Artiste/Groupe:

Dream Theater

CD:

Quarantième: Live à Paris

Date de sortie:

Novembre 2025

Label:

InsideOut Music/Sony Music

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

16/20

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Cela n’aura échappé à personne, Dream Theater a récemment vu Mike Portnoy, son batteur / fondateur, revenir au bercail et en a profité pour se lancer dans une tournée célébrant quarante ans de carrière. Vu ce contexte, il semblait impossible qu’un concert ne soit pas immortalisé. C’est donc le show donné à Paris il y a un an qui fut choisi pour passer à la postérité. Et voilà donc Quarantième : Live à Paris, la captation de cette fameuse soirée, qui arrive pile avant les fêtes pour ravir les fans et, sans doute, quelques autres. Différents formats (numérique, 3CD/2Blu-ray, vinyle, artbook avec 3 blu-ray et 3 CD...) sont disponibles et on remercie le label de nous avoir fait parvenir l’audio mais également un lien permettant de visionner le concert afin de vous offrir une chronique éclairée.

Pour un tel évènement, Dream Theater ne s’est évidemment pas montré radin. Le concert dure donc deux heures et cinquante-quatre minutes. Et la setlist vous invite à voyager dans la discographie des Américains, pas de manière totalement exhaustive (dix albums représentés sur seize) mais avec générosité tout de même. Avons-nous affaire à un produit de qualité ? Sans aucun doute. Le son est beau et puissant, le live sonne très bien avec un mix qui n’oublie personne (même si, comme souvent, la basse de John Myung mériterait parfois d’être plus audible). Petit bémol perso : je n’aurais pas craché sur un tout petit plus de public dans le mix sur certains passages pour renforcer l’atmosphère de fête (on n’entend pas vraiment les fans participer quand LaBrie les sollicite alors que quand on regarde des vidéos sur YouTube, on entend que ça chante haut et fort... sur le refrain de Pull Me Under, par exemple). Visuellement, pas d’arnaque non plus, c’est chiadé. L’image est de qualité, la photo est soignée avec de belles lumières et couleurs... et le concert est bien filmé avec des plans soignés / variés et un montage dynamique mais pas trop (pas de ratio une image par seconde qui donne mal à la tête). La scène est belle (avec quelques écrans qui diffusent des animations) et assez sobre... comme le jeu de scène des musiciens. On sait qu’une partie de l’équipe n’est pas hyper dynamique. Il ne faut pas compter sur Myung et Petrucci pour courir sur scène ou s’adonner au headbanging. Mais LaBrie n’est pas statique et parcourt la scène régulièrement. Jordan Rudess aime toujours faire pivoter son clavier dans tous les sens... il sort même une fois de son spot pour s’emparer d’un keytar et venir sur le devant de la scène. Et bien sûr, ça fait plaisir de retrouver Portnoy derrière les fûts. Je ne vais pas dire du mal de Mangini qui l’a remplacé pendant toutes ces années, le gars est extraordinaire... mais, visuellement, je préfère le style de Portnoy qui donne plus dans l’aisance ou la décontraction. 

Musicalement, on a de très belles choses à se mettre sous la dent. Pas de mauvaise surprise niveau performance : les gars sont des tueurs. Leur maîtrise technique n’est plus à démontrer et on a donc le droit à une prestation virtuose qui, bien qu’elle soit connue de tous depuis des décennies, force encore le respect et l’admiration. Il y a de la technique à revendre, évidemment, on parle de Dream Theater mais pas seulement... n’oublions pas les nombreuses mélodies et ambiances de toute beauté qui parcourent leur partition. C’est l’heure de faire un point LaBrie. On le sait, le chanteur est régulièrement montré du doigt et désigné comme le point faible d’un groupe dont les autres membres sont irréprochables. Eh bien, franchement, bien qu’il ne soit pas parfait, force est de constater qu’il s’en tire plutôt bien. Sur les morceaux récents notamment ou post-90s, il est assez irréprochable. Alors bien sûr, sur des titres plus vieux, c’est parfois plus compliqué. Sur Metropolis qui ouvre le concert par exemple. Là, c’est un peu dur. Même remarque pour Under A Glass Moon un peu plus tard. Les lignes de chant sont modifiées (pour éviter de grosses sorties de route, c’est plutôt intelligent), le rendu n’est pas toujours très "joli", on sent le James parfois très "limite"... Mais le reste du temps, il fait le job sans avoir à rougir. 

Un petit mot sur les titres avant de conclure ? Pas facile de trouver de véritables inédits ici tant Dream Theater s’est montré plus que généreux en termes d’albums live depuis ses débuts. On les a forcément (quasiment) tous déjà sur des sorties précédentes. Le premier set privilégie les morceaux assez heavy et directs, pas trop longs, comme Strange Déjà Vu, The Mirror, Panic Attack, As I Am et d’autres... ça fait bouger la tête et taper du pied. Le second set incorpore davantage de compos longues ou atmosphériques (l’instrumental Stream Of Consciousness est ressorti des cartons, l’épique Octavarium également, ça va en régaler plus d’un... il y a aussi plus de ballades ou titres calmes avec Vacant, This Is The Life ou The Spirit Carries On). Quelques efforts ou surprises sont à noter : The Mirror est rallongé de quelques minutes, le groupe lui a collé le solo et la conclusion de Lie, sympa. Hollow Years est introduite (comme souvent) par un long solo de guitare, elle est également rallongée d’un solo de piano... et le pré-refrain est différent de celui de l’album (le groupe propose celui de la démo). Au total, la piste dure quatorze minutes ! Sympa aussi de ne pas avoir totalement passé sous silence les années où Mangini a officié chez Dream Theater : Barstool Warrior sonne super bien, sa présence dans le set est appréciée. This Is The Life est également de la partie. Certes, ça ne fait que deux morceaux mais c’est mieux que rien. Pour finir, il y a aussi une intro orchestrale (sur bande) sur le début du second set qui mélange plein de thèmes provenant de diverses époques... et la présence de Night Terror alors que l’album Parasomnia n’était pas encore sorti à ce moment-là (le titre était cependant connu, déjà sur le Net depuis un bon mois).

Evidemment, la question que certains se poseront malgré tout cela est : le monde a-t-il vraiment besoin d’un nouveau live de Dream Theater ? Besoin ? Peut-être pas. Envie ? C’est une autre histoire. Le produit présenté est soigné, l’argument "quand on aime, on ne compte pas" est toujours envisageable, la setlist est plutôt cool... et James LaBrie qui suscitait pas mal de craintes ne s’en sort finalement pas si mal (même si l’on devine que la technologie est venue lui filer un petit coup de pouce). A ce sujet, il paraîtrait que le vocaliste a récemment fait des progrès sur scène, aidé par un nouveau coach vocal. Certains disent qu’il n’a pas aussi bien chanté depuis des années. Wait and see... Refermons cette parenthèse et concluons : Quarantième n’est peut-être pas le live "ultime" de ses géniteurs mais il est de qualité et ravira très probablement les fans de Dream Theater ou les curieux.


Tracklist de Quarantième : Live à Paris :

CD 1 :

01. Metropolis
02. Overture 1918
03. Strange Déjà Vu
04. The Mirror
05. Panic Attack
06. Barstool Warrior
07. Hollow Years
08. Constant Motion
09. As I Am

CD 2 :

01. Orchestral Overture
02. Night Terror
03. Under A Glass Moon
04. This Is The Life
05. Vacant
06. Stream Of Consciousness
07. Octavarium

CD 3 :

01. Home
02. The Spirit Carries On
03. Pull Me Under

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