Artiste/Groupe:

Urne

CD:

A Feast On Sorrows

Date de sortie:

Aout 2023

Label:

Candlelight Music Group

Style:

Stoner / Sludge

Chroniqueur:

ced12

Note:

18.5/20

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Commençons par une petite expérience de pensée. Vous êtes un jeune groupe anglais, venez de sortir un premier album remarqué mais dans un cercle confidentiel. Puis un beau jour, un certain Joe Duplantier (qu’on ne fera pas l’offense de présenter à notre estimé lectorat) vous appelle depuis son studio new-yorkais pour vous dire tout le bien qu’il pense de ce premier effort studio et vous fait en plus une offre de service pour produire votre second disque. On imagine sans peine la divine surprise des musiciens. Et bien c’est ce qui est arrivé à notre trio londonien. Joe Nally le bassiste chanteur et Angus Neyra ont recruté James Cook remplaçant un Rich Wiltshire parti. Huit pistes donc avec un petit interlude d’une minute en septième position, deux compos fleuves de plus de dix minutes et donc cinq pistes naviguant entre cinq et six minutes. Urne développe ses ambiances, multiplie les plans mais ce qui impressionne c’est la fluidité générale. Tout s’enchaine à la perfection, on en perd la notion du temps tant le tout fait corps. 

Le groupe navigue entre sludge, stoner et on pensera naturellement à des Cult Of Luna, Neurosis dont on retrouve ici le caractère hypnotique mais tout cela est associé à des éléments stoner donnant un dynamisme incroyable à l’ensemble. Les vocaux de Joe Nally sont assez variés, growlé, crié ou parfois chanté en registre clair, le tout étant toujours puissant, profond. Le titre A Stumble Of Words, véritable voyage immersif, est stupéfiant, tenu à la perfection entre parties rapides, transitions plus paisibles et des plans de guitare remarquable. J’y reviens, les transitions sont du cousu main, on ne remarque rien, on se laisse emporter, c’est du travail d’orfèvre. Je ne peux que valider la production où nous ne sommes pas devant la surpuissante froideur d’un Gojira mais où on entend très bien les trois musiciens. Je pourrais presque décerner une mention spéciale à chacun, mais cela n’aurait pas de sens. Mais tout de même, cette voix caverneuse légèrement teintée de black par moment, ce jeu de batterie à la fois puissant et hyper dynamique, ces riffs de guitare. Vraiment du lourd.  Et chez Urne, on ne fait pas dans la légèreté. Ce compromis lourdeur - puissance y est très réussi. Urne sait aussi accélérer (Becoming The Ocean). Le rendu final, d’une densité incroyable sur une cinquantaine de minutes, est d’une lourdeur hypnotique, d’une efficacité absolument stupéfiante.

Chef d’œuvre de stoner / sludge, Urne porté par un heureux coup du sort, vient d’entrer dans la cour des grands de ce style avec ce très grand disque dont le lecteur aura je l’espère compris tout le bien que j’en pensais. Les thématiques autour du travail de deuil sont plutôt cohérentes avec une musique globalement peu lumineuse l’artwork le montrant très bien. Urne est un groupe ultra-prometteur au potentiel bluffant. Et en live c’est tout aussi bon. La relève sludge est prête et un bel avenir semble se dessiner pour notre trio anglais qui nous a offert un disque référentiel. Cette vague qui déferle sur un fond grisâtre sur le visuel de ce disque pourrait bien être une belle métaphore de l’arrivée fracassante d’Urne dans notre paysage musical.  

Track-listing de A Feast On Sorrow :

01. The Flood Came Rushing In
02. To Die Twice
03. A Stumble Of Words
04. The Burden
05. Becoming The Ocean
06. A Feast On Sorrow
07. Peace
08. The Long Goodbye/Where Do The Memories Go ?

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