Artiste/Groupe:

Greta Van Fleet

CD:

The Battle At Garden’s Gate

Date de sortie:

Avril 2021

Label:

Lava/Republic Records

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Didier

Note:

15/20

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Bon alors personne n’ose s’y coller on dirait. Tant pis je me lance. J’aime bien ce groupe depuis le début mais je sais aussi qu’il suscite le débat chez les metalleux. Essayons de prendre un peu de recul et de donner un avis sur ce nouvel album, le second du groupe, The Battle at Garden’s Gate. Un titre alambiqué semblant tout droit sorti d’un épisode du Seigneur de Anneaux, et qui perpétue la tradition des titres alambiqués et incompréhensibles déjà utilisés pour le premier album Anthem of the Peaceful Army sorti en 2018. On retrouve les trois frères Kiszka (Joshua au chant, Jacob à la guitare, Samuel aux claviers et à la basse) et leur pote Daniel Wagner à la batterie. Le groupe a quitté son Frankenmuth, Michigan natal pour rejoindre la capitale musicale qu’est Nashville, Tennessee, certainement à la recherche d’une certaine maturité musicale, source de critique faite au groupe depuis les premiers temps. Deux singles (My Way Soon et Age Of Machine) avaient déjà filtré et donné un avant goût de ce que nous pouvions attendre de ce second opus.

Le jeune groupe est toujours très inspiré de ses anciens (Led Zeppelin mais pas que) et cultive un goût pour les sonorités d’une époque bénie des dieux du rock & roll qu’étaient les années 1970. Dans cet album, de 1douze titres pour soixante-trois minutes on ne trouve aucune reprise, contrairement au précédent et globalement l’ensemble est plus calme, mid-tempo et surtout beaucoup plus (trop ?) soigné au niveau production. Les jeunes ont en effet décidé de travailler avec Greg Kurstin, un producteur rendu célèbre par ces collaborations nombreuses dans le milieu de la pop et du rock. Outre cette production, ce qui frappe aux premières écoutes (et accentue la sensation de grosse production) c’est la forte présence des claviers, souvent de l’orgue Hammond (option cabine Leslie pour l’effet vibrato vintage), joués par Samuel. Ce son renvoie clairement l’auditeur quarante à cinquante ans en arrière. Ce qui (me) choque aussi c’est la mise en retrait de la basse dans le mix, dommage.

C’est justement l’orgue Hammond et son vibrato qui vient assez solennellement ouvrir cet album avec l’intro Heat Above. C’est clairement mid-tempo, à la guitare acoustique. Le chant de Joshua est incroyable (voire hallucinant sur les vocalises du break), mais si vous n’aimez pas, ça n’est pas la peine de poursuivre, vous n’allez pas aimer le reste. Pas la peine non plus d’en dégoûter les autres comme me le répétait ma grand-mère. Moi j’adore et je me laisse totalement emporter par la voix de ce gamin.

En tout cas avec ces trois premiers morceaux Heat Above, My Way, Soon et Broken Bells, je trouve que le groupe trouve un style qui lui est propre et qui devrait faire taire un peu les critiques de tribute band Led Zeppelin trop entendues. L’album compte pas mal de ballades plutôt inspirées et Broken Bells en est une, dans laquelle on trouve, outre la voix magnifique, un bon solo de guitare wah-wah très Hendrix-ien. Tears of Rain est une autre belle ballade, dont l’intro me fait penser à l’intro d’Hotel California alors que le refrain flirte avec des sonorités plus Beatles. Dommage encore que la basse ne soit pas plus poussée, on entend vaguement des lignes de basse sympas qui auraient méritées mieux que d’être noyées dans les nappes de claviers.

Bon ok, Built By Nation me fait mentir tant le riff d’intro rappelle le son de Jimmy Page et sa bande. Ça reste un bon morceau, même si dans le style inspiré de Led Zep, je préfère Stardust Chords et même si je trouve que son intro n’est pas exceptionnelle, j’aime le petit côté Kashmir du couplet. J’adore la voix de Joshua sur le refrain, il maîtrise totalement et c’est étonnant que certains lui reprochent un manque de puissance, alors que dans ce morceau, il démontre tout le contraire et défonce tout.

Light My Love est encore une ballade, pas désagréable mais trop mielleuse avec trop de nappes de clavier. Par contre, elle intervient à un moment de l’album qui vient un peu casser l’énergie et plomber le rythme. D’autant que les morceaux suivants sont, pour moi, un “creux” créatif (Caravel et The Barbarians). Ça repart tant bien que mal avec un Trip the Light Fantastic assez mélodieux, mais un peu englué dans des chœurs encombrants. L’album se termine par un morceau de presque neuf mn (encore un héritage du passé), The Weights of Dreams que, par contre, je trouve très intéressant, surtout par sa guitare (très bon solo) de Jacob et son ambiance mid-tempo globale.

Si le groupe semble trouver une certaine identité musicale, ils n’ont pas non plus complètement changé de direction leur projet musical qui continuera de plaire aux uns et faire râler les autres. Je pense que les anti-Greta Van Fleet ne seront pas plus convaincus qu’avant, par le groupe et la production, trop léchée à mon goût, de Greg Kurstin risque même un peu de décevoir les amateurs de sons vintages et authentiques qui avaient aimé le son de l’EP et du premier album. Le manque de basse est un autre problème qu’il faudra aussi corriger. Reste que les compositions sont travaillées, le jeu de guitare de Jacob est magnifique et la voix de Joshua extraordinaire (à condition d’aimer les voix suraigües type Robert Plant ou Geddy Lee). De ce que je vois sur internet, le groupe excelle en live, j’espère que nous aurons l’occasion de pouvoir nous en rendre compte dans un futur proche.

Tracklist de The Battle At Garden’s Gate :

01. Heat Above
02. My Way, Soon
03. Broken Bells
04. Built By Nations
05. Age of Machine
06. Tears of Rain
07. Stardust Chords
08. Light My Love
09. Caravel
10. The Barbarians
11. Trip the Light Fantastic
12. The Weight of Dreams

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