoire. 

Technicien hors-pair, mais bien que musicien semblant perché, Steve Vai fait preuve de pragmatisme avec un disque ma foi accessible, réussi et franchement sympa à l’écoute. Il me tarde sincèrement de voir le garçon en live, et maintenant que je m’y suis intéressé, voir ce modèle hydra à l’œuvre. Un artiste restant étonnant, bluffant et à l’écoute intéressante.

PS : bon, après les premiers retours, suite à une blessure à une épaule, notre guitar-hero (qui est donc bel et bien humain !) ne peut jouer de cette fameuse hydra gêné par le poids de la bête. Pas trop grave car les mêmes retours disent beaucoup de bien de ces shows alors si certains hésitent encore … 

Tracklist de Inviolate :

01. Teeth Of The Hydra
02. Zeus In Chains
03. Little Pretty
04. Candle Power
05. Apollo In Color
06. Avalancha
07. Greenish Bluest
08. Knappsack
09. Sandman Cloud Mist

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