Un vent de fraîcheur souffle sur la scène noise rock française. Ou plutôt une tornade nommée Zir Pachet.
Bien que le groupe fut créé en 2015, voici là leur premier album. Le quatuor a pris le temps de bien faire les choses et de passer les premières années de tâtonnement avant de se lancer sur de bons rails, ainsi la première sortie discographique de Thibault Lieurade (chant, guitare), Julian Praud (guitare), Valentin Rougeyron (basse, clavier) et Benoît Gilliocq (batterie) avec Zir Pachet sera le EP Contribution Zero en 2021. Il faudra donc attendre 4 ans de plus pour que ce premier album voit le jour.
Là aussi le groupe a voulu faire les choses bien. Déjà au niveau de la prod, c’est l’excellent Francis Caste qui est derrière les manettes, et on reconnaît sa patte. Il a su apporter ses idées au groupe et permettre de faire franchir un niveau au groupe.
Après une intro légèrement bluesy, Putsch bénéficie d’un très bon son, l’ensemble reste brut, sans artifice de prod inutile. Ainsi le style noise rock est respecté. Ce premier titre met en avant la qualité de compo de la guitare qui assène des riffs imparables les uns après les autres.
Riche et variés, on remarque assez rapidement que le temps pris et l’entourage de qualité à la production a permis au groupe de peaufiner dans les moindres détails cet album. Les surprises sont nombreuses aussi, comme ce break en plein milieu de Dear Boar qui nous fait apprécier la basse pendant quelques secondes. Parfois c’est un esprit de fraîcheur qui souffle sur l’album de Zir Pachet, comme ce très aéré Med Surf et son chant qui se fait plus léger, le rythme est moins soutenu, un morceau plus alternative rock qui est très intéressant par sa démarcation par rapport au reste de l’album. Comme si Zir Pachet maîtrisait aussi l’art du contrepied.
Un autre morceau qui laisse la place à l’expérimentation est MAD avec sa longue séquence à la basse, ses sons de guitares qui font penser à une plongée dans les fonds marins digne du grand bleu. Je peux citer aussi Talionized qui apporte un léger côté tribal avec la batterie très présente, les frappes rapides sur les toms nous font nous replonger à l’époque Roots de Sepultura pendant un court instant.
New Casino est quant à elle très noise rock, la distorsion des guitares au son cradingue du début morceau tranche carrément de bec l’interlude après 2min40 et un passage calme au son clair avant que le ton ne se durcisse à nouveau.
Riche, varié, parfois aérienne, souvent marécageuse, la musique de Zir Pachet est à la fois difficile à décrire mais aussi carrément très accrocheuse.