Artiste/Groupe:

Seventh Wonder

CD:

The Testament

Date de sortie:

Juin 2022

Label:

Frontiers Music

Style:

Power Prog Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15/20

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Bonne nouvelle pour les fans de Seventh Wonder : cette fois-ci il ne leur aura pas fallu huit ans (le temps d’attente entre The Great Escape et Tiara) pour se rappeler à notre bon souvenir. En effet, trois ans et huit mois séparent The Testament de Tiara, un progrès appréciable (d’autant plus que l’excellent Tommy Karevic est toujours chanteur à plein temps chez Kamelot). Bon, on n’ira pas jusqu’à leur décerner de médaille, presque quatre ans pour revenir ne relève pas de l’exploit non plus. Laissons tomber ces considérations peu intéressantes et attardons-nous sur la joie que tout amateur de power prog de bon goût devrait ressentir à l’évocation d’un nouvel album de ces Suédois. Info : le line-up n’a pas changé depuis la dernière fois. Autre info : pas de concept à la Mercy Falls ou à la Tiara, pas de durée avoisinant les soixante-dix minutes non plus... mais un disque de neuf pistes offrant cinquante-trois minutes de musique. Volonté consciente ou non de revenir à une musique plus directe et concise ? Que la réponse soit positive ou négative, peu importe, dans les faits c’est bien ce qui nous est proposé.

Et cela se confirme dès le démarrage initié par Warriors et The Light, les deux premiers singles lâchés par le label depuis quelques temps déjà. Warriors possède une couleur bien heavy. Son gros riff d’ouverture ne laisse planer aucun doute à ce sujet. Le son de guitare semble d’ailleurs un peu plus épais que les dernières fois (on notera en passant que Jacob Hansen a produit ce sixième opus, ça sonne donc sacrément bien), l’ambiance n’est pas des plus guillerettes et le refrain est conquérant (normal, on parle de "warriors" quand même). Le morceau joue davantage la carte de l’efficacité que celle de la complexité, dans power prog il y a power et c’est clairement cet aspect-là qui est mis en avant ici. Mais tout cela reste bien mélodique (Seventh Wonder ne s’est pas mis au thrash), notamment grâce à la voix toujours aussi séduisante de Karevic. Riff bien rentre-dedans également pour The Light, mais la compo est moins massive, plus enlevée et mélodique avec ces lignes de chant proches de l’AOR que le groupe affectionne. Entêtante et dotée d’un refrain plus accrocheur (extrêmement bien chanté) que Warriors, cette compo se rapproche davantage du Seventh Wonder que j’aime (beaucoup). Ca tricote plus et l’on retrouve l’impressionnante dextérité du bassiste Andreas Blomqvist (qui ne peut pas s’empêcher de coller un petit solo en passant). Ca commence bien. Et ca continue encore mieux avec I Carry The Blame, titre mid-tempo qui dégaine les mélodies les plus enivrantes de cet album... sur le refrain, bien sûr, mais pas que. C’est d’ailleurs le couplet qui remporte la palme de la ligne de chant me filant des frissons... Les Suédois m’emportent avec ce titre groovy et nuancé, assez classe et charmant.

Reflections brouille les pistes avec son beau piano en introduction, ça sent la ballade mais que nenni, il s’agit d’un instrumental rythmé, changeant et virtuose qui régalera les fans de prog. C’est très bien fait, agréable et techniquement impressionnant, mais ce genre de morceau ne fait pas partie de ce que j’affectionne le plus. Ca passe tout seul, sans être hyper marquant non plus... ce n’est pas ce que je retiens en priorité de ce cru 2022. La suite alternera ambiances sérieuses ou dramatiques (The Red River) et titres plus légers, positifs ou entraînants (Invincible et son refrain presque euphorique aux senteurs FM prononcées). Une petite touche orientale s’invite sur un Mindkiller remuant, complexe mais digeste (encore un sacré refrain, décidément)... et alors que l’on se dit qu’on ne nous propose que des morceaux dépassant à peine les six minutes depuis le début de l’aventure, débarque Under A Clear Blue Sky qui, lui, se rapproche plutôt des neuf (c’est la seule compo "longue" ici). Rien de particulier à lui reprocher, le riff de guitare est chouette, Karevic livre une prestation impeccable (avec toujours cette théâtralité ou cette émotion qu’il maîtrise parfaitement), ça joue très bien mais le charme s’estompe un peu pour moi à ce stade de l’écoute... il me manque quelque chose. Rien de désagréable ou mauvais bien sûr mais rien de remarquable non plus. Et, alors que j’aurais besoin de quelque chose de fort pour me remettre à fortement apprécier l’album, c’est Elegy, une ballade mélancolique dominée par les clavier et le chant de Tommy, qui fait office de conclusion. C’est joli (un peu trop, sans doute) mais pas tout à fait ma tasse de thé. Je l’imagine bien en générique de fin de blockbuster de James Cameron (dont j’apprécie plus les films que les goûts musicaux).

The Testament est un bel ajout à la discographie de Seventh Wonder. Toutes les caractéristiques qui font que l’on aime ce groupe (quand on l’aime, ça va de soi) sont là. La virtuosité est toujours de mise et les mélodies enjôleuses servies par la superbe voix de Tommy Karevic font mouche. Les seuls bémols sont que le groupe ne nous embarque pas spécialement dans de nouvelles contrées mais donne davantage l’impression de revisiter un espace musical déjà connu et que la fin d’album n’est pas - à mon sens - aussi forte que son démarrage. Pour ces raisons, ce sixième opus ne sera peut-être pas considéré comme le meilleur des Suédois... mais il n’en reste pas moins sacrément recommandable.
 

Tracklist de The Testament :

01. Warriors
02. The Light
03. I Carry The Blame
04. Reflections
05. The Red River
06. Invincible
07. Mindkiller
08. Under A Clear Blue Sky
09. Elegy

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