Tabatha Crash, groupe de musique qui fait forcément penser à une sympathique actrice des années 90 qui œuvrait dans un style où les habits sont loin d’être obligatoires pendant le tournage, livre ici son premier album.
Pour se faire la main, le groupe avait déjà sorti 2 EP. Un cinq titres en 2017 et un six titres en 2020 sortis chez Araki Records.
On ne change pas une équipe qui gagne, Araki Records est encore dans le coup pour la sortie de ce premier album.
Groupe de Paris créé en 2016, Tabatha Crash c’est un power trio composé de Benoit Malevergne à la guitare, au chant et au cornet, Geoffrey Jégat à la basse et Thierry Cottrel à la batterie.
Tabatha Crash me fait immédiatement penser à Unsane dès les premières notes du premier morceau The Truth. Le même son crade, le même tempo soutenu, la même attitude brute de décoffrage. Il y a aussi du Pigs là dedans, Dave Curan le frontman de Unsane est également de la partie dans Pigs. À l’écoute de The Truth on se retrouve rapidement au milieu d’un intéressant échange entre la basse et la guitare qui se livrent un superbe jeu complémentaire. La basse sera d’ailleurs très présente et très audible sur la totalité du morceau, ajoutant du gras à l’ensemble.
Quant à The Note c’est plutôt à un rouleau compresseur qu’on a à faire, et cela est dû à la batterie qui est martelée avec fougue par Thierry, les 2min57 du morceau passent à une vitesse folle. Ça dégage les cages à miel, ça fait du bien.
Je vais vous parler également de That Place, le plus long morceau de cet album avec ses 5min09, un morceau qui offre une autre facette du groupe, on pense notamment à It It Anita. Plus varié avec ses nombreux changements de rythmes, plus riche également avec un super travail dans les riffs de guitares accrocheurs, la basse qui résonne avec force, la voix qui se mue avec plus de douceur, le chant devenant presque rappé. Les longs moments instrumentaux permettent d’apprécier le talent de composition de Tabatha Crash. Si on doit raisonner live, nul doute que Our Lands aura du succès ! Un rythme d’abord lancinant et très dansant, puis une montée d’adrénaline ultra énergique qui provoquera à coup sûr un pogo dantesque. Même la voix de Benoit se mue en chanteur de Hardcore.
Dans un autre registre, le très mélodique Moscow-Paris est un autre fait marquant de cet album. Un superbe morceau dont la basse est l’instrument principal, ce qui apporte de la douceur supplémentaire.
We Need To Talk à des choses à dire, c’est indéniable. C’est la première fois que je me penche avec attention sur l’écoute approfondie de ce groupe et bien m’en a pris.
C’est un excellent album que propose Tabatha Crash, le sentiment que le groupe est déjà chevronné se dégage de ces compos intéressantes. Un album de noise rock de fort belle facture.