Je tiens à préciser à nos lecteurs qu’il ne sera aucunement question de parler de la plastique de Carla Harvey, puisque c’est elle dont il sera question ici. D’une part le sujet serait fortement déplacé et les propos n’auraient absolument pas leur place ici, d’autre part la demoiselle est tellement pétrie de talents que c’est sur ces points qu’il convient de se pencher. Ancienne chanteuse des Butcher Babies avec lesquels elle a connu une certaine gloire pendant quinze ans, elle est aussi autrice de bandes dessinées et romancière. Mais ce n’est pas tout puisqu’elle peut aussi s’enorgueillir de plusieurs diplômes universitaires en sciences mortuaires et thanatologie. Ca vous classe un personnage ça non ? Et au milieu de tout ce fatras, elle a réussi à nous offrir un EP, le premier en tant que chanteuse solo intitulé The Violent Hour.
Il ne faut pas se fier à l’artwork très psyché seventies, ce qu’il renferme est tout autre. Il débute par le premier single Sick Ones, brulot de punk rock bourrin et rentre dedans en veux-tu en voilà. En même temps il a été co-écrit par Charlie Benante, le batteur d’Anthrax, donc forcément puissance et vitesse sont de la partie. Si à cela on ajoute John 5 de Mötley Crüe à la guitare, on obtient un titre qui va tout péter, tel un bâton de dynamite qui viendrait juste d’exploser. C’est speed, Carla chante superbement bien, une recette d’une efficacité redoutable ce morceau qui introduit l’EP.
Avec de tels arguments, cela risque d’être difficile d’enchainer avec autant de panache et la suite, dès Hell Or Hollywood montre déjà un essoufflement par rapport au premier titre. Si ça reste très efficace, le rythme se ralentit à en devenir presque un punk-blues par moment. Les « yeah yeah » ne sont pas du meilleur effet...mais je critique, je critique, je reconnais aussi que Carla Harvey assure l’essentiel, mais c’était tellement bon ce premier titre que la comparaison ne peut être flatteuse. Et ce n’est pas la présence de Zakk Wylde en guest qui va relever l’ensemble, dommage.
La suite de l’écoute de l’EP fonce directement dans le sens des propos évoqués ci-dessus. Autant Portland Oregon est un très bon morceau de rock aux teintes bluesy et punk, bien foutu et pris tout seul pourrait remporter la majorité des suffrages, l’auditeur que nous sommes attend toujours cette suite de Sick Ones qui tarde à venir. Je ne tirerai pas sur l’ambulance mais ma crainte grandit au fur et à mesure, et Sex And Cigarettes fait retomber le soufflé encore plus bas. Nous sommes presque face à une chanteuse folk rock des nineties, un peu à la Sheryl Crow, et les « la la » mon dieu non ! Les lecteurs l’auront compris, je n’ai pas du tout été emballé par ce titre, loin s’en faut. Allez un final en forme de ballade toujours typée nineties qui monte progressivement. Les amateurs de la période et du style rock alternatif / grunge y prendront plaisir, même s’il faut reconnaitre que ça manque cruellement d’originalité.
Avec son premier EP solo, Carla Harvey a tenté un truc : tout balancer d’entrée pour choper l’auditeur et le faire adhérer à son style. Alors oui, si on s’en tient au premier titre, également premier single de la chanteuse, il faut reconnaitre qu’on était face à un truc de dingo, Sick Ones est une monumentale tuerie ! Le reste n’est malheureusement pas à la hauteur de ce départ tonitruant qui laissait présager le meilleur. C’est toujours le problème d’une course sur une longue distance c’est que si on part au sprint, il est fort probable qu’on ne tienne pas la distance. C’est un peu la métaphore qui convient le mieux à cet EP.