C’est l’été, on n’en peut plus de ces chaleurs considérant un 35° comme « ok c’est raisonnable ». C’est aussi un moment où la moindre volumétrie de sorties permet de se concentrer sur des disques oubliés, des groupes qu’on a envie de poncer plus en profondeur. Flashback personnel : le 02 Octobre 2025Igorrrprésente son dernier album au Bikini.Imperial Triumphantouvre le bal avec son black avant-gardiste à l’atmosphère mystérieuse et ses atmosphères lugubres. Puis vient Master Boot Record. Je n’en avais jamais entendu parler et je n’avais pas pris le temps d’écouter en amont. Sur scène, le décorum interpelle : un ordinateur tout droit sorti des années 80, des lignes de code qu’on croirait sorties de DOS. L’esprit des pionniers de l’informatique des années 80 est bien présent et petite surprise, les musiciens sur scène semblent trop jeunes pour avoir vécu cette période. L’esprit est donc 100% geek, ouvertement rétro en mode Ready Player One. Musicalement c’est un projet entre metal industriel, synthwave instrumental et… ça déchire. Vraiment. On a l’impression d’écouter des solos de cinq minutes mais ça fonctionne du tonnerre, c’est original, un vrai plaisir.
Alors forcément, après une belle surprise live, on prend son PC (ou tablette ou téléphone je m’adapte) et on se renseigne. Première info : c’est le projet solo d’un certain Victor Love, italien de son état. En fait son vrai nom c’est Vittorio D’amore, on appréciera au passage la traduction littérale qui me fut proposée !! Ce dernier se charge de tout et tout est synthétisé, passé à la moulinette des machines. Pur projet solo d’un geek qui fait ça solo dans sa chambre, Master Boot Record c’est un authentique délire d’un gars passionné et complètement décalé.
Petit aparté : un Master Boot Record (MBR) « parfois aussi appelé zone amorce ou enregistrement d’amorçage maître, est le premier secteur adressable d’un disque dur (cylindre 0, tête 0 et secteur 1, ou secteur 0 en adressage logique) dans le cadre d’un partitionnement Intel. Sa taille est de 512 bytes. Le MBR contient la table des partitions (les quatre partitions primaires) du disque dur. Il contient également une routine d’amorçage dont le but est de charger le système d’exploitation, ou le chargeur d’amorçage (boot loader) s’il existe, présent sur la partition active. » (source Wikipedia). Si un lecteur a compris quelque chose, j’en suis ravi pour lui. Personnellement je pressens que c’est ce qui permet à un PC de fonctionner. Oui l’auteur de ces lignes est l’utilisateur de base qui ne sait pas comment fonctionne ce qu’il utilise ce qui ne lui fait pas honneur et en dit un peu de notre époque. Oui dans la théorie, il faudrait toujours comprendre pourquoi on fait les choses, et comment fonctionnent nos objets du quotidien, mais ça c’est dans la théorie. Dans la pratique, c’est plus compliqué. Dans nos augustes pages, ce sont John et Didier qui s’occupent de cette partie technique informatique alors pour toute question, je vous renvoie vers eux (ils sont très sympas en plus).
J’en reviens à ce très original projet Master Boot Record qui aurait pu n’être qu’un (très bon) projet studio. Sauf que Vittorio D’amore a recruté Edoardo Taddei (guitare solo) et Giulio Galati (batterie) et décidé de transposer sa musique de manière organique sur scène. Très belle idée et on devine sans peine la grande différence entre ces deux formats différents. Ah ici vous n’aurez pas la sensation d’écouter deux mêmes versions. Vu le talent du garçon, la transition est hyper qualitative, c’est bluffant et ça, vu le concert vu, je le savais déjà. N’étant pas branché « synthwave / indus » (c’est Lydie le contact chez nous sur ces styles musicaux), je préfère le format live et Vittorio D’amore vient de proposer un live restituant les concerts du groupe. Premier point, chaque titre provient d’un concert différent, ce n’est donc pas un concert complet présenté mais une forme de best of live. Ceci dit, il y a une vraie cohérence d’ensemble et si je n’avais pas connu ce détail, j’aurais pu croire sans problème à un concert unique. Aussi, le public est très peu présent mais là n’est pas l’essentiel ici. Ce qui est intéressant, c’est d’écouter le rendu live de ce projet si particulier.
Et là, le résultat est dément. Bien sûr, il y a des samples, le groupe revendique de les avoir passés via le système Commodore 64 and Amiga 500 (si John passe par là, je veux bien une traduction pour un profane). Sous mon angle, le résultat est hyper plaisant, ça s’écoute « tout seul », tout est d’une fluidité éblouissante, on se demande comment ça marche mais ça le fait. Projet original dont la retranscription live est encore supérieure, Master Boot Record mérite un réel détour. Déjà c’est italien (donc synonyme de qualité). De plus, un retour sur les planches est prévu pour cet automne alors c’est la bonne occase. Le plateau sera italien avec la présence (plus improbable) de Fulci, du brutal death horrifique. C’est chaudement recommandé.