Je termine cette année, comme je l’ai commencée ; avec TesseracT en concert. Après le live report du mois de janvier 2025, le groupe anglais vient de sortir un album live de sa récente tournée. Si la setlist proposée varie légèrement par rapport à ce qui avait été joué à Lausanne, l’esprit et l’énergie fournis par le groupe sur scène sont bien présents.
Les douze titres ont été enregistrés au Radar Festival 2024 à Manchester. En plus de ce RADAR O.S.T., le groupe sort également un film du concert. Cette immersion de 90 minutes dans l’univers du groupe durant cette tournée War of Being est de surcroit complémentée par la présence sur scène du groupe de choriste Choir Noir, qui donne un relief différent à certains des titres.
Pour le reste, l’atmosphère du début est électrique, tendue. A l’image de Natural Disaster, le metal progressif de TesseracT a gagné en puissance et en tranchant. Comme les lasers tranchent l’obscurité, les riffs de guitares et les lignes de basse (Nocturne) apposent leurs empreintes sur l’ouverture de RADAR O.S.T. Les voix du cœur de Choir Noir, proposent une première pause en ouverture de Tourniquet. Elles complémentent la voix de Daniel Tompkins et donnent du volume aux lignes vocales (Echoes).
Concealing Fate: Acceptance relance la machine, façon Animals as Leaders. Le titre couvre assez bien l’évolution du groupe en 10 ans d’existence. Le duo The Grey et Legion est plus musical, plus joueur. Deux gros titres de live qui mettent en valeur la partie rythmique, tellement importante de TesseracT. A la fois support à la musicalité et tranchée au couteau quand c’est nécessaire, elle est la base de travail nécessaire pour permettre au groupe de s’exprimer. Après un court vide musical, la seconde pause de Tender donne au concert un espace plus serein, d’abord éthéré puis volumineux.
La rythmique mid-tempo de King permet une reprise des hostilités plus en douceur. Le jeu des voix est aussi très présent et sied particulièrement bien à la fin du titre. Tout comme dans Juno, les chœurs servent d’instrument supplémentaire. Ces derniers servent également de plateforme de décollage pour les vingt-cinq dernières minutes de l’album. Celle-ci seront, si l’on excepte les phases de transition, uniquement dédiées à deux titres de War of Being. Sacrifice et War of Being démontrent au combien prog la musique du groupe est. Sacrifice semble insaisissable et fracture, jusqu’à la phase de transition et certainement ce qui doit être le rappel du concert, c’est-à-dire War of Being. Un titre énorme parfois doux, souvent violent, à l’image du TesseracTd’aujourd’hui.