Artiste/Groupe:

Dream Theater

CD:

Octavarium

Date de sortie:

2005

Label:

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

ced12

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Octavarium est le huitième album de Dream Theater et, à bien des égards, un disque marquant dans la carrière du groupe. Premier point, c’est le dernier paru via Atlantic Records après une collaboration parfois chaotique mais ô combien prestigieuse. C’est aussi le dernier disque enregistré au Hit Factory à New York. On connait les protagonistes et on imagine bien qu’ils ont voulu marquer le coup. Aussi parce que, disons-le tout net, après l’immense succès de Metropolis Part II : Scenes From A Memory, Six Degrees Of Inner Turbulence et Train Of Thought, ils n’avaient pas déçu (impossible d’utiliser ce terme avec DT) mais moins convaincu. Le groupe avait donc une revanche à prendre. Et a donc voulu proposer le disque « classique » brassant les diverses spécificités du groupe. Le concept associé à ce nouveau disque est assez fou. S’agissant là du huitième album studio du groupe (qui avait déjà sorti cinq live... il se calmera sur les live par la suite), Mike Portnoy proposa des structures de titres avec, sur chaque octave des enchainements de huit notes « naturelles » et cinq altérations. Chaque chanson est ensuite écrite et pensée sur une tonalité différente. On le sait, ces types sont des génies mais là ça va très loin. Comme sur de précédents disques, l’ouverture du disque renvoie à la fin du précédent interconnectant ainsi les disques de DT entre eux. 

Musicalement, ce cru DT brasse large en lorgnant vers des Coldplay, U2 (I Walk Beside You) et, plus globalement, fait preuve d’éclectisme. The Root Of All Evil est bien plus punchy de même qu’un Panic Attack percutant et enlevé. On note à divers endroits de ce disque quelques aspects Muse qui me semblent un peu trop marqués (Never Enough), reproche qui leur sera de nouveau fait ultérieurement. Les paroles sont aussi très intéressantes avec un Mike Portnoy qui poursuit là sa fameuse "Alcoholics Anonymous Suite" où il parle de son combat contre l’alcoolisme. Il en profite aussi sur Never Enough pour égratigner un peu ses fans les plus puristes qui en veulent « toujours plus » alors que lui estime (à juste titre à mon avis) se donner beaucoup de mal pour satisfaire son auditoire. Oui mais DT mettant la barre très haut, les attentes sont à l’unisson. Sujet aussi classique qu’insoluble et rançon du succès. Je ne l’ai pas mentionné mais, pour moi, le joyau de ce disque c’est bien le morceau titre, Octavarium. DT n’avait pas sorti un aussi long titre depuis A Change Of Seasons, l’épique pièce Six Degrees Of Inner Turbulence mise à part (même si Mike Portnoy avait déjà fait des merveilles dans l’exercice avec Transatlantic), et tape ici très très fort. Pour moi qui voue un culte à Pink Floyd, cet Octavarium est un authentique hommage au groupe de David Gilmour, dans sa version la plus planante qui soit. L’intro renvoie tout simplement au cultissime Shine On You Crazy Diamond, référence majestueuse s’il en est. Le reste du titre vaut le détour avec une merveilleuse mélodie de guitare très accrocheuse ainsi que de très belles lignes vocales et un final cinématique. Le groupe fera aussi bien avec la mythique The Count Of Tuscany (sur Black Clouds And Silver Linings) atteignant là encore des sommets créatifs et artistiques. 

Avec Octavarium, au bien bel artwork, le groupe basculera dans un nouveau format live jouant désormais seul sur plus de trois heures (avec entracte) avec notamment un chouette concert au Zénith de Paris et un Mike Portnoy arborant un maillot du PSG (autre époque pour ce club). Très grand disque, bien reçu par la critique et varié avant que Dream Theater ne rehausse le ton, revenant à un registre plus marqué metal par la suite, plus sombre aussi. Reste que cet Octavarium, assez génial dans son concept de composition, est une authentique réussite, un de mes DT préférés par son côté varié et surtout, le lecteur l’aura compris, ce joyau final absolument sublime. 

Tracklist d’Octavarium :

01. The Root Of All Evil
02. The Answer Lies Within
03. These Walls
04. I Walk Beside You
05. Panic Attack
06. Never Enough
07. Sacrificed Sons
08. Octavarium

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