Artiste/Groupe:

Ronnie Aktins

CD:

One Shot

Date de sortie:

Mars 2021

Label:

Frontiers Music

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15.5/20

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C’est avec le cœur serré que j’attaque cette chronique. En 2019, on apprenait que Ronnie Atkins (illustre chanteur de Pretty Maids pour ceux qui l’ignoreraient) se battait contre un cancer du poumon. Courant 2020, bonne nouvelle, le combat semble remporté. En octobre dernier, rebondissement, Atkins n’a pas gagné la guerre. Son cancer serait même incurable. Face à cette terrible nouvelle, le chanteur a décidé d’être proactif et de profiter au mieux du temps qu’il lui reste. Il s’est remis à écrire, a contacté des amis qui sont venus lui prêter main forte et c’est ainsi qu’est né son premier album solo : One Shot. A titre personnel, tout cela me fait quelque chose. Cela fait un peu plus de vingt-cinq ans que la voix du monsieur m’accompagne, j’ai eu le plaisir de le rencontrer et discuter avec lui lors du passage de Pretty Maids au Raismes Fest en 2012 et je ne manque jamais l’occasion de chroniquer une sortie de son groupe... Et là, je me dis que c’est peut-être la dernière fois. Coup de cafard. Mais nous ne somme pas là pour parler de moi... intéressons-nous plutôt à ce que ce disque a dans le ventre. 

Pour ce One Shot (qui porte peut-être malheureusement bien son nom), le chanteur s’est entouré de personnes avec lesquelles on est plus ou moins habitué à le voir collaborer. Le grand complice qui a chapeauté le projet, c’est le guitariste suédois (également producteur) Chris Laney, notamment connu pour avoir rejoint Pretty Maids il y a cinq ans de cela. On le voit aussi beaucoup sur les réseaux sociaux depuis l’année dernière puisqu’il est à la tête du collectif At The Movies (né pendant le confinement de 2020) qui s’amuse à reprendre des titres de bandes originales de films issus des années 80 ou 90 et compte des musiciens comme le chanteur Bjorn Strid (Soilwork, The Night Flight Orchestra), la chanteuse Linnea Vikström Egg (ex-Therion), le bassiste Pontus Egberg (King Diamond), le guitariste Pontus Norgren (ex-Talisman, Hammerfall) le batteur Allan Sørensen (Pretty Maids), le claviériste Morten Sandager (ex-Mercenary, ex-Pretty Maids) et quelques autres... Si je détaille à ce point, c’est surtout pour vous dire que c’est exactement avec ces gens-là (pas des amateurs donc) que One Shot a été enregistré (plus quelques autres : Kee Marcello est venu poser un solo, Oliver Hartmann joue les choristes et un peu de guitare aussi...). Ajoutons enfin qu’avec Laney à la production et Jacob Hansen au mixage, on ne sera pas surpris de reconnaître le son de cette galette, très semblable à celui des derniers albums de Pretty Maids (et donc d’excellente facture). 

Musicalement, Ronnie a choisi de ne pas trop dérouter ses fans. One Shot officie dans une veine hard mélodique souvent proche de Pretty Maids avec des touches heavy présentes mais globalement plus discrètes que chez son groupe d’origine... à l’instar du premier single (et morceau d’ouverture), l’entêtant Real. Rien de renversant, point de claque ni de gros riff qui tue à l’horizon mais une chanson très plaisante et dotée d’une bonne mélodie. C’est agréable, chaleureux et reste bien en tête. Plus pop que metal au final, malgré le gros son. Ce premier morceau, suivi de Scorpio (un peu plus costaud, lui), confirme tout de suite qu’Atkins est totalement capable d’écrire des morceaux accrocheurs sans son complice de toujours au sein de Pretty Maids, le guitariste Ken Hammer. Et la bonne nouvelle, c’est que le reste du disque ne connaîtra pas de baisse de qualité. Vous aimez les singles mis en avant par le label ? Abandonnez-vous sans crainte ! Les pistes défilent à une vitesse surprenante sans jamais provoquer l’ennui. A part la chanson titre qui avoisine les cinq minutes trente, tous les morceaux durent autour de trois ou quatre minutes. C’est direct et efficace, avec ce savoir-faire mélodique typiquement scandinave qui n’est plus à démontrer. 

Bien que très classique, assez prévisible dans sa forme voire un peu formaté, One Shot atteint sa cible avec aisance. Appréciant son créateur, je m’attendais à quelque chose de réussi mais je ne soupçonnais pas que je le trouverais aussi bon. Tous les ingrédients sont réunis pour faire passer un bon moment. Il y a la voix reconnaissable (et bien conservée) de Mr. Atkins, des leads et harmonies de guitares qui enchantent, des arrangements impeccables, une collection de refrains ultra catchy où le chanteur est soutenu par des chœurs au top (vu les choristes de luxe mobilisés pour l’occasion, c’est la moindre des choses) et, bien que le contexte ne soit pas des plus légers, l’album n’est jamais lourd. Au contraire, il est plein d’énergie et mélodies positives. Ronnie a confié que les paroles étaient plus personnelles et reflétaient davantage ses sentiments et réflexions du moment mais cela ne fait pas de One Shot un disque amer. Inutile de se lancer dans une description piste par piste, je ne ferais que me répéter. Je peux juste vous conseiller d’écouter quelques extraits pour vous convaincre de la force de persuasion de l’opus. Si vous arrivez à résister aux énormes refrains d’hymnes hard rock comme Subjugated ou One By One, vous êtes très forts. Before The Rise Of An Empire est un titre plus heavy, bien remuant, à l’impact mélodique instantané... I Prophesize est aussi grisant. Et Picture Yourself... encore un refrain imparable. Bref, je pourrais quasiment citer toutes les chansons. C’est étonnant à quel point elles ont d’ailleurs un fort potentiel radiophonique. Pas chez nous, hein, ne rêvez pas. Mais dans un pays où ce type de musique est toléré sur les ondes, il y a fort à parier que bon nombre de morceaux extraits de One Shot feraient un carton. 

Ni une grosse surprise, ni une déception, ce One Shot est tout à fait conforme à ce que l’on pouvait attendre de Ronnie Atkins. C’est du bon hard mélodique entêtant, traditionnel, efficace, bien écrit et servi par un beau son qui claque. L’objectif n’est pas de révolutionner quoi que ce soit ou déstabiliser l’auditeur mais de partager un très bon moment de rock avec ce chanteur. Ceux qui, d’ordinaire, sont insensibles aux travaux d’Atkins ne devraient pas vraiment changer d’avis... Mais les fans vont avoir toutes les raisons de se réjouir et profiter de cette occasion de prolonger le plaisir avec ce monsieur, tout en espérant qu’il reste encore un peu de temps pour un "second shot".

Tracklist de One Shot :

01. Real
02. Scorpio
03. One Shot
04. Subjugated
05. Frequency Of Love
06. Before The Rise Of An Empire
07. Miles Away
08. Picture Yourself
09. I Prophesize
10. One By One
11. When Dreams Are Not Enough

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