Artiste/Groupe:

Pharaoh

CD:

The Powers That Be

Date de sortie:

Juin 2021

Label:

Cruz Del Sur Music

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14.5/20

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Il y a dix ans, je découvrais le groupe américain Pharaoh (sur le tard car formé en 1997) grâce à l’EP Ten Years. Ce disque était fort sympathique et je m’étais alors juré de suivre le groupe dans ses futures aventures. Sauf qu’à part un quatrième opus en 2012 intitulé Bury The Light (que j’ai honteusement zappé en plus), il n’a rien sorti. C’est ce qui s’appelle se faire oublier (et en beauté). Il est donc grand temps que je tienne enfin ma parole. Je n’ai pas oublié le potentiel indéniable perçu en 2011. Certes, le power metal US dispensé était assez traditionnel mais un sens de la mélodie aiguisé couplé à une approche un peu sombre et épique, le tout servi par des musiciens bien techniques m’avait séduit. Ça n’était pas totalement renversant mais, vu mon intérêt pour des formations comme Iced Earth ou Nevermore (dont Pharaoh se rapproche sans les cloner), il était évident que nos routes allaient à nouveau se croiser un jour. Avec The Powers That Be, cinquième album de ces messieurs, ce jour est enfin venu. 

Et dès le début de l’album avec sa chanson titre, je retrouve immédiatement des éléments qui me parlent et me font dire que je ne me suis pas revenu me pencher sur Pharaoh pour rien. La guitare est sacrément heavy, la batterie énergique et agile... ça tricote comme il faut et la production confère à la musique un son bien dynamique et sec qui convient parfaitement à ce style de heavy metal abrasif. The Powers That Be est un morceau dont la vivacité et la richesse rythmique me séduisent d’entrée de jeu. Ça rebondit dans tous les sens et donne un côté assez excitant au titre qui se trouve être un mélange de tous les styles abordés par le groupe : du heavy speedé bien direct, quelques influences thrash mais aussi une virtuosité et une complexité instrumentale proches d’un metal plus progressif (mais qui reste très abordable). On peut tout de suite louer le travail du guitariste Matt Johnsen et du batteur Chris Black, visiblement décidés à nous en mettre plein la vue. On n’est pas sur du "crounsh crounsh crounsh" monotone ou du "poum-tchak, poum-tchak" binaire, loin de là... et c’est plutôt réjouissant. Et puis, il y a bien sûr la voix de Tim Aymar qui vieillit plutôt bien (c’est à dire assez peu en fait). Lui aussi combine bien mélodie et puissance avec des envolées épiques presque Dickinsoniennes mais son timbre râpeux rend l’approche plus rêche ou agressive.
Si vous trouvez le premier titre décousu, restez quand même car les pistes qui suivent vont davantage droit au but. Will We Rise propose un tempo galopant, une rythmique toujours aussi virevoltante mais le refrain (mélodique et soutenu par des chœurs) est plus marquant. Petit détail qui ne gâte rien : les solos de Johnsen sont au poil. Changement d’ambiance avec Waiting To Drown, une compo plus atmosphérique de moins de trois minutes, dominée par des sonorités acoustiques et un chant plus grave, mélancolique et théâtral... un joli moment qui permet de reprendre son souffle avant le retour d’un metal enlevé et épique sous la forme de Lost In The Waves. Les pistes se suivent et ne se ressemblent pas trop, c’est bien écrit et très bien interprété. Voilà un début d’album convaincant !

Il y a encore de bonnes choses par la suite mais, après de nombreuses écoutes, je reste sur l’impression que les meilleurs titres de l’album sont surtout contenus dans sa première moitié. En tout cas, Ride Us To Hell vous propose un petit voyage (en enfer, vraisemblablement) toujours bien rythmé et entraînant... et When The World Was Mine ralentit un peu la cadence, apporte davantage de mélodie mais reste bien heavy (avec des guitares qui sonnent très Iced Earth) et permet à la basse de Chris Kerns de briller davantage. Si un feeling Maidenien old school (dans les harmonies ou les leads de guitares) se dégage assez régulièrement au cours de l’écoute, avec Freedom on nage carrément en plein Running Wild des 80s (écoutez les riffs et le refrain... on croirait presque que c’est Rock’n’Rolf lui-même qui entonne "Freedom!"). 

Le tout n’est pas bien long (neuf pistes, quarante-quatre minutes... impeccable) mais une (toute) petite lassitude se fait ressentir sur la fin. Les dernières compos sont pourtant loin d’être mauvaises, elles sont même de bonne facture mais pas tout à fait à la hauteur de ce qui a été présenté en début d’album. Ainsi, Dying Sun (le morceau le plus long du disque avec pas loin de sept minutes au compteur), plus changeant - et globalement moins excité - que ses voisins, pas inintéressant et I Can Hear Them, plus direct, s’écoutent bien mais n’ont pas - à mon sens - le petit plus dont aurait besoin The Powers That Be pour offrir un final mémorable. Peu importe, le talent est là, ces musiciens sont vraiment excellents, la promenade en leur compagnie est très agréable et même si ce disque n’est pas celui de l’année, il a suffisamment de bonnes choses pour qu’on prenne le temps de s’y intéresser. Avis aux amateurs de bon heavy old school, un peu dark, remuant et technique ! 

Tracklist de The Powers That Be :

01. The Powers That Be
02. Will We Rise
03. Waiting To Drown
04. Lost In The Waves
05. Ride Us To Hell
06. When The World Was Mine
07. Freedom
08. Dying Sun
09. I Can Hear Them

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