Il y a des choses, dans notre univers hard rock metal, que je ne comprendrai probablement jamais. Le succès de certains groupes, évidemment. Je ne donnerai aucun exemple, sinon je vais me faire taper sur les doigts de pied. Mais aussi le caractère presque confidentiel de certains. Attention, je ne parle pas ici de ressenti personnel ou de qualité musicale intrinsèque, mais purement d’un marché. Je vous ai perdus ? Bon, changeons de paragraphe, que j’explique avec un exemple.
On l’a tous vu, on les aime ou pas, c’est pas la question : Ghost est un phénomène. Ça vend des palettes, ça remplit des salles costaudes, les clips font des millions de vues sur YouTube. Qu’on le veuille ou non, c’est un énorme groupe. Beaucoup de paramètres l’expliquent : jeu de scène, costumes, tubes à la pelle, style très accrocheur et j’en passe. Dès lors, et vous allez enfin comprendre où je veux en venir avec mes intros peines-à-jouir, une question subsiste : quid de Lordi ?
Eux aussi ont un sacré jeu de scène (récompensé y’a quasiment vingt ans lors de l’Eurovision 2006, tiens), des costumes, des tubes à la pelle, un style accrocheur... Ils sont peu ou proue dans le même moule que Ghost, à l’exception qu’ils fricotent plus du côté KISSque du côté Journey. L’on pourrait me rétorquer : "oui mais regarde, tu mets des 18 à Ghost et pas plus haut qu’un 16 à Lordi". Certes, je trouve que Ghost est un peu plus qualitatif, avec des compos plus riches. M’enfin c’est pas ce petit détail qui fait que Ghost remplit l’Accor Arena et que Lordi se contente de l’Empreinte ! "La voix, peut être, non ? " Ouais, j’y ai songé. Ou alors c’est tout bonnement la faute à pas de chance. Frustrant, non ?
Non parce qu’écoutez-moi ce très bon Limited Deadition, tiens. Y voyez-vous quelque chose de particulièrement raté ? Comment ? Les CINQ interludes de sketch pas drôles ? Ah oui, là, faut râler. Ça flingue complètement le rythme de l’album. Pour tout vous dire, si je me suis procuré le CD de ce Limited Deadition, je l’écoute plus souvent via une playlist Spotify, dans laquelle je n’ai mis que les vraies chansons et j’ai viré ces interludes particulièrement envahissantes. Je comprends que ça fasse marrer Mr Lordi, mais quelle plaie pour l’auditeur !
À part ça y’a pas de quoi se plaindre. On a onze titres et j’aurais bien du mal à en critiquer un. Lordi reste dans son mélange très 80’s, avec des gros refrains qui tuent (Hellizabeth), des gros refrains qui tuent (Legends Are Made) ou encore des gros refrains qui tuent (Limited Deadition). La recette est connue, mille fois entendue mais tellement efficace quand elle est bien faite. Un peu comme des crêpes, tiens. Comme sur l’album précédent, il faut souligner l’apport du nouveau guitariste, bourré de talent et de feeling (le solo sur Hellizabeth, mazette !). Comme sur l’album précédent, il faut souligner le fait que les compos de Lordi ne font que s’améliorer depuis quelques années. Si les premiers albums allaient du franchement sympa au boooooof, tout ce qui sort depuis Killection est d’un tout autre niveau. Marrant de voir un groupe atteindre son meilleur vingt ans après son premier album.
Que vous dire de plus ? Si vous aimez Lordi, il n’y a pas de raison pour que vous n’aimiez pas celui-ci. Si vous avez aimé le précédent, celui-ci est un peu au-dessus. Et si vous ne connaissez pas, foncez, y’a d’la bonne. Tiens, écoutez donc Retropolis et son super riff. Et ensuite, posez-vous la question : pourquoi Lordi n’est pas beaucoup plus grand ???