Groupe:

Ayron Jones

Date:

10 Fevrier 2024

Lieu:

Toulouse

Chroniqueur:

ced12

Originaire de Seattle, berceau du rock maudit où les difficultés sociales rencontrées ainsi qu’une météo réputée pluvieuse ont forgé le creuset d’une musique incarnée. Avec son enfance tragique entre parents drogués l’ayant abandonné (après avoir lâché la Vie), Ayron Jones incarne cette filiation avec les illustres héros de cette Ville par ailleurs très marquante avec son écrin naturel, le Pacifique de tous les rêves, ce Space Needle si iconique ou encore la présence non loin de ce Mont St-Hélène à la fois si beau et si dangereux. Faire une liste à la Prévert des géants de la Musique produits par cette ville ne cesse d’impressionner et Ayron Jones se situe clairement en excellente compagnie. Lorsque j’arrive au Rex, la star du soir pénètre également dans les lieux au même moment, certes lui pour y rejoindre les loges quand je me rends pour ma part au bar. Le Rex affiche complet ce qui fait bien plaisir avec un auditoire de 7 à 77 ans (certes j'exagère alors disons de 17 à 65 ans ce qui fait déjà une belle fourchette) et rassure un peu au vu de la qualité du groupe à l'affiche. Le fait qu'ils aient ouvert pour les Rolling Stones n'est sans doute pas étranger à la popularité d'Ayron Jones. Amongst Liars assure sa première partie avec énergie, délivrant un rock sympathique bien que pas très original et sur lequel je n'ai pour le coup pas grand chose à dire. 

Ayron Jones

En bossant un peu ce show, ce qui m’arrive parfois, j’avais proposé une chronique du Chronicles From The Kid et y avais trouvé quelques liens sur les accroches vocales avec un certain Steven Tyler. Et c’est Dream On qui est passé dans la sono juste avant ce show hyper attendu. Outre la belle référence, le titre du morceau renvoie aussi à son parcours, lui qui est un bel exemple de résilience et d’espoir. Le groupe arrive alors que la sono continue de déclamer des Dream On toujours aussi fédérateurs, et le quatuor prend possession de la scène en toute décontraction. Le second guitariste arbore d’entrée un large sourire qui ne le lâchera pas de tout le show. Plus visuel avec son chapeau de cowboy des bayous australiens, le bassiste renvoie aussi une bonne image en plus d’un jeu de scène qui se remarque. Il faut aussi mentionner son jeu de basse, hyper présent avec ce son très rond, ce groove infernal. Son compère à la batterie assure aussi un super tempo. Mais la star c’est bien Ayron Jones et il n’y a pas de doute sur ce point. 

Entre blues, grunge (évidemment !) et (hard) rock, Ayron Jones va nous enchanter pendant un peu d’1h30  de show et ça démarre très fort. Le son des guitares est incroyable, très puissant et impressionne d’entrée. Cela peut faire penser à un Tom Morello par exemple. La voix d’Ayron Jones est tout aussi remarquable, gorgée de feeling et sa musique est un mix très percutant entre hard rock assez traditionnel et chant blues. Le rendu est impérial, hyper accrocheur. Sur le plan visuel, le show est réduit à portions congrues avec notamment des lights très peu travaillées et c'est clairement la musique qui parle. Le quatuor délivre ses excellentes compos, la communication bien qu’efficace est limitée, rien à dire c’est parfait. Car les titres sont excellents, les moments forts se succèdent et c’est un régal. 

Je pourrais faire mon rabat-joie en disant que les ballades hard-rock (Otherside, Take Your Time) ne m’ont guère remué, mais ce bougre d’Ayron Jones a trouvé le moyen d’y placer des solos remarquables. Décidément beaucoup de qualités ce garçon ! Et dans le genre, Blood In The Water, hommage à ses parents, décroche la timbale. Cette compo est fabuleuse, bourrée de feeling et dotée d’un riff de guitare magistral. Un très grand moment émotionnel avec des paroles hyper accrocheuses « I say a prayer for my mother, I cry a tear for my father, Ain’t nothing gonna save me » et cette complainte « I prey for forgiveness » où étonnamment, j’ai pensé au James Hetfield et ses bouleversantes Unforgiven. Le retour au hard rock fait mal avec notamment un Strawman tout aussi bon en live avec ses accroches vocales Tyleriennes. J’ai aussi apprécié le Take Your Time où le public est mis à contribution pour un très bon moment (et tant pis pour la partie sirupeuse de la ballade). Ce qui impressionne c'est la qualité générale des compositions proposées. On ne décroche jamais et à aucun moment, on ne se dit "tiens là c'est un peu moins intéressant". Les moments forts le sont bel et bien et je n'occulte pas le fait que les singles sont incroyables mais aucun temps mort ni aucune faiblesse ne sont à signaler. Très fort le quatuor américain. 

Le définitif Take Me Away, hymne parmi les hymnes, et son rif Hendrixien (un autre enfant de Seattle au passage) emporte un public conquis, emballé par la musique si géniale du kid de Seattle. Un show de très grande qualité, débordant de sincérité et génial de simplicité. Portant avec lui une grande partie de l’histoire du Rock et de ses héros, proposant une musique juste excellente, Ayron Jones est vraiment un artiste passionnant qu’on recommandera inlassablement. Un très gros concert. 

Setlist de Ayron Jones :

Boys From The Puget Sound
Emily
Supercharged
On Two Feet I Stand
Free
Otherside
Hot Friends
Blood In The Water
Filthy
The Title
Strawman
My America
Take Your Time
Mercy
Take Me Away

 

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