Il est partout ce Max Cavalera ! Il a relancéNailbombqu’on a pu voir en salles ou en Fest lors de l’été 2025. Il y a ces tournées Cavalera & co où en famille sont repris les grands disques deSepultura(d’ores et déjà annoncé sur le Hellfest 2026). Je n’omets pas Go Ahead & Diemais j’arrête là ce début de liste à la Prévert de peur d’en oublier certains ou de citer des groupes mis en sommeil depuis un bail. On en oublierait presque que depuis son départ de Sepultura (qui commence à dater, j’en conviens), son principal groupe était Soulfly. Après un démarrage en fanfare à la fin des années 90 sur les cendres (et la rancœur) de la fin abrupte de Sepultura, Soulfly avait, disons le, franchement déçu avec des disques moins percutants où le Maxou semblait s’auto-caricaturer. Pour autant, les sorties se suivaient avec régularité mais l’impact médiatique avait faibli par rapport aux 90’s. En 2022, Totem m’avait bien botté et on sentait un groupe retrouvant un peu du poil de la bête. Un bon disque plaisant à l’écoute. Pas un grand disque non, mais une écoute solide, efficace avec un vrai savoir-faire, un disque où on se dit « ok il se passe encore quelque chose chez Soulfly et ils savent encore y faire ». Confirmation fut faite en live avec un Max Cavalera toujours aussi performant en concert, bête de scène qu’on pourra toujours aller voir avec plaisir et la certitude d’y passer un bon moment.
A dire vrai, on n’attend plus grand-chose du bonhomme. De bons disques oui mais rien de révolutionnaire. Max Cavalera déroule son metal tribal teinté d’éléments thrash, indus, groovy. Le garçon a sa patte, son style et on n’est pas dépaysé avec ce Chama. Pochette classique qui renvoie encore et toujours à l’aspect tribal, invités de luxe (Dino Cazares, Michael Amott, Gabriel Franco, Ben Cook, Todd Jones), Max Cavalera a encore son impeccable carnet d’adresses. Il est toujours accompagné de son doué de fils avec le toujours solide Zyon à la batterie et de Mike DeLeon à la guitare. Après une intro épique qui met dans l’ambiance, le démarrage de Storm The Gates plonge directement dans l’univers Soulfly : gros riff groovy, rythmique tribal, chant caractéristique, nous sommes ici en terrain connu et on y est bien. Déjà on constate que la prod est impeccable, puissante avec un son assez chaleureux. Pour ma part j’adhère. Les gros riffs font leur effet, le Max continue de les sortir à la pelle et c’est bien plaisant. Ghenna est un délire de guitare, explosif à souhait, gentiment bordélique. La présence du très précis Michael Amott laissait entendre un déluge de guitares, on est servis. Avec toujours ce côté « punk » cher au Max décidément très cohérent. On retrouve le classique instrumental Soulfly (dénommé Soulfly XIII logique pour ce treizième album).
Solide de bout en bout, Chama laisse la même impression que Totem il y a trois ans. Une écoute très satisfaisante, un groupe qui tient encore la route, un Max Cavalera toujours compétent et doté d’un excellent savoir-faire. Concernant Max Cavalera, on sait juste qu’on le reverra sur scène même si on ne sait pas dans quelle configuration. Pas grave, on sait que ça le fera bien et on se laissera happer par ces gros riffs et ce metal tribal qui commence à friser la madeleine de Proust pour les ados des années 90, flambeau que Max Cavalera continue de porter avec sincérité. Un bon disque, un de plus signé par la tribu Cavalera.