Etonnamment, A Day To Remember n’a toujours pas son entrée sur vos pages préférées. Surprenant car le groupe à ses entrées sur les plus grandes scènes de festival et le Hellfest 2025 n’y fera pas exception avec une présence très haute sur l’affiche de la Mainstage 2 pour la journée dédiée aux nouvelles stars, plutôt orientées vers les core-kids avec lesFalling In Reverse,Motionless In White, Poppy et autres Lorna Shore. Le groupe de Floride fait clairement partie de cette scène récente et a d’ailleurs tourné avecBring Me The Horizon(dont on retrouvera sur cet album un titre avec Oli Sykes le chanteur de BMTH). Comme tous ces groupes, ADTR manque d’une certaine reconnaissance et d’une légitimité critique quand le public, plutôt jeune, répond clairement présent. Récurrent problème de ces formations qui blindent des salles de taille significative (Bercy notamment) mais pour avoir un article dans des médias metal, c’est plus compliqué. J’ai à ce titre gardé cet étonnant souvenir où Parkway Drive blindait le Zénith quandAvatarfaisait la Une de Rock Hard (magazine génial et passionnant par ailleurs), privilège que ce média n’a jamais offert audit Parkway Drive auteur pourtant de disques autrement plus qualitatifs que le groupe suédois (cette remarque se voulant le constat de ce décalage entre la reconnaissance par un grand média d’un groupe de fait moins populaire associé au quasi « refus » de légitimation des formations issues de la scène metalcore comme ceux de la scène néo avant eux). Même remarque avec le frais accueil des « true » sur les annonces Hellfest alors que le succès rencontré par ces groupes est indiscutable sur le plan popularité.
Enfin je m’égare et digresse. Revenons-en à ADTR et à ce nouvel album arrivé un peu sans prévenir et qui permet de parler un peu de ce groupe formé en 2003 (issu donc de la première vague metalcore) et déjà auteur de sept albums (avant celui-ci). Côté line up, on est sur quelque chose de plutôt stable depuis 2009 avec Jeremy McKinnon au chant, Neil Westfall et Kevin Skaff aux guitares (le second assurant au passage un peu de vocaux) et Alex Shellnutt à la batterie. J’ai bien écrit plutôt stable car Joshua Woodard a quitté son poste de bassiste en 2021 remplacé par Bobby Lynge qui semble encore en période d’essai. Voilà pour le crew. Le style ? Un pop-punk faisant presque du groupe le chaînon manquant entre la scène skate-punk hyper populaire à l’époque et la vague metalcore qui allait déferler au cœur des années 2000. Dès l’ouverture Make It Make Sense (mais cette remarque vaudra pour tout le reste de la galette), on retrouve ces sonorités modernes ultra sucrées, ces riffs bien typés metalcore, les enfants du néo connaissent leur classique. Et bien sûr ces gros refrains mainstream typé Eurovision. Pas besoin de multiples écoutes pour comprendre le potentiel. C’est immédiatement accessible, très facile à appréhender, efficace. Ah ce n’est pas bien méchant, ça ne fera peur à personne mais ça fonctionne bien. Aussi, un sens du catchy est réel et on perçoit vite l’impact potentiel live. Entre mélodies sucrées pop-punk, breakdown metalcore mélodique, A Day To Remember offre un croisement entre unSum 41 et unAs I Lay Dying. Mielleux à souhait mais bien construit, excellemment produit, easy-listening, A Day To Remember a le sens le formule, délivre un bon disque fun. Léger à souhait, fédérateur, cela ne devrait pas manquer de régaler sur les grandes scènes. Pour celles et ceux rétifs aux metalcore et aux sonorités modernes, ne pas y venir, cela ne vous réconciliera pas.