La scène française regorge de talents, si peu qu’on se donne la peine et
qu’on lui donne sa chance.
Direction la prolifique région Toulousaine avec Paddang. Le groupe est
formé en 2020 par Thomas Boquel (Guitare), Guirec Petton (Basse/Synthé) et Remi Fournier
(Batterie), ce trio appuie ensemble au chant sa musique et nous propose un Psyché Fuzz Rock de
très bonne facture.
Une sonorité très anglo-saxonne de part et d’autres de l’Atlantique pour
cette formation française finalement peu surprenante au regard de leurs influences
(Osees et King Crimson), et après un premier album en 2023
Chasing Ghosts, qu’ils ont avec réussite présenté au travers
d’une cinquantaine de dates sur scène et en festival, ils reviennent avec un second opus :
Lost in Lizardland.
Un petit mot tout d’abord sur l’univers du groupe, qui prend son nom d’un spot de
surf en Indonésie et qui semble traverser une vague lumineuse, chaotique et brute : du Rock quoi
!
C’est réducteur d’enfermer un groupe ou un album en le définissant dans un
style, c’est pourquoi j’aime nuancer le tout par ce qu’il m’évoque au
travers de l’aventure que je vis avec lui. Ici c’est celle de Moros une jeune fille un peu
paumée qui tente de survivre dans un monde qui s’effondre.
Paddang c’est donc un Rock massif oui, avec un son modernisé par un
côté parfois Alternatif qui fait écho au Psyché réussi et
assumé qui les inspire, parfois Prog même, mais avec des teintes Funky (cocottes à
la guitare) et Pop sur certains passages qui confèrent une bonne humeur permanente.
Leur nouvel album qui démarre sur The End of Hanoumane est une sorte
d’introduction planante qui plante un décor de Science-Fiction. Vient ensuite le second
titre et leur premier clip avec Pressure, c’est très très réussi,
ça entre dans la tête et file la pêche avec une grande facilité, une petite
bombe qui va résonner en vous !
L’aventure continue avec Draconite, et l’horizon de Moros semble s’assombrir
et ce n’est pas pour me déplaire car on trouve plus de prise de risque musicale, la
rythmique y est très efficace, les voix en cœur un vrai plus, beaucoup
d’énergie également. Cela prend un tournant bien plus Rock et ça continue
avec le second extrait vidéo Predator, on ressent le plaisir que prend le groupe dans
son imaginaire et sa quête d’échapper à un chaos qui lui tend les bras.
On attaque la seconde moitié du disque avec Lizardland, bon titre qui prend son temps
et semble être une forme de fable, mais prendra je pense un autre volume en live. Moros
Journey dynamise de nouveau notre cerveau, c’est construit en plusieurs actes sur des
tempos variés comme pourraient l’être les phases d’une journée ou
d’une vie, diablement réussi. TheAstral Flood est sans doute le titre le
plus Psyché de l’album, et malheureusement un cran en dessous, le positionnement dans la
track-list en fin d’album aurait été plus salvateur. Agartha est lui
très réussi et de nouveau Paddang segmente ici le morceau avec une
première partie rythmée, enlevée puis une pause très lente qui casse un peu
nos ardeurs et désarçonne et se termine avec de la grande qualité portant les
instruments dans leur quintessence. A noter une chanson cachée avec Turbo Riff 106 Bpm,
qui arrive après une trentaine de secondes, une sorte de session de travail sur une rythmique,
c’est un détail amusant.
Au delà de leurs influences que je ne peux que valider, l’écoute m’a donc
conduite chez les Rockeurs Alternatif de Kings Of Leon, mais aussi Royal
Blood pour le côté garage/psyché, et enfin les Ting
Tings ou Lulu Van Trapp pour l’univers déjanté Pop, de
biens belles références assurément.
Pour résumer, Lost in Lizardland est un album au son clair avec beaucoup de reverb,
très équilibré, un peu planant mais énergique. Cela file la pêche et
nous laisse aucune autre alternative que de l’aimer !
Tracklist de Lost In Lizardland :
01.
The End Of Hanoumane 02. Pressure 03. Draconite 04.
Predator 05. Lizardland 06. Moros Journey 07. The Astral
Flood 08. Agartha