« Salut les gars, on est The Burning Fingers, on fait du blues rock bien nerveux et on vient d’Ardèche ». Remarquez que pour attirer l’attention, y’a mieux non ? A ce stade c’est pas l’éclate sur le papier (le mail présentement). « On est fans de Led Zeppelin, Hendrix, ZZ Top, Rival Sons… ». OK, bon il va falloir aller gratter un peu plus là, les références sont là et bien là. Et comme le groupe se démène car autoproduit, comment passer à côté ? Donc moi aussi je suis bien là, et j’espère que la suite fera saliver plus d’un lecteur car, je le reconnais dès le début de cette chronique, The Burning Fingers ils envoient les mecs ! C’est donc dans le sud de l’Ardèche, à Vallon-Pont-d’Arc plus exactement que le groupe voit le jour par la volonté de Sébastien Cauquil, compositeur et guitariste du groupe. S’il a fondé The Burning Fingers en 2013, le line up a tellement évolué en 12 ans qu’il convient de se focaliser sur les membres actuels, puisque outre Sebastien, il faut compter sur Laurent Burcet pour la guitare et le chant, Christophe Marc à la batterie, et Alain Tesconi à la basse. Alors oui, nous allons nous plonger à la toute limite de la frontière metal, celle qui lorgne sur le blues et les guitares avec les bonnes ambiances sudistes qui vont avec, et j’ajouterai déjà à ce stade, une autre influence, celle de Lynyrd Skynyrd. Parce que oui on va plonger avec eux dans cet univers blues rock avec leur nouvel album Revenge qui, bien loin de jouer la surenchère de couches ultraproduites, va jouer sur la sincérité et l’aspect brut pour un rendu aux petits oignons.
Dès le premier titre, Wake Up, on a un riff d’intro qui rappelle Too Bad de Rival Sons, donc forcément on se risque intentionnellement à comparer les deux, ce qui n’est pas la meilleure chose à faire. The Burning Fingers enchaine très vite sur ce qui sera son autoroute du plaisir : le blues rock, plus épuré et moins rentre dedans, mais ô combien efficace comme ici avec Wake Up.
La suite avec Sad Road est sans conteste l’un des titres qui m’a le moins emballé, sans doute la faute à un côté plus pop rock. Il n’empêche que le chant est particulièrement bon ici, et la mélodie fait mouche, mais le sentiment d’ensemble est assez mitigé, bien malgré tout. On repart sur le titre éponyme plus pêchu dès l’intro qui montre les griffes et les crocs. The Burning Fingers joue clairement ici dans la cour du heavy rock, et il faut reconnaitre qu’ils assurent un max dans ce style. Quand le groupe ne force pas, on obtient ce genre de titre heavy blues très porté sur les guitares forcément et donc bien typique du genre. C’est le cas de Locked Up dont le solo est aussi à souligner vu le bijou et le chant est particulièrement bon sur ce titre. Let’s Rock est dans la même verve que Locked Up, du blues rock sudiste bien efficace. Ça insiste encore plus sur le côté blues sur I Got A Girl, mais avec brio car, il ne faut pas le perdre de vue, The Burning Fingers se revendique aussi comme un groupe de blues rock. Ça reste pêchu et le groupe enchaine les titres, sans pour autant flirter avec les bourrinages bien connus dans nos augustes pages.
Changement de braquet sur Day By Day, ballade bluesy, sympathique sans être un titre révolutionnaire malgré, encore une fois, un énorme solo, véritable marqueur du groupe. Le blues rock toujours en fond, en inspiration tel un snake planqué sous une tôle, et c’est parti pour Evil Woman, morceau à la frontière du blues avec des effets de bottleneck, mais également des passages plus heavy, toujours portés par la guitare qui fait l’élément majeur sur ce titre ici aussi (et si je me répète sur ce point, c’est que les solos ils envoient à chaque fois).
The Burning Fingers va envoyer du plus costaud sur Do It That Way. C’est plus punchy sans non plus être vénère, mais un superbe travail pour ce titre qui fera bouger, c’est certain. On retrouve presque des moments à la Rival Sons du meilleur effet pour l’un des meilleurs titres de cet album. Le groupe poursuit avec I Go Home, titre plus lent, dans une sorte de mid-tempo très blues, mais pas toujours évident de plonger dedans. C’est le genre de morceau où il faut bien être au calme pour l’appréhender. Et pourtant il risque d’en accrocher pas mal, c’est un peu le paradoxe de la proposition. C’est surement, là-aussi, le fait de ce solo dantesque qu’il faut absolument écouter. Avec Jackhammer, c’est un final musical en apothéose pour mettre sur le devant de la scène la qualité des guitares, comme si cela était nécessaire tant ça transpire de partout. En tout cas, et bien que ce ne soit qu’un instrumental, ça fait bouger les caboches.
Ce Revenge fleure bon l’authenticité et la sincérité. The Burning Fingers s’autoproclame comme un groupe de heavy blues / blues rock, et effectivement ils sont bien dans le ton, ça riff, ça solote, le tout avec des images subliminales du sud des USA, tout y est. Et comme en plus ils arrivent à varier leurs propositions (le véritable problème du blues rock est cette impression parfois désagréable d’écouter toujours le même titre), on passe un excellent moment avec eux. Un album et un groupe à découvrir et à aller applaudir sur les scènes hexagonales.
Tracklist de Revenge : 01. Wake up 02. Sad Road 03. Revenge 04. Locked Up 05. Let’s Rock ! 06. I Got A Girl 07. Day By Day 08. Evil Woman 09. Do It That Way 10. I Go Home 11. Jackhammer