Artiste/Groupe:

Saor

CD:

Amidst the Ruins

Date de sortie:

Février 2025

Label:

Season of Mist

Style:

Folk Metal, Metal Atmosphérique

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

16/20

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Avec ce monde qui file vite, très vite, et bien souvent pousse toute chose en dehors, on en oublierait le passé même tout proche. Allez, allez, hop, hop, hop, pas le temps de se retourner derrière soi, on ne trouve plus cette bienfaisante respiration pour satisfaire une douce nostalgie.
Pourtant, étonnamment, parfois ... vous récupérez une bouteille à la mer jetée par ce monde moderne qui nous agace tant, jetée par une force non humaine, main d’une IA ou d’un algorithme qui connaissent plus de choses sur vous que votre propre mère. Simplissime pour ces entités mercantiles inventées pour cela, car au regard du temps que vous passez à chercher des trucs et machins au fond de vos écrans, à renifler le monde infini des informations plus ou moins idiotes, vous ne pouvez plus rien leur cacher. Donc rien d’étonnant de trouver parfois un machin bidule intéressant protégé au fond de cette belle bouteille, jetée à la mer et échouée sur la plage de vos fantasmes. Par pitié, ne nous offusquons pas d’y trouver grâce et surtout ne feignons encore moins d’avoir découvert tout seul comme un grand, dans un océan sans fin, cette belle pépite. Profitons donc simplement de cette merveilleuse providence pour nous délecter de son contenu et ainsi ré-apprivoiser cette jolie mélancolie qui nous glissait des doigts depuis si longtemps ...

Amies lectrices et amis lecteurs, peut être vous rappelez vous de l’album de Saor, échoué sur une plage ensoleillée, il y a une éternité de deux petites années. L’intensité du son, le job sur les voix ainsi que la profondeur de l’ambiance étaient des caractéristiques majeures d’Origins, chatoyant et précédent album. Le même traitement impressionnant a été appliqué à ce nouveau Admist The Ruins. La production finale fonctionne encore à merveille (dans la mesure où l’on saura se tenir à distance du son de You Tube). Le niveau général s’est encore élevé.
Je me permets de vous recommander Rebirth assez représentatif du groupe pour l’ambiance et un tantinet différent des autres compositions. Plus varié, plus long, plus intense également, il sonne comme l’assemblage de plusieurs compositions. Et le tout forme un morceau profond, presque surprenant, très bien lié et dense. Il ne s’agit que de mon point de vue, morceau exceptionnel de cet Admist The Ruins. Frais, il claque comme  une rafale de vent sur votre joue. On passe de la bisolle (petite bise fraiche) au blizzard qui vous prendra les tripes à 8 minutes 03 secondes (précis !).

Suffisamment lourd pour tenter de me faire comprendre, vous l’avez bien compris, c’est mon morceau préféré.
Cependant en découvrant l’intégralité de l’album, vous ne devriez pas être déçu par cette galette, car chacune des compositions est comparable à ce premier exemple. Le rendu global est extrêmement impressionnant.
Pour être beaucoup plus précis :
Ça claque, selon une production soignée, mais que l’on ne retrouvera pas dans les exemples d’un You Tube aphone et déposés ici ...
Ça rentre en tête, vite, et s’enchaine sans ennui.
Ça tourne à fond et en boucle sur l’ampli. Écoutez cela plutôt.

Fans de Moonsorrow, de Can Bardd ou du côté sombre d’Agalloch, attention, notre mono Écossais de Saor (Andy Marshall) est définitivement là pour vous faire  découvrir sa capacité à évoquer le désespoir par le biais de belles mélodies superposées à une atmosphère sombre et digne des Highlands. Une sorte de pont ancré entre  beautés et noirceur. Les voix éthérées ou celle de l’ogre vous plongeront dans la rivière sinuant sous ce pont.
L’accent mis sur le son de la guitare et des instruments traditionnels (bignouterie et autre pipeauterie) est hypnotique. Le haut niveau de créativité affiché dans les limites d’un genre bien défini est une fois de plus décroché. Admist The Ruins est un album extrêmement solide, qui rate le coup de cœur car certaines compositions, un peu trop longue, pourraient apparaître un tantinet répétitive. Je vous recommande également de découvrir le compositeur accompagné de ces artistes sur scène où leur univers celte prendra toute sa place et sa puissance.

Tracklist d’Admist The Ruins :

01. Admist The Ruins
02. Echo of the Ancient Land
03. Glen of Sorrow
04. The Sylvain Embrace
05. Rebirth

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