The Rods est une référence Hard/Heavy des 80’s, le Power trio formé de David "Rock" Feinstein (Guitare et chant), Freddy Villano (Basse) et Carl Canedy (Batterie et chant) revient avec leur 9ème opus en ce mois de septembre.
Les américains à la carrière en deux phases temporelles ; d’abord 80-86 jouissant d’une notoriété moins importante que d’autres formations de cette époque, ils n’ont jamais renié leurs origines et les bases qui ont su faire leur succès et leur reconnaissance. Puis amorçant un retour depuis 2011, ils ont su évoluer pour non pas être modernes mais intemporels. Très actifs ces derniers temps, ils enchaînent avec 1 live en 2022, puis le déjà réussi Rattle The Cage en 2024 et sont donc de nouveau dans l’actualité avec leur "Chiens Sauvages" cette fois-ci "Déchainés" ! Un savant mélange de titres classiques revisités qui, comme une bonne choucroute, sont encore meilleurs réchauffés (Wild Dogs et Hurricane) et de nouvelles compositions lourdes, inspirées et efficaces. The Rods sans faire dans le cliché sont comme une bonne bouteille de vin ou de whisky, encore meilleure avec quelques années de plus.
Eyes Of A Dreamer ouvre l’album, très classique Heavy aussi bien dans l’intro que la rythmique. La construction est hyper calée solos compris, c’est efficace, propre c’est bon simplement et ce n’est pas négatif. Comme plusieurs titres sur cet album la basse est excellente sur Rock And Roll Fever. C’est nécessaire dans un trio mais ce n’est pas toujours un pari gagné. Cette chanson est certes sans suspens mais encore une fois on aime putain ! La dernière partie du morceau apporte un coté lourd quasi stoner appréciable. Avec les deux suivantes Mirror Mirror et Tears For The Innocent on arrive aux premiers moments qui ont véritablement retenu mon attention. Tout y est une batterie métronomique à la Phil Rudd, une guitare aux riffs de la NWOBHM et un David avec une voix quasi parfaite, cela donne un mélange de Maiden et d’AC/DC avec une pointe de Sabbath. Puis on arrive au titre éponyme Wild Dogs Unchained reprise de leur second album, belle version qui puise dans leurs racines, en deux mots une chanson signature du groupe. Time to Rock est une bonne chanson avec son riff entêtant, des solos du meilleur acabit, cependant elle n’offre rien de nouveau, un peu trop formatée, c’est peut-être la plus "datée" de l’album. Mais on ne s’endort pas car avec Run Run Run, on reprend quelques mandales dans la tronche. Le Riff qui s’étale tout au long du titre n’a rien à envier à des groupes Metal moins classiques. Le tout est accompagné d’une ligne rythmique plus lente qui apporte un poids et un volume à la couleur de la chanson. Choisi, assez justement, comme premier extrait vidéo, World on Fire permet de toucher tous les publics, mais aussi raconter leur univers et sonne comme une balade Hard Rock du plus bel effet.
Make Me A Belevier est la chanson avec le plus de groove, quasiment un Hard Blues et fini de me convaincre ! J’y entrevois un côté Scorpions sur leurs titres les plus durs par moment. La batterie est monstrueuse et n’est pas étrangère dans mon choix d’en faire ma favorite de l’album. C’est du sang pour sang (100%) qui coule dans mes veines de fan de hard Rock ! Hurricane est la seconde reprise d’eux même extraite du troisième opus (In the Raw), elle ferme avec brio le disque et s’avère un choix judicieux quand d’autres bâclent leur projet avec un titre insipide.
On conserve ce qui fait de cette époque bénie des 80’s dans le Hard/Heavy US à savoir gros riffs, rythmique percutante et chant asséné avec énergie et conviction. Désormais même si la surprise est moindre on y gagne en précision, en justesse et en qualité. Il y a plus de groove et une musique qui nous rentre encore plus dedans. Pour un quadra comme moi qui a aimé et possède leurs premiers albums, le pari est réussi et le sentiment qui en ressort à l’écoute est un double voyage. On se sent à la fois 40 ans plus jeune tel Marty Mc Fly qui va "Back to the Past" le tout sans un quelconque esprit de nostalgie ou tel un vieux con qui balance "c’était mieux avant !", et on se dit aussi que ce style a été importé dans ce monde en lui filant un sacré coup de dépoussiérant.
Rester soi-même et s’adapter, authentique et actuel, ce Wild Dogs Unchained est une belle surprise proposée par The Rods !