Jolie date heavy doom au Rex ce soir avec deux solides groupes du style. Obligations professionnelles obligent, je rate Satan’s Satyrs même si l’organisation a fait les choses bien avec des shows commençant sur les coups de 20h (ce qui nous amènera tard pour la fin de soirée au passage). Je ne peux donc parler du groupe de Virginie formé par le chanteur et bassiste Clayton Burgess présenté comme influencé parElectric Wizardmais ces derniers ont, semble-t-il d’une salle déjà convenablement remplie. Une fois de plus, les stands de merch sont disposés à l’intérieur de la salle et non dans le hall. Ce que le public gagne en qualité de circulation dans les « parties communes », on le perd mécaniquement dans la salle mais celle-ci n’affichant pas complet, cela ne pose guère de soucis. Et permet aussi aux groupes de voir les autres shows ce qui doit être appréciable pour ces derniers.
Unto Others
Avec un créneau d’une heure, le groupe de post metal / rock gothique Unto Others bénéficie d’un quasi statut de co-tête d’affiche. Le groupe avait déjà été vu en ouverture de l’impériale afficheArch Enemy – Behemoth– Carcassmais on me pardonnera de dire qu’ils avaient eu du mal à « exister » en présence de tels congénères. N’en demeure pas moins qu’ils ont dû apprendre à la vue de ces pointures. Unto Others c’est un mélange assez improbable entre heavy metal, goth, New Wave et post-punk. On se croirait projeté immédiatement dans les 80’s avec ces sons de guitare typiques de cette époque et des scènes précitées. Les looks sont assez caractéristiques aussi et le chanteur étonne avec ses lunettes de soleil et une attitude assez nonchalante / indolente. Ça joue bien, le son est très propre même si ce qu’on gagne en clarté d’ensemble, on le perd clairement en puissance / force de frappe.
Les quelques passages de double pédale n’y font rien, cela reste plutôt rock dans le ressenti global. Le manque de charisme des musiciens n’empêche pas la bonne tenue de scène. Le chant boosté par une réverb assez classique 80’s est assez monolithique. Le rendu général fonctionne bien avec un show très dynamique, le groupe enchainant sans relâche. C’est plutôt intéressant car avec un tel créneau, les américains auraient pu prendre leur temps mais ils dégainent une setlist bien garnie. Le retour du public est bon, le public est réceptif. Un concert bien tenu, très rythmé qui aura su capter l’intérêt de l’auditoire.
Setlist
Butterfly
Momma Likes The Door Closed
It Doesn’t Really Matter
Jackie
Suicide Today
Raigeki
Can You Hear The Rain
Heroin
Time Goes On
Pet Sematary
Give Me To The Night
Dragon, Why Do You Cry ?
Green Lung
Avec un dernier album réussi et un passage remarqué au Hellfest 2024, Green Lung bénéficie d’une bonne dynamique. Le groupe de heavy rock occulte a connu une récente évolution en tentant de passer un vrai cap en retenant le modèleGhost. Désormais enrôlé chez Nuclear Blast, le groupe londonien propose une vraie scénographie avec un joli décor et une belle statue ancestrale qui regarde le public. La formation anglaise nous transporte dans son univers, une relecture des mythes et folklores horrifiques britanniques. Des paysages de land désolé viennent ainsi à l’esprit. Le concept du groupe est donc plutôt abouti au service d’un heavy doom d’influence très sabbathienne.
Les musiciens occupent bien la scène, les cinq zikos se déplacent bien malgré un décor un peu chargé. Les deux qui impressionnent le plus sont le chanteur Tom Templar et le guitariste Scott Black. Les riffs et solos de ce dernier sont impeccables et il illumine le Rex ce soir. Chaque intervention solo ce soir lui permet de briller et son jeu est réellement inspiré. Le vocaliste aussi épate avec un chant de grande qualité avec une palette bluffante avec une tessiture de voix plaisante. Si les musiciens ne dégagent pas un charisme de dingue, le job est super bien fait. Le dernier album Heathen Land est très bien représenté (forcément !) et fait très belle impression en live, la doublette The Forest Church – Mountain Throne en tête. Comme l’interprétation est nickel, la richesse des compos est ainsi valorisée.
Un bon concert de Green Lung, jeune formation prometteuse qui confirme ainsi le potentiel décelé.