C H R O N I Q U E
Lors de ma chronique du dernier album de Trail Of Tears, je vous disais que ceux-ci étaient devenus les derniers défenseurs du style puisque Tristania s'était perdu en route et Sirenia avait déçu avec son dernier album... eh bien, je suis obligé de battre ma coulpe car le premier m'aura fait mentir en revenant le mois dernier avec un album plutôt honorable. Quant à Sirenia qui sort ce mois-ci son Perils Of The Deep Blue, ils nous ont balancé récemment la première vidéo tirée de l’album (lien dans la tracklist) et celle-ci nous a fait immédiatement oublier le médiocre album précédent. Evidemment, un seul morceau, surtout celui choisi comme single, ça ne fait pas tout un album mais ce titre a eu le mérite de montrer un groupe plus inspiré et qui retrouvait un regain de férocité un peu oublié sur le dernier opus. Restait à savoir si tout l’album était à l’image de ce bon point de départ. Ayant beaucoup aimé les premiers albums du groupe, je ne vous cache pas que j’espérais que Morten Veland allait lui aussi me faire mentir...
L’album s’ouvre sur une intro de trois minutes toute en douceur qui débouche sur ce fameux premier single. Ce morceau correspond tout à fait à ce qu’on est en droit d’attendre de ce groupe. On retrouve tous les ingrédients qui ont fait son succès : des chœurs puissants, des orchestrations qui fusent de partout et les growls de Morten bien présents (il y en a autant sur ce seul morceau que sur tout l'album The Enigma Of Life). Un excellent départ, donc, qui rappelle presque les grandes heures du groupe. My Destiny Coming To Pass qui suit, même s’il est bien moins percutant, s’inscrit dans une bonne optique lui aussi. Puis arrive Ditt Endelikt qui est chanté quasiment intégralement en voix claire masculine (celle de Joakim Naess). Ailyn n'intervient que pour quelques phrases parlées en espagnol. Ce morceau, avec son refrain à la mélodie accrocheuse, me paraît être un autre single en puissance. Deux bons morceaux pour débuter cet album et un correct, ça démarre plutôt bien. Cold Caress avec ses chœurs énormes est bien sympathique aussi. Si Ailyn n'est pas la meilleure chanteuse qu'ait connu le groupe (selon moi en tout cas), elle se débrouille plutôt bien et elle a au moins l'avantage d'être plus stable que les précédentes (ou bien, elle s'entend mieux avec Morten). Car voilà le troisième album qu'elle enregistre avec le groupe. Rappelons que jusqu'au quatrième opus, The 13th Floor, Sirenia a usé une chanteuse par album. Toutefois, je trouve que sur ce nouvel album, et notamment sur ce titre, elle utilise un timbre de voix parfois assez criard et pas forcément toujours très subtil. Je préfère largement quand elle force moins sur sa voix, comme sur A Blizzard Is Storming. Darkling ne soulève pas l’enthousiasme et on commence à ressentir un gros effet de déjà entendu. On ne peut s’empêcher de se dire que le brave Morten a bien du mal à se renouveler. On reste trop souvent cantonné dans le même schéma de morceaux avec voix féminine, growls et chœurs disposés de la même manière. Decadence qui suit, est de nouveau un titre moyen qui n’est pas sauvé par ses quelques effets electros. Le groupe s’essaie ensuite pour la première fois au long titre épique avec Stille Kom Døden (qui avoisine les treize minutes). Le problème avec ce genre de morceau est qu’il faut réussir à tenir l’auditeur sur la longueur du titre. Et pour son premier essai, on ne peut pas dire que Sirenia arrive à nous captiver suffisamment. Malgré quelques bonnes trouvailles et le fait que ce morceau casse un peu les habitudes, il ne décolle pas assez et n’échappe pas à quelques longueurs (du coup). On saluera tout de même la prise de risque (chose rare ces derniers temps avec Sirenia). Et voilà donc que, sur ce milieu d’album, l’attention de l’auditeur que je suis, décroche et ce n’est pas The Funeral March qui suit qui arrivera à me réveiller. Le morceau n’est pas affreux, bien sûr, mais encore une fois, ça manque de renouvellement. Plus intéressant est Profound Scars avec ses synthés electros, enfin un peu de variété de la part de Sirenia sur cet album. Le dernier titre, A Blizzard Is Storming est honnête mais sans plus. De nouveau, les chœurs ont déjà été mille fois entendus. Il permet toutefois de rester sur une impression pas trop négative. J'ai en revanche une autre critique à formuler au niveau du son, trop sec. Je trouve que ça manque un peu de basses et de profondeur (ce qui est un comble vu le titre de l’album).
Au final, nous avons un album qui contient de bons moments (Seven Widows Weep, Ditt Endelikt, Profound Scars) qui font oublier l’album précédent, bien trop répétitif. Mais Sirenia n’a pas encore retrouvé sa forme olympique, en témoignent des morceaux moins inspirés (Darkling, Decadence, The Funeral March) qui plombent un peu l’ensemble et engendrent une certaine lassitude. On se dit qu’ils auraient pu être mis de côté (l’album est long, une heure huit minutes). Perils Of The Deep Blue est donc un pas dans la bonne direction vers un retour aux affaires mais est encore bien en dessous des premiers albums de la discographie… mais aussi, hélas pour Sirenia, en dessous de la concurrence.
Tracklist de Perils Of The Deep Blue :
01. Ducere Me In Lucem 02. Seven Widows Weep 03. My Destiny Coming To Pass 04. Ditt Endelikt 05. Cold Caress 06. Darkling 07. Decadence 08. Stille Kom Døden 09. The Funeral March 10. Profound Scars 11. A Blizzard Is Storming
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