Alors OK il faut savoir évoluer, et dans le bon sens de préférence. En 20 ans Feuerschwanz est passé d’un statut de groupe underground à l’une des formations les plus en vue outre Rhin. Ça d’accord. Mais ce n’est pas une raison pour se foutre allégrement de notre gueule ! Pourquoi ce coup de sang ? Vous allez vite comprendre et si ce nouvel album s’en sort, il aurait pu (dû ?) passer aux oubliettes avec une note dans le bas de l’échelle.
Le combo a participé aux éliminatoires du concours de l’Eurovision dont on sait que certains pays ouvrent la porte aux formations metal (l’Italie, la Finlande, l’Allemagne…D’ailleurs en France, on fait quoi ? C’est bien beau de pleurnicher tous les ans quand on voit le sacre s’envoler ailleurs, mais a-t-on tout fait pour gagner ? Bon, parenthèse fermée), et Feuerschwanz faisait partie des prétendants. Pour sortir du lot, ils ont balancé leur reprise de O-zone (dont on fait dans nos colonnes une petite reprise de son), puis au second tour le titre Knightclub, celui-là qui ouvre le nouvel album du groupe. Une sorte de metal polissé aux sonorités discoteco-techno et un refrain presque trop téléphoné, en gros une foirade.
Alors l’enchainement avec Valhalla en duo avec Doro Pech pas beaucoup plus emballant, et la reprise de Gangnam Style, dont l’original est d’une bêtise affligeante avec le gus qui imite le cheval en dansant sur musique (euh…même ce mot ne convient pas) dégoulinante de mièvrerie, et l’auditeur (dont votre humble serviteur en tête) n’a qu’une envie : balancer cette galette loin par la fenêtre. Trois titres, trois bouses, Feuerschwanz s’est perdu, rideau !
Et pourtant la suite ne donnera pas raison aux propos ci-dessus, et c’est tant mieux. Dès Name Der Rose, le groupe prend un virage serré pour nous remettre sur les rails de ce qu’ils savent faire de mieux avec un viking metal joyeux au refrain entrainant. On retrouve enfin tous les superlatifs qu’on peut offrir à ce groupe, et dès ce titre on oublie les trois premiers. Ça enchaine sur Testament dans la même verve que la précédente. Les guitares et la batterie se font plus présentes, ça tabasse un peu plus, enfin devrais-je dire. Et puis le train Feueurschwanz est lancé et rien ne l’arrête. Après une intro super sympa avant un Sam The Brave de folie ou chacun pourra hurler ce refrain le poing levé (une bière dans l’autre). C’est super entrainant, le groupe continue sur sa lancée.
Tant Dunken Dragon ou Tanz Der Teufel montrent que le groupe sait y faire dans son style viking metal. Alors oui ceux qui aiment vont se régaler, les autres regarderont les premiers avec des yeux comme des soucoupes en se demandant quelle mouche les a piqués. Et même le chant en allemand se prête à merveille sur ce genre musical. Bien vu les gars. Le groupe parachève son album sur son duo avec Lord Of The Lost, Lords Of Fyre. Etonnant car ce morceau est également présent sur le dernier opus de Lord Of The Lost. Pourquoi pas. C’est un sacré mélange qui fonctionne entre les deux formations et qui clôture bien mieux cet album qu’il n’a été commencé.
J’ai bien failli jeter cet opus aux oubliettes avec leur tracklist pour le moins foirée sur ce coup-là. Il est donc important de ne pas lâcher car une fois les trois premiers titres passés, on retrouve un Feuerschwanz en grande forme qui enchaine les hits les uns après les autres. Encore un album qui va faire lever les foules sur scène. Ils sont passés près du précipice mais ont su se relever très vite, ouf ! L’honneur est sauf.
Tracklist de Knightclub : 01. Knightclub (feat. Dag SDP) 02. Valhalla (feat. Doro Pech) 03. Gangnam Style 04. Name Der Rose 05. Testament 06. The Tale Of Sam 07. Sam The Brave 08. Drunken Dragon 09. Eisenfaust 10. Avalon 11. Tanz Der Teufel 12. Lords Of Fyre (feat. Lord Of The Lost)