Leprous a atteint son rythme de croisière et nous a proposé un nouvel album à la fin d’un Eté olympique. Les musiciens ont eu beau multiplier les side-projects que ce soit avec d’autres formations (le très bon Rendezvous Point pour Baard, en solo pour Einar). Oui je les appelle par leur prénoms, je sais j’abuse un peu. Mais à force, on commence à bien les connaître nos norvégiens et quelle ne fut pas la réaction intriguée lorsque le groupe annonçait ce nouvel effort comme leur plus heavy. Bon, on ne se faisait pas d’illusions, le groupe n’allait pas revenir à son style initial (fort heureusement à mon goût) mais on le pressentait, le groupe allait encore nous surprendre après le très beau Aphelion.
Le démarrage avec un son synthétique nous rassure immédiatement. On reconnaît sans problème la patte Leprous, bien aidé il est vrai par la voix iconique d’Einar, toujours aussi impressionnant. Aussi, le morceau prend vite de l’ampleur, très orchestré, ambitieux, là où Pitfalls se voulait plus intimiste (alors qu’Einar se racontait sur ses tourments intérieurs). Atonement présente toujours ce prog-rock sombre et ses parties de guitares hyper inventives. Le savoir-faire technique est toujours aussi épatant et chaque musicien est valorisé. On retrouve aussi ce phénomène remarquable chez Leprous avec des morceaux pas évidents sur les premières écoutes mais une fois l’oreille habituée, on finit par les trouver d’une limpidité redoutable avec notamment des mélodies vocales hyper accrocheuses. Et indéniablement Leprousienne. Oui ce groupe mérite désormais son label selon moi.
La dimension berceuse tout en douceur (noire) est bien présente sur My Specter où encore une fois, Einar et sa voix nous envoûte. Surtout quand le morceau décolle avec comme sur l’ouverture une belle ampleur orchestrale. I Hear The Sirens est mon gros coup de cœur sur ce disque. Accroche vocale immédiate, encore une fois envoûtante avant une montée en tension époustouflante. Leprous à son meilleur. Einar y parle de la notion de silence, thématique intéressante (surtout pour un groupe de musique ! 😉). On revient je pense à la dépression vécue dans le passé par le vocaliste et son recours à la méditation, pratique qui peut perturber avec en effet un silence pouvant perturber (ou envoûter chacun ayant sa préférence sur le sujet dont on sait qu’il peut être problématique dans les fameux open-space. Vocalement cette piste est un joyau, un pur bijou dont notre vocaliste a le secret (et qu’il maîtrise désormais à la perfection).
Like a Sunken Ship propose une montée en puissance redoutable avec quelques passages vocaux rappelant aux fans récents de Leprous que, oui Einar a dépanné en tournée chez Emperor ! Limbo m’a étrangement fait penser à Korn sur les sonorités électro du début. Point d’ambiguïté pour mon estimé lecteur, la patte Leprous est bien présente mais il y a ce petit côté Korn mais ultra classieux (avec des guitares autrement moins saturées mais là encore intéressantes). J’ai déjà mentionné une grosse moitié du disque et le lecteur a pu voir que le niveau de qualité y était élevé. La fin du disque est moins impressionnante et le niveau baisse un peu le groupe nous captivant moins. L’excellent Jean-Mich’Hell me fit d’ailleurs la remarque que ce nouvel effort souffrait de la comparaison sur ce plan avec son / ses prédécesseurs (j’y ajoute Pitfalls que je trouve incroyable). Ce bémol ne doit pas diminuer les mérites de Melodies Of Atonement, franchement épatant et proposant quelques compos d’un niveau incroyable. La formule Leprous est désormais maîtrisée par le groupe qui continue d’impressionner et de maintenir une offre musicale très personnelle, incomparable et c’est un bonheur pour qui parvient à rentrer dans leur univers, assez sombre il est vrai (et cette dimension très classieuse peut aussi repousser). Un groupe exceptionnel !