Artiste/Groupe:

Souillé

CD:

L’odeur du mépris

Date de sortie:

Avril 2025

Label:

Autoproduction

Style:

Black metal instrumental

Chroniqueur:

Will

Note:

14/20

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Comme sa bio l’indique, Souillé est un one-man band français de black metal instrumental.
Mélancolie, anxiété sont les caractéristiques mises en avant par l’artiste pour décrire le projet. En terme de style, il situe Souillé à la croisée du black metal typique et du post black atmosphérique. L’ambiance se veut dépressive et poétique.

Pour ma part, je trouve la référence au black metal un peu réductrice compte tenu de la diversité des styles convoqués dans cet album. Pour une autoproduction, l’album bénéficie d’un son plutôt au dessus de la moyenne. Les morceaux sont longs (autour de 5 minutes pour les plus courts) mais pas trop et l’album s’écoute avec plaisir, sans se lasser. L’instrumentation variée (guitares acoustiques, clavier, flûte?), les ambiances diverses et les nombreux breaks et montées « post » y contribuent largement.

L’œuvre commence avec Qu’étouffent tes fidèles archanges qui bénéficie également d’une vidéo promotionnelle (assez cheap), à l’ambiance dépressive suicidal black metal. Après une courte entrée en matière « qui fait peur », une longue intro mid-tempo donne le ton mélancolique de l’album. Un passage black metal plus classique alterne avec une cavalcade heavy : Classique mais efficace. A noter également des passages plus martiaux, qui ponctueront régulièrement d’autres morceaux de l’album. Finalement, l’ambiance générale n’est pas si sombre que ça, une certaine lumière émerge des ténèbres et c’est plutôt agréable. C’est parfait pour ouvrir le bal. Dommage que le fader de la fin soit un peu abrupte. On dirait une version « Edit » du morceau.

Le second titre s’intitule Misérable que je suis et commence à la guitare acoustique. Rock progressif, post metal, les ambiances développées en introduction nous amènent à un passage épique, alternant entre ambiance progressive, montée post rock et plan black metal. A noter un autre plan un peu martial du plus bel effet en milieu de morceau pour repartir avec une montée post metal. Seul petit bémol, encore sur la fin, l’intervention de la guitare lead qui sonne bizarrement, même si j’imagine que c’est voulu. Mais ça gâche un peu la fin à mon sens.

Dénégation débute également par une intro acoustique, mais plus lumineuse que précédemment, plutôt post rock et progressive, même si on sent toujours la noirceur en toile de fond. Le morceau bascule ensuite vers un plan black metal. La suite alternera entre blast beat, tapis de double, plan atmosphérique et lourdeur post metal. Les interventions en lead pendant les passages plus lents apportent vraiment un plus.

Sans souillure morale bénéficie il me semble de l’apport discret de clavier. On rentre dans le morceau par un riff appuyé tout en lourdeur rythmique, puis un break atmosphérique vient opérer la transition vers la suite. Pour ma part, je trouve le passage à mi-chemin un peu raté mais le break suivant bénéficie de l’ajout des claviers. Au final, c’est un peu trop répétitif pour moi. Les nombreux breaks atmosphériques peinent à faire décoller le morceau malgré quelques passages  réussis.

Déluge violacé fait le lien avec l’artwork réussi, avec sa dominante pourpre. Après un début tranquille et un passage épique assez classique en suivant, le morceau (le plus long de l’album) s’étire en longueur. Les interventions en lead amènent ce qu’il faut de mélancolie au morceau. Cependant, je reste un peu sur ma fin. C’est sans doute le morceau le plus « contemplatif » de l’album. On est presque en attente du chant à un moment. A noter une belle montée en milieu de morceau. Mais la fin est un peu longue.

Sauf erreur de ma part, Sombre lumière débute par une courte intro à la flûte. Il se poursuit sur un rythme post punk, puis un plan rock progressif. Bref, cela surprend mais, pour ma part, je trouve ça du meilleur effet. C’est un très bon morceau pour terminer et mon préféré. Une fois n’est pas coutume, la fin est très réussie en bouclant le morceau sur l’intro et la flûte.

Pour conclure,  le voyage proposé par Souillé est très agréable. En alliant mélodie, mélancolie, ambiances et rythmes divers, l’artiste nous entraîne dans son univers. Certes, tout n’est pas parfait mais c’est un bel effort pour un 1er album autoproduit. Post black, post metal, post hardcore, post rock sont conviés au service de l’artiste. Cette diversité permet de maintenir l’attention de l’auditeur tout au long des six titres. C’est l’avantage de se situer dans le « post ». On peut y mettre ce qu’on veut et casser les codes inhérents aux genres. A suivre, donc.


Tracklist de L’odeur du mépris :

01. Qu’étouffent tes fidèles archanges 05:30
02. Misérable que je suis 06:25
03. Dénégation 07:09
04. Sans souillure morale 05:07
05. Déluge violacé 07:19
06. Sombre lumière 05:52

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