Cela ne vous aura malheureusement pas échappé : Ozzy, notre dieu metal, nous a quittés ce 22 juillet. Un moment particulièrement marquant dans nos vies de hardos. Je sais déjà que même dans quelques années, je pourrai dire "je me souviens parfaitement de ce que je faisais quand j’ai appris la nouvelle". Comme avec Lemmy, comme avec Eddie Van Halen et comme quelques autres dans les années à venir. Donc oui, je me souviens parfaitement de ce que je faisais quand j’ai appris que notre Madman chéri avait décidé de "fly high again" "into the void". Je venais juste d’éteindre le moteur de ma voiture, après un petit tour pendant lequel, cruel ironie, j’avais écouté Into the Void, mon titre préféré de Sabbath et, donc, de la disco d’Ozzy. Moteur éteint, donc et une notif whatsapp de mon compère Blaster, communiqué que je me permets de vous retranscrire ici à l’identique : "Putain, mec... Ozzy...". Alors, après avoir rangé mes courses, j’ai sauté sur ma platine, posé ma galette de Master of Reality dessus et je me suis plongé dans les différents messages d’hommage qui ont inondé la terre entière. Puis, une fois ma deuxième Into the Void de la journée - qui avait un goût amer, cette fois - terminée, je me suis rué vers ma bibliothèque pour sortir un seul bouquin, le seul qui compte : I Am Ozzy, l’autobiographie de qui-vous-savez. Même en d’autres circonstances, j’aurais bien fini par vous causer de cet opuscule en ces lieux. Parce que I Am Ozzy - traduit Moi, Ozzy et publié chez Camion Noir dans la langue de Johnny Hallyday - est sans aucun doute la meilleure autobiographie du monde et le livre le plus marrant qu’il m’ait été donné de bouquiner. Et pourtant, je me fais un devoir de lire tous les programmes des candidats à chaque élection présidentielle, c’est dire si je lis souvent des trucs rigolos. Le concept, vous l’aurez compris, c’est Ozzy qui raconte sa vie. "In my life", qu’il dirait pour citer sa chanson fétiche de son groupe fétiche. Si une simple biographie du Ozz aurait déjà été un sacré dossier, autant vous dire que le fait que ce soit l’homme lui-même qui la narre rend le tout encore plus taré. Avant d’aller plus loin, un petit avertissement cependant : si vous n’êtes pas particulièrement à l’aise avec l’anglais, prenez la version francophone, je ne saurai trop insister. Parce que la langue dans le texte est très orale, bourrée de jeux de mots, d’argot et d’"Osbourneries". Soyez prévenu : en anglais, c’est pas si facile à lire. Il paraît que la traduction est bien, je ne sais pas. Si j’aime autant ce bouquin, c’est aussi bien pour le fond que pour la forme. Commençons par la forme, tiens. Vous ne l’apprenez pas aujourd’hui je pense : Ozzy Osbourne est un type fondamentalement marrant. Toute sa vie, il a tout fait pour amuser la galerie et jouer les clowns de service. Et avec quel talent ! Et c’est un trait qu’on retrouve évidemment dans le bouquin. L’avantage des autobiographies, c’est qu’on échange bien volontiers l’objectivité du narrateur contre son ton, ses émotions, son parler et son humour. Cela dit, concernant l’objectivité, Ozzy nous prévient dès la première page en nous disant que la plus grande difficulté sera de se souvenir correctement des évènements de sa vie, avant de faire une interminable liste des produits illicites qu’il a consommé au cours de sa longue existence. Rien que cette page d’intro suffit à planter le décor et à, faut le dire, bien se marrer. Et tout le bouquin est comme ça. Il nous raconte tout ça en se marrant, la plupart du temps. Et, des fois, il se fait touchant concernant certaines choses. Et il n’hésite pas à s’en vouloir, à s’engueuler lui-même, notamment quand il parle de la fois où il a tenté de tuer Sharon. On peut qualifier Ozzy de bien des façons, mais son humour et son honnêteté n’ont jamais été remis en question. L’homme est imparfait, il le sait, mais on sent une personne fondamentalement gentille malgré sa maladresse. L’autre point, c’est évidemment le fond. P*tain, mais quelle vie de fou furieux ! De son enfance pas toujours facile à sa difficulté à se faire des amis, de ses galères de jeunesse à sa (ses ?) rencontre avec Iommi, les drogues, Sabbath, les drogues, Sharon, les drogues, la prison et quelques drogues... Tout y passe et dieu (satan, en l’occurrence) sait si c’est croustillant ! Loser magnifique, notre héros a tellement d’anecdotes complètement cinglées à raconter ! Entre la fois où il a pissé sur les murs de Fort Alamo, la rencontre calamiteuse avec certains patrons de labels ou alors, mon passage préféré, sa coloscopie quand il se pensait gravement malade (qu’il surnomme "Voyage au centre de mon cul"), j’aime autant vous dire que vous allez passer votre temps à chialer de rire en lisant ce bouquin. Je ne veux pas en dire plus, lisez-moi ça. Vous allez vous marrer comme pas possible, plonger à une époque - dieu merci concernant certains points - révolue, croiser un paquet de personnages fabuleux et, surtout, passer un bon moment avec notre tant aimé Ozzy. Vraiment, vous vous devez de lire ce livre. Quelques temps avant de nous quitter, Ozzy a parlé de la sortie d’une suite à cette bio. Elle s’annonce, forcément, moins haute en couleurs mais je fais confiance à notre gaillard pour nous faire encore bien marrer, même une fois parti. Adieu mon Ozzy, notre Ozzy, tu nous manqueras tellement.
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