Groupe:

Weather Systems + Haunt The Woods

Date:

06 Mai 2025

Lieu:

Toulouse

Chroniqueur:

ced12

En ce mardi coincé entre les traditionnels ponts de la première dizaine de mai, a débarqué dans la Ville Rose Weather Systems, concert que j’attendais avec impatience. C’est que leur disque Ocean Without A Shore paru en septembre 2024 m’avait totalement enthousiasmé. Le charme de ce disque incroyable opère toujours sur moi avec cette émotivité à fleur de peau. Du rock émotionnel, du très grand. Et pour cette première tournée pour ce « nouveau » groupe, je suis ravi de venir découvrir la version « live » de ces chansons. Rappel rapide, Weather Systems c’est le groupe monté par Daniel Cavanagh après qu’Anathema a subi un arrêt brutal, inattendu courant 2020 (et encore inexpliqué officiellement à ce jour). Le multi-instrumentiste anglais avait déjà composé une grande partie d’un nouvel album, un nouveau deal avait été signé et patatras (pas sûr que ça s’emploie encore ce terme un peu désuet). Fin de l’histoire pour le groupe référentiel originaire de Liverpool (ville qui a quelques références musicales !). Quatre années difficiles, on le pressent pour Daniel Cavanagh qui a réussi à repartir du bon pied et pour quelle réussite !!

Haunt The Woods

C’est un demi-Rex ce soir ce qui est un peu une déception vu la qualité proposée mais Anathema a un peu disparu des radars et les deux ponts mentionnés en introduction n’ont sûrement pas aidé. Reste que le public est connaisseur et profite de Haunt The Woods. Naviguant entre indie folk et pop, on pourrait les croire venus du sud des Etats-Unis. On pense à un Israel Nash par exemple jusqu’aux looks des musiciens avec un petit côté hippie (propre). En fait, le groupe nous vient de Plymouth (dans le Devon anglais) et a été formé en 2016. La musique est très cool, très posée, on passe un moment hyper agréable avec de belles mélodies. Rien de foncièrement original, mais une musique de qualité portée par des musiciens au capital sympathie réel. Le chanteur avec ses longs cheveux blonds et sa guitare sèche capte la lumière mais le guitariste solo nous offre quelques jolis moments.

Trois quarts d’heure de haut vol, qui passent bien vite dans une atmosphère agréable. Le rappel offre un moment magique avec les musiciens descendants dans le public pour offrir un titre guitare sèche – chant (avec chœurs). C’est intimiste, hyper convivial, un moment comme seule la musique live sait en offrir avec un vrai moment de partage, une simplicité admirable. Au final, une très belle ouverture, adaptée et réussie.

Weather Systems

Point de backdrop mais un joli logo projeté via l’écran. D’emblée le décor est aux ambiances rêveuses, on bascule dans le monde d’Anathema / Daniel Cavanagh. Le groupe arrive sur scène après une petite intro et forcément, moi qui ne les avais jamais vus, je suis un peu surpris par l’allure de Daniel Cavanagh. Loin de moi d’être maladroit mais n’ayant pas vu de photos presse du groupe en amont, je peine un peu à reconnaître notre guitariste presque méconnaissable avec ses dreadlocks, un bandeau pour un look assez atypique. On pense au chanteur de Ministry et lui même dira avoir voulu avoir un look « punk ». Bon ces considérations n’ont pas une immense importance car la musique va parler. Et ce sont deux heures magiques auxquelles va avoir droit le public du Rex. Demi-salle comme évoqué mais chouette ambiance avec un auditoire connaisseur, impliqué. Ça tapera des mains, ça acclamera chaudement le groupe.

Très belle réception pour la formation et on sentira dans les discours de Daniel Cavanagh qui rappellera sa joie d’être là. Mais aussi le soulagement ressenti depuis le début de la tournée qui n’en est d’ailleurs qu’à la quatre ou cinquième date. Plus symptomatiques de son état d’esprit sont ses interventions sur son frère avec qui il ressent le besoin de préciser que tout va bien. Tout cela pour déminer d’éventuelles polémiques suite à la fin abrupte d’Anathema ? Reste que le Daniel Cavanagh n’a tout de même pu s’empêcher de préciser qu’il avait écrit la grande majorité des titres d’Anathema ce qui sonnait un peu comme inutile. On pressent donc quelques contradictions chez le garçon mais aussi un état d’esprit à fleur de peau lorsqu’il a sous-entendu avoir passé cinq années compliquées…

Côté musique pure, c’est la folie, une petite vingtaine de pistes, moitié moitié avec une alternance bienvenue entre le disque de Weather Systems et des classiques d’Anathema tous très bien reçus. Un mot sur les musiciens qui l’accompagnent. Daniel Cardoso est un peu l’homme à tout bien faire du groupe : tour manager, producteur du disque et accessoirement très bon batteur. Je n’ai pas retrouvé le nom du bassiste mais excellent job de ce dernier qui avec sa huit cordes offre une assise remarquable à l’édifice sonore. Au chant, Soraia Silva épate. Petit gabarit, maxi talent. Et très bonne présence sur scène alors que forcément, Daniel Cavanagh attire les regards ne serait-ce que parce qu’il prend un peu plus de place physiquement qu’il y a quelques années. La jeune femme d’origine portugaise s’en sort comme une cheffe assurant même Springfield, « sacrée responsabilité » selon les dires de son frontman.

Ce dernier est vraiment impressionnant. Chant de qualité, lignes de guitares lumineuses, c’est un sacré talent. Pas un scoop mais un rappel salutaire. Les morceaux de Weather Systems font un effet dingue. Plus lumineux, plus émotionnels, magistralement interprétés, c’est un bonheur total. Le duo Synaesthesia / Do Angels Sings Like Rain qui ouvre l’album est juste parfait. Entre mélodies incroyables, gros riffs massifs (à la sauce Anathema), le rendu est monumental. Les plus émotionnels Ocean Without A Shore ou Are You There ? Part 2 sont des moments de pure grâce. L’alternance entre morceaux plus dynamiques, plus heavy et autres plus planants fournit une très belle dynamique à l’ensemble et les deux heures de show passent à une vitesse folle. Un très grand concert d’un artiste / groupe qui revient en douceur dans le circuit. Un prochain album « plus heavy » a été évoqué, Weather Systems est là pour durer. Pour le plus grand bonheur d’un public qu’il conviendra de retourner chercher. Mais avec de tels albums et des concerts d’une telle qualité, ça devrait le faire sans problème.

Setlist
 
Deep (Anathema)
Still Lake
Synaesthesia
Do Angels Sing Like Rain?
Springfield (Anathema)
Ghost in the Machine
The Lost Song, Part 3 (Anathema)
A Simple Mistake (Anathema)
Closer (Anathema)
Take Me With You
Ocean Without a Shore
The Space Between Us
Are You There? (Anathema)
Are You There? Part 2
Untouchable, Part 1 (Anathema)
Untouchable, Part 2 (Anathema)
Untouchable Part 3
Flying (Anathema)
Fragile Dreams (Anathema)

 

 

 

 

 

 

 

 

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