Groupe:

The Darkness + Sinplus

Date:

23 Novembre 2023

Lieu:

Paris

Chroniqueur:

Bane

S'il y a bien un concert que j'aurais été triste de louper cette année, c'est bien celui-ci ! Penses-tu, ami lecteur, rater le passage des p'tits gars de The Darkness à Paris, surtout pour l'anniversaire de Permission To Land, c'eût été criminel ! D'autant plus que leur date dans nos contrées lors de leur tournée précédente avait été honteusement annulée... autant te dire que j'avais particulièrement hâte de revoir Justin et sa bande ! C'est donc en ce jeudi soir que je me gèle les fesses en rejoignant mon estimé compère Blaster devant la Cigale. Il faut le dire : nous étions tous les deux franchement contents d'être là. Enfin, lui était surtout ravi d'avoir la certitude qu'ils allaient jouer Friday Night en ce "thursday night". Moi, j'attendais avec impatience d'entendre Christmas Time. Franchement, à un mois de Noël, ils ne pouvaient que nous la jouer, non ? Sans trop en dire, sache tout de suite que l'un d'entre nous sera pleinement satisfait, pas l'autre.

Nous nous massons (on se rassemble hein, je ne suis pas assez intime avec mes collègues pour leur demander quelconque massage) donc dans la salle, qui est déjà bien remplie. Rapide analyse du public : un peu le même qu'en 2020, un peu de tout, des hardos et des gens "normaux", un peu tous les âges. Un petit coup d’œil rapide sur le merch : le t-shirt est moche, le poster est moche et je me vois mal claquer 55 euros dans un vinyle dédicacé, désolé. Un peu déçu, j'aurais bien aimé choper une casquette du groupe.

Le temps de causer un brin qu'arrivent sur scène quatre gugusses en survêtement violet et aux lunettes fantaisies - avec des leds colorées dessus -, prêts à en découdre. Je ne les connais pas, leur nom n'était ni sur les affiches, ni sur les places. On apprendra plus tard, de leur bouche, qu'ils s'appellent Sinplus. Je préfère tout de suite le dire : je n'étais franchement pas convaincu, au départ. J'ai trouvé les deux premiers titres de leur set assez moyens, pas du tout ma came : une sorte de pot-pourri rock/britpop très typé 90's, avec du Oasis et pas mal d'Arctic Monkeys. Et j'aime pô.

Mon camarade semblait un peu plus réceptif que moi, cela dit. Mais, à partir du troisième morceau, ces filous ont réussi à me cueillir : Let It Go est un très bon titre, très efficace. Le groupe était très content d'être là - ils ont même expliqué être des fans de The Darkness - et ils avaient clairement décidé de convaincre tout le monde. Et, faut le dire, ils ont parfaitement réussi. Dès la moitié du set, la plupart des spectateurs assis s'étaient levés et y'avait une sacrée ambiance. Si j'ai moins aimé le titre très teinté U2, je me suis surpris à apprécier pas mal de morceaux joués, surtout Let It Go - je l'ai déjà dit - et un autre, dont je n'ai pas le titre en tête, qui m'a paru être un peu Manson-ien. Bref, une première partie très agréable, avec des musiciens motivés et motivants, de bons titres et, surtout, un super son ! Pour ne pas te mentir, ami lecteur, je me suis mis quelques morceaux du groupe dans la bagnole en rentrant.

Setlist de Sinplus :

Dark Horses
Open The Sky
Let It Go
Wildflower
Feel Love
Private Show
Break The Rules
Don't Come Any Closer
 

Mais soyons très clairs : ce n'est pas eux que je venais voir. Il nous fallait encore attendre un peu, que nos Anglais se pointent. Le temps de blablater un peu avec l'ami Blaster, qui m'a révélé ne pas être fan d'AC/DC (scandale !) mais aimer Twisted Sister (je pardonne, donc), d'hésiter à aller nous chercher des bières... mais la salle commençait à beaucoup se remplir, j'aurais été triste de perdre notre place. Et, finalement, pile à l'heure, ça commence ! Les Darkness débarquent sur scène, avec leurs uniformes : Rufus s'en tape, Frankie porte encore un costume bien kitsch, Dan a son combo jean/cuir/t-shirt Thin Lizzy et Justin... Justin se pointe avec un costume vert fluo, qu'on croirait sorti de la pochette du Sergent Pepper's des Beatles. Blaster le qualifiera en ces termes, d'une rare pertinence : "dégueulasse". Cela dit, le haut du costume ne restera pas longtemps, puisque Justin finira torse nu dès la fin du premier titre, l'occasion de nous montrer qu'il s'est inscrit à la salle depuis 2020.
 
 
Joie d'entrée de jeu, mon rêve se réalise : ils lancent le concert avec Black Shuck. Tristesse d'entrée de jeu : le son est tout bonnement infecte. On entend à peine la guitare et la voix, quel cauchemar ! À noter que si ça s'améliorera un brin au fil du set, le son restera globalement foireux - tiens, par exemple, sachez qu'on entendra que très rarement les premières notes des soli. Tout ça est assez incompréhensible : le son était impeccable en 2020, dans la même salle et il était tout aussi parfait pour la première partie. Bon, concernant la qualité des morceaux, difficile de faire la fine bouche sur ce début de concert : vous connaissez déjà l'album, vous savez ce qu'il en est. Et en ce qui concerne interprétation, pareil, impossible de pinailler : ils sont toujours impériaux.
 
 
Mais soyons honnêtes : on ne va pas voir le groupe que pour ça. On y va aussi pour voir Justin faire le con. Et sur ce point, on sait qu'on ne sera jamais déçus. En effet, dès la fin de Black Shuck, ce dernier arrête tout et explique gentiment aux gens qu'il ne veut pas tous les voir derrière leurs écrans de téléphone... avant de tout simplement piquer ceux du premier rang et les ranger au pied de la batterie. Et le public se prêtera au jeu, certains lui faisant carrément passer leur téléphones ! Tout ça lancera un running gag qui durera tout le concert et qui verra Justin passer son temps à chiper le moindre téléphone à portée de main, avant de courir sur scène avec comme un gamin. Il en récupérera un déverrouillé, qu'il utilisera pour prendre une photo de son pénis, avant de dire au public "heureusement qu'il y avait un bon zoom". Boarf, de toute façon, il passera la soirée à raconter des conneries. Tiens, d'ailleurs, dès le deuxième titre, il se jettera dans la fosse.
 
 
L'idée étant de célébrer les vingt ans de l'album, je pensais qu'ils feraient un set en deux parties : l'une pour jouer Permission en intégralité et une autre partie best-of. Sauf que non. Les mecs veulent fêter Permission, ils ne vont donc jouer que du Permission. Dès le quatrième morceau, après un Growing on Me que toute la salle aura joyeusement scandé, ils commencent à jouer les faces B des singles, en enchaînant par exemple The Best of Me et, pour mon grand bonheur, Makin' Out, dont j'ai pu constater l'efficacité en live. Si l'idée est bonne sur le papier, elle reste à double-tranchant puisque la majorité du public ne connaît pas vraiment ces faces B, à commencer par mon compère. Moi, ça va, je les ai pas mal fait tourner pour vous offrir ma magnifique chronique du coffret des 20 ans sorti récemment. Mais, du coup, j'ai senti que la probabilité d'entendre Christmas Time ce soir augmentait encore, quel bonheur.
 
 
Je ne l'avais pas vu venir, mais voilà qu'un roadie installe un mellotron sur la scène et qu'un parfait inconnu débarque, guitare à la main. Justin nous présente alors son "marvellous" staff : le roadie Mick et la star de la soirée, Softy. Ce dernier assurera la guitare pour le prochain morceau et passera la soirée à se faire acclamer par le public. Sympa. Pourquoi tout cet attirail, me demanderas-tu ? Justin aura vite fait de nous répondre, pour lancer Curse of The Tollund Man de la meilleure des façons : en gros, il nous explique qu'ils vont jouer une chanson débile et pas géniale, qu'il faut être indulgent mais que le public belge l'a applaudie à tout rompre et qu'on va donc devoir faire mieux. C'est donc devant un groupe hilare que toute la Cigale aura gueulé et ovationné cette chanson pas dingue, que j'aime beaucoup quand même. M'enfin, comme me l'aura fait remarquer Blaster quand Stuck in A Rut a suivi : "c'est quand même autre chose que Tollund Man, hein". Quelques minutes plus tard, on aura la surprise d'avoir un titre qui ne vient pas de l'époque Permission puisque le groupe nous fera un petit bout de sa reprise de Street Spirit, avant de faire un tout petit morceau de Holding My Own, la ballade que j'aime pô.
 
 
Mais il va falloir remettre un peu d'ambiance dans tout ça, quand même. Et les deux prochains titres y arriveront parfaitement, le premier ayant probablement même fait pleurer de joie mon estimé collègue. Mais il était derrière moi, je n'ai pas pu vérifier. M'enfin quand même, vu le nombre de fois où il avait réclamé Friday Night la dernière fois, j'aime autant te dire qu'il devait être particulièrement ravi de l'entendre ce soir. Il n'était cela dit pas le seul, vu que toute la salle a beuglé le refrain en cœur. Et comme si ça ne suffisait pas, ils enchaînent avec LE méga tube, I Believe In A Thing Called Love, annoncé par Justin en ces termes : "voilà la chanson préférée de mon banquier". Pas bien difficile de deviner pourquoi, la salle est en feu, tout le monde chante, trop cool. Et c'est après ça qu'ils quittent la scène.
 
 
M'enfin, personne n'est dupe : ils devaient jouer tout l'album et ils n'ont pas encore fait Love On The Rocks. C'est donc cinq minutes plus tard qu'ils font leur retour, tout en caleçon et peignoir. Oui oui, même le sérieux Dan est en slip ! Il va d'ailleurs s'installer derrière la batterie. Et Rufus prend une basse. Et Frankie prend une guitare. Quoi ? Hein ? Faut pas chercher à comprendre, c'est The Darkness ! Et c'est sous cette configuration qu'ils vont jouer l'insupportable - oui, je la hais - I Love You 5 Times dont Justin chantera tout le refrain en français. L'espoir renaît en moi, c'est la face B du single Christmas Time : ça veut forcément dire qu'ils vont la jouer ! Et... non...
 
 
Justin annonce que le prochain titre sera le dernier, couvre-feu à 22h30 oblige. Et, donc, le concert va se clore sur Love On The Rocks With No Ice. Pas de Christmas Time pour Bibi, malheureusement. M'enfin ça va, ce dernier morceau est bien loin d'être horrible. C'est d'ailleurs pendant celui-ci que la redistribution des téléphones va se faire : Justin en a empilé une quinzaine sous la grosse caisse, il va tous les rendre, un par un, ponctuant chaque restitution par des blagues pas très spirituelles mais qui font mouche. Mention spéciale au téléphone qui a sonné pendant la distribution : Justin aura vite fait de décrocher et de raconter des conneries au locuteur, pas sûr que celui-ci ait bien compris ce qui se passait.
 
 
Et puis voilà le concert a pris fin. Le public et vos deux serviteurs des Portes en ressortent franchement convaincus. J'en aurais, personnellement, bien mangé une petite demi-heure de plus, pourquoi pas avec des petites reprises de Queen (et Christmas Time, merde !). Et on aurait tous aimé que le son soit meilleur. Mais bon, une fois de plus, le groupe nous a pondu une bonne heure et demi de hard rock efficace et de conneries bien senties, on a chanté, on s'est marré : on a passé un très bon moment. Évidemment, nous serons au rendez-vous pour le prochain passage du groupe en France !
 

Setlist de The Darkness :

Black Shuck
Get Your Hands Off My Woman
Growing On Me
The Best Of Me
Makin' Out
Givin' Up
Love Is Only A Feeling
Curse Of The Tollund Man
Stuck In A Rut
How Dare You Call This Love
Street Spirit (Fade Out)
Holding My Own
Friday Night
I Believe In A Thing Called Love
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I Love You 5 Times
Love On The Rocks With No Ice

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